IRON MAIDEN : IL Y A 30 ANS !

Malgré les apparences, toute cette effervescence autour de HARD FORCE et ses archives en l'occurrence, je ne suis pas nostalgique. Se pencher de temps à autre sur le passé n'est pas une marque de nostalgie, cela tient du souvenir, de la mémoire, de moments d'appréciation qui jalonnent votre vie.
Il n'y a pas plus de "c'était mieux avant" que de "le meilleur est pour demain" dans le propos.
Et tout autant de "c'est pas mal aujourd'hui" d'ailleurs.
Aujourd'hui, justement, je me suis levé avec en tête de faire un petit pèlerinage rapide sur les lieux d'un événement que ceux qui l'ont vécu il y a 30 ans ne sont pas prêts d'oublier.

24 mars 2012

Pavillon Baltard • Nogent-sur-Marne

24 mars 1982


Billet du concert
© Coll. Christian Lamet

IRON MAIDEN joue sa toute première date parisienne avec son nouveau chanteur, un certain Bruce Dickinson, que seuls les mordus de l'underground britannique connaissent à travers SAMSON sous le surnom Bruce Bruce.
Personnellement, du haut de mes 16 ans, passionné absolu de southern rock et dérivés sudistes, je lorgne davantage du côté de la première partie : BLACKFOOT. Le groupe est au sommet de sa carrière discographique, muni de son bestiaire triptyque discographique et notamment le sublime "Marauder" paru l'année précédente.


Badge et tour book officiels de BLACKFOOT

Voir Medlocke, Spires, Walker et Hargrett est pour moi la seule et unique préoccupation de cette date.

J'adore les deux premiers albums de MAIDEN, je vous rassure. Comme toute la génération metalleuse adolescente de l'époque, IRON MAIDEN (que les Français s'acharnent alors à prononcer irone maille-denne) est un groupe leader, sincère, entier. La mascotte Eddie est bien intégrée, le logo s'arbore sur les patches des blousons en jean, les pochettes sont déjà des objets de collection... mais le départ de Paul Di Anno laisse supposer que ce groupe est comme les autres, instable et peut-être même fragile.


Personne, ou presque, n'a entendu l'album "The Number of the Beast" : il est sorti deux jours auparavant et seul "Run to the Hills", au refrain très accrocheur, a déjà fait son apparition sur les ondes depuis un mois, chez Francis Zégut.
Spéculation, déception, c'est en tout cas le gros débat entre fans dans la queue qui nous mène du RER à l'entrée du Pavillon Baltard.
Oui, j'ai oublié de préciser qu'à cette époque, en guise de date parisienne, c'est plutôt une localisation nogentaise qui est proposée au public. Le Pavillon, c'est une construction de type Eiffel, démontée des Halles parisiennes près de Chatelet au moment de la construction du Forum, et remontée pièce par pièce sur cette cote pentue des bords de la Marne à Nogent. Très jolie construction. Classée