27-11-2011
UNE CABALE CONTRE NICKELBACK
« Une cabale contre NICKELBACK», «NICKELBACK habilement humilié », les titres des articles en ce moment sur le groupe canadien se succèdent et ne doivent plus grand chose à la musique.
Flashback : alors que leur nouvel album "Here & Now" arrive dans les bacs, NICKELBACK est en effet de l’autre côté de l’Atlantique, l’objet d’une véritable et très violente cabale.
La presse US le taille en pièce, avec une véhémence peu en rapport avec ce disque à peu près aussi subversif qu’un épisode de Oui-Oui.
Pour ce nouvel album, les Canadiens n’ont fait que ce qu’on attendait d’eux, c'est-à-dire poursuivre dans leur formule du big rock taillé pour vendre en masse au pays de l’oncle Sam. Et d’ailleurs, pourquoi auraient-ils fait autre chose, puisqu’ils ont déjà écoulé plus de 50 millions d’album, ce qui en fait le onzième plus gros vendeur de disque de la dernière décennie ?
Eh oui, tout le monde ne peut pas être le VELVET UNDERGROUND !
Il est d’ailleurs amusant que les éthérés COLDPLAY et leur musique de premiers de la classe «concernés» hyper calibrée avec le gentil chanteur qui en fait des caisses dans le genre, oui les filles, regardez comme je vis ma musique, houlà là je vais bientôt mouiller mon froc !
Bref, donc disais-je, il est amusant de constater que le dernier COLDPLAY est lui porté au pinacle par les mêmes critiques US alors qu’il est tout aussi pensé pour n’être finalement qu’un produit.
Au moins, Chad Kroeger nous évite-t-il les gesticulations névrotiques de ce malheureux Chris Martin qui, à chaque prestation scénique, a toujours l’air d’avoir forcé sur les tisanes laxatives de sa grand-mère !
Toute cette histoire aurait pu en rester là, si brutalement, le groupe n’avait annoncé jouer lors du match de Thanksgiving des Lions de Detroit.
Crime de lèse-majesté au pays du burger-roi !
NICKELBACK qui se pensait en pays conquis a dû être surpris par la soudaine réaction des supporters !
Car, immédiatement, on est passé à un très joli lynchage médiatique avec dérapage incontrôlé à l’image du jovial argumentaire de la pétition lancée par les Lions’s supporters contre la venue du groupe : "Le match est retransmis en télévision à l'échelle nationale, voulons-nous réellement que le reste des Etats-Unis associe Detroit à NICKELBACK ?
Detroit est le fief de tant de musiciens de talent, et ils ont choisi NICKELBACK ?!
Est-ce que quelqu'un aime NICKELBACK ?
Est-ce une sorte de stratagème pour que les gens quittent leur siège à la mi-temps pour aller dépenser leur argent en boissons alcoolisés et produits dérivés ?
C'est totalement injuste envers ceux d'entre nous qui ont acheté des billets pour le match. Au moins, les gens qui le suivront à la maison pourront couper le son. Les Lions doivent penser à leurs fans avant de choisir un groupe aussi infect pour jouer à la mi-temps."
Si ce n’est pas charmant tout ça ?
Chez nous, il est clair que ce ne serait probablement pas passé.
Mais chez nos amis américains, ce texte n’a recueilli rien moins que 32 000 signatures !
Quelques jours plus tard, on annonce dans la presse, relayé chez nous par quelques sites musicaux que des « petits malins ont en effet développé un module d'extension téléchargeable pour les navigateurs web, baptisé NICKELBLOCK, qui permet de filtrer toutes les occurrences relatives au groupe, et ainsi de le faire tout simplement disparaitre de la Toile… »
L'application que propose ce site pour supprimer NICKELBACK de votre ordinateur se trouve ici
Et il faut voir les commentaires sur les chats !
Là, on passe encore plus les bornes, on se lâche et ce n’est pas joli-joli à voir !
Tout est donc bon pour trainer dans la boue, NICKELBACK, pour brûler ce qu’on a jadis aimé si fort aux USA ?
