LE SECRET DE METALLICA




Depuis trois jours, c'est le secret le moins bien gardé du monde du rock.
BLACK SAB... non ! 

METALLICA, au Stade de France le 12 mai prochain, pour une date inscrite dans une tournée qui accompagne la célébration de son trentième anniversaire.
Un secret de polichinelle. 
Un vrai-faux suspense entretenu par l'attente d'un communiqué officiel de l'organisateur, aujourd'hui lundi. 
Personne n'est dupe. 
Pas plus sur cela que sur la fausse réflexion de notre Président à se représenter pour un second mandat. 

METALLICA jouera bien pour la première fois de sa carrière dans la plus grande enceinte française capable d'accueillir une prestation live.



Depuis déjà des mois, certains bien informés, en tête notre tonton national Francis Zégut, distillait sur son blog des pistes tangibles de venue en 2012.

Ce n'est donc, ni une surprise, ni même un événement, si tant est qu'un groupe qui n'a jamais cessé de tourner (ou presque) depuis 30 ans puisse encore surprendre ses fans.

Si, depuis quelques semaines, il y est parvenu.
La polémique anime avec passion la confrérie - très élargie désormais depuis un beau jour de 1991 lorsque METALLICA a décidé qu'une ballade, ce n'était pas incompatible avec son ADN - et elle tient en un tout petit mot : "Lulu".
Le fameux album plus ou moins expérimental tenté avec Lou Reed.
Les pires noms d'oiseaux circulent sur la toile, en posts, en tags et en statuts de profil. 
METALLICA est habillé pour l'hiver. 
Mais ça passera, comme tout le reste... comme l'hiver.





On pardonne tout à METALLICA et si on ne tolère pas un album planétaire (le "black album"), une mélopée à emballer ("Nothing Else Matters), un, puis deux albums de transition nécessaire illustrés par des clips esthétisants ("Load", "Reload"), une position tranchée et juridique contre Napster, une vidéo de télé-réalité ("Some Kind of Monster"), les ambitions de Lars Ulrich à l'écran, l'exploitation du concept "Big Four" jusqu'à la corde - et même la réconciliation avec Dave Mustaine (MEGADETH), eh bien, on est remplacé par une nouvelle génération de fans qui n'a pas cette mémoire et y trouve son compte. 
Merci "Guitar Hero". Merci MTV et sa programmation "Les papys du rock" (si, si, je n'invente rien !).

J'en connais qui sont restés le compteur bloqué sur "Master of Puppets" et qui préfèrent les vinyles usés de "Kill 'em All" et "Ride The Lightning" à tout ce qui a pu suivre. 
Ils commencent à être rares, ont déjà calculé leurs points de retraite, espèrent toujours une reparution d'Enfer Magazine et attendent encore la nouvelle édition du "Breaking Sound Festival".





Au fond, c'est quoi, le vrai secret de METALLICA ?
Ce n'est pas le Stade de France. 
C'est d'avoir été malin. 
D'avoir une ligne de conduite et une volonté indestructibles incarnées par ses deux principaux leaders. 
Toujours dans le coup, voire un coup d'avance. La marque des grands.
D'être bien entouré. 
D'avoir le management et les conseils les plus avisés du métier.
Surtout : de faire sa musique avec la même énergie et la même passion qu'au premier jour, peu importe le répertoire, le son, la valeur des compositions sans jamais pouvoir se faire critiquer sur sa générosité.
Le secret de METALLICA, c'est d'avoir su durer, s'élever au-dessus des modes, les utiliser parfois, au risque de perdre certains et d'en gagner d'autres. Même les intouchables IRON MAIDEN ont eu leur traversée du désert et de sérieux coups de mou.

A l'instar des rares légendes qui tournent encore, en un mot qui fait peur, METALLICA est désormais devenu ce qui aurait été impensable il y a 30 ans : une institution.
(Christian Lamet)
Photos Fred Moocher





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