On peut quand même s’interroger sur la brutalité de cette lapidation médiatique totalement hors de propos, s’agissant quand même que d’un groupe de rock aussi agressif qu’une bonne portion de Vache qui rit.
À quoi tout ce cirque rime-t-il ?
Qu’ont-ils fait pour mériter ça, à part vendre des CD par camions entier en n’étant pas "born in the U.S.A." ?
Dans quel but, ce torrent de boue dégradant pour un groupe totalement inoffensif et lisse alors même que Rihanna et sa vulgarité crasse assumée squatte le haut des chats US ?
Je n'aime pas spécialement NICKELBACK, mais je trouve toute cette cabale parfaitement ignoble, voire carrément dégueulasse.
Il y a dans cette campagne des relents tout à fait nauséabonds qui ne me semble plus avoir grand-chose à voir avec la musique.
Un peu comme si chez nous les ultra du PSG s'en prenaient à un artiste belge...
La réponse récente de NICKELBACK en vidéo...
Vos commentaires/Comments (9)
Partager/Share
30-10-2011
"Hammer Of The Gods, la saga de LED ZEPPELIN"
"Hammer Of The Gods, la saga de LED ZEPPELIN" par Stephen DavisTraduction Philippe Paringaux
Editions Le Mot et le Reste
Réédition - 2011
26 euros
Il est des groupes qui vous accompagnent le long de votre vie sans même que vous vous en rendiez compte. Ainsi, enfant, mon très jeune père me biberonna à DEEP PURPLE et LED ZEPPELIN, des groupes alors à leur sommet. Et à vrai dire, sauf un moment au creux des 80s et de la new-wave triomphante dont je fus, je l’avoue, un adepte fervent, jamais donc le pourpre profond et le grand dirigeable ne s’éloignèrent longtemps de moi. Avec le temps, les quatre premiers du ZEP ainsi qu’"In Rock", "Machine Head" et "Who Do You Think We Are" de DEEP PURPLE ont fini par faire partie intégrante de mon parcours. Aussi, quand la semaine passée je tombais par hasard sur une bio du grand dirigeable signée Stephen Davis, mais surtout traduite par le très estimable Philippe Paringaux, mon sang ne fit qu’un tour. A vrai dire, comme pour "STP" et "Exile on Main Street", deux livres sur les STONES publiés chez le même et très bon éditeur Le Mot et le Reste, et d’ailleurs également traduit par Paringaux, cette biographie intitulée Hammer of the Gods n’est pas une vraie nouveauté. Dans sa version anglaise, cette bio sulfureuse en est même à sa troisième version (1985, 1997 et 2008). Une traduction en français avait été effectuée à l’époque, pour le moins contestée, et qui avait, sans aucun doute, amoindri la portée du livre en participant à son aura nauséabonde. Cette fois, au moins de ce côté-là, pas de problème, Philippe connait son affaire et les pages se tournent toute seules ! Reste qu’effectivement, "Hammer of the Gods" sent la poudre. Et avec un regard d’aujourd’hui, certaines des histoires semblent encore plus hallucinantes et pas forcément dans le bon sens du terme. Le ZEP avait d’ailleurs en son temps contesté ce récit à plusieurs reprises sans que pourtant le livre soit interdit pour diffamation. C’est que ce Marteau des Dieux va loin, très loin dans l’intimité de ce mythe du rock 'n’ roll qu’est LED ZEPPELIN. Un mythe qu’il écorne volontiers pour finalement mieux glorifier, ou plus exactement pour mieux recentrer ce qui fit l’essence même du ZEP : sa musique. En ne cherchant pas à édulcorer les faits, l’auteur nous replonge dans une autre époque, dans une toute autre sphère. Celle où les derniers feux de l’innocence prévalaient encore pour quelque temps. LED ZEP a-t-il finalement calciné musicalement ces feux à coups d’anecdotes glauques, d’attitudes bassement scabreuses et machistes ? Il n’est pas interdit de le penser. Lester Bangs, qui au passage honnissait LED ZEP, disait en 1975 que le rock était mort et que quelque chose s’était brisé. Cette année-là, Page sur le toit du monde s’enfonce dans l’héroïne et signe le long déclin du dirigeable qui s’achèvera finalement le 24 septembre 1980 avec la mort prématurée de John Bonham. Une des grandes qualités de ce livre est bien de placer les choses dans leur contexte. Ainsi, on voit que LED ZEPPELIN ne marche pas immédiatement en Angleterre alors que le groupe est instantanément starisé aux States, son marché de prédilection. On voit aussi et c’est plus étonnant, le mépris des critiques à leur égard. Il est intéressant de constater que personne à l’époque, tant la presse que le métier, ne voit la révolution opérée par Page et ses troupes. Non, l’heure est aux STONES tout puissants (mais qui vendent moins de disques que LED ZEP), au glam d’un Bowie en plein trip Ziggy et aux groupes progressifs comme PINK FLOYD ou E.L.P, alors au comble de la branchitude. LED ZEP, c’est pour les kids et les bouseux, semblent dire en chœurs les critiques des deux côtés de l’Atlantique ! Bangs dont je parlais plus haut va jusqu’à les traiter de « pédales émaciées » ; c’est dire la violence des réactions que le groupe suscitait de son vivant. Pour autant, on découvre que l’exigence de Page et de son groupe. D’emblée, celui qui est alors déjà un musicien renommé veut entrer dans la légende. Il se veut l’égal des plus grands. Pour cela en plus d’un groupe il lui faut un manager. Peter Grant sera celui-là et il jouera bien un rôle primordial dans le succès planétaire de LED ZEPPELIN. Au demeurant, être un gros vendeur de disques (plus de 300 millions dans le cas LZ) ne suffit pas pour marquer l’histoire. Dans les 80s, DURAN DURAN, par exemple, vendit des camions de disques et aujourd’hui tout le monde s’en fout royalement alors que le VELVET UNDERGROUND vendit péniblement 500 000 albums de son premier album mais son influence résonna durablement sur l’histoire de la musique. Si LED ZEP est aujourd’hui si présent c’est que le groupe a essaimé à long terme. Son message, sa musique, son groove même ont transcendé les générations et sont restés finalement sans égal. Et ce n’est pas un hasard si tous les groupes grunge des 90s se revendiquaient du dirigeable. D’ailleurs, en étant un peu provo, on pourrait dire que leur mouvement consista à fusionner l’impensable, à savoir LED ZEPPELIN, les BEATLES et les RAMONES. OK, c’est un raccourci disons brutal, mais néanmoins il y a de ça ! Pour finir, ceux qui aiment à la fois LED ZEPPELIN, mais qui veulent aussi se pencher sur l’histoire de la musique et du hard en particulier sans sombrer dans la béatification stérile et souvent niaise, peuvent se ruer sur ce fort estimable ouvrage.
Partager/Share
06-09-2011
Insurrection ?
Récemment, je suis tombé sur un article dans Slate intitulé : « Qui pour chanter l’Angleterre des émeutes urbaines ? »
Et l’article de faire un panorama de ce que Londres compte aujourd’hui de groupes aux paroles incandescentes et incendiaires. Et, si on en croit le WebMagazine, le constat est plutôt triste car il n’y a déjà pas grand-monde et surtout, il n’y a véritablement aucun groupe de rock. OK, un titre ici des bien gentils ARCTIC MONKEYS, un autre des plus réjouissants KAISER CHIEF, mais pas franchement de quoi réveiller le révolutionnaire qui sommeille en nous, pas de quoi incarner musicalement la situation, comme l’ont fait jadis Dylan, CLASH, TRUST en France ou plus près de nous RAGE AGAINST THE MACHINE. Car plus largement, et c’est peut-être ce qui caractérise notre époque musicale, le fait est que nos groupes actuels n’ont plus en eux cette rage sourde, cette colère à fleur de peau qui habitaient leurs ainés avant eux.
Alors évidemment, il reste des anciens comme PEARL JAM, METALLICA ou dans un autre rayon, nous trouvons encore des Bruce Springsteen, des Morissey mais tout cela reste quand même feutré. Il est par exemple loin le temps où, dans son formidable premier album vigoureusement intitulé « Viva Hate », l’ex-chanteur des SMITHS vouait Margaret Tatcher à la guillotine et où c’était alors pour lui un rêve merveilleux ! N’oublions pas que ce doux groupe que furent les SMITHS connut par trois fois au moins les foudres de la censure made in UK et vit ses singles interdit d’antenne.
Pourtant, à ses origines, nos riffeurs infernaux furent de grands subversifs. Souvenons-nous du fabuleux MC5 qui connut non seulement la censure mais aussi des tracas incessant avec le FBI qui allait conduire en 1975, trois ans après la séparation du groupe, Wayne Kramer son bouillant guitariste à la prison fédérale de Lexington, Kentucky pour un séjour de deux années. Officiellement, bien sûr pour détention massive de cocaïne. Un prétexte qui ne peut que faire sourire quand on sait la consommation titanesque de certains groupes de cette époque pourtant jamais vraiment inquiétés. Souvenons-nous aussi des STOOGES, puis de toute la vague punk emmenée par les SEX PISTOLS, les CLASH ou les DAMNED qui, tous, connurent les affres de la censure.
Chez nous, où il existe une vraie tradition de chanteurs contestataires pas rock mais très remontés à l’image des Brassens, Ferré ou l’inénarrable François Béranger qui tous aussi subirent les tracas avec la morale gaulliste alors en vigueur. Bien sûr le rock finit par s’en emparer, ANGE et sa fantastique épopée du général Machin qui valut aussi au groupe de Belfort des ennuis avec les autorités. Puis vint TRUST qui ouvrit la porte à toute une génération de braillards révoltés et hirsutes à l’image de LSD, OBERKAMPF, Warum Joe ou les BERURIERS NOIRS qui enflammèrent bien des salles de France et de Navarre sur des refrains qui avaient autre chose à faire qu’à pleurer sa maman comme le font si bien les geignards mollassons de la nouvelle chanson française (grrr !!! ça fout la trouille) qu’on nous impose à longueur d’onde. Et ce ne sont pas non plus les pitoyables BB BRUNES qui risquent de nous faire vibrer avec leurs textes à la Justin Bieber sous Champomy ! Mais bon, je m’égare…
Bref, aujourd’hui qui pour tenir la flamme laissée vacante par R.A.T.M ? Qui pour un nouveau "Préfabriqués" de TRUST ou un nouveau "Couleur sur Paris" d’OBERKAMPF ? Où sont les nouveaux groupes capables de nous pondre un truc aussi dément que "Fuckin’ Hostile" de PANTERA, j’en passe et des meilleurs ? Un truc qui suinte une putain de rage furibarde et qui, dans le même temps, soit capable d’incarner son époque ? J’ai beau retourner le truc dans tous les sens, j’avoue que je ne vois pas. Pourtant autant je me refuse à croire qu’il ne se passe rien. Le monde serait train de s’embraser et le rock se contenterait de textes nihilistes ou très vaguement contestataires ?
Non, c’est l’essence même de cette musique et il est impossible qu’elle ait totalement disparue, quitte à lui filer un bon coup de fouet comme l’avaient fait les punks en 77. Un postulat musical qu’évidemment les rois du markéting qui ont collé le disque dans le mur fuient comme la peste. Il est clair que Beyoncé et Rihanna, dont la subversion la plus violente consista à exposer leur plastique parfaite en jarretelles à longueurs de clip sur des musiques d’ascenseur et des textes inexistants, le tout baignant dans une vulgarité crasse qui ne prend même plus la peine de se cacher, constitue pour eux un bien meilleur placement que les CLASH ou RATM.
Oui, mais jusqu’à quand ?
Partager/Share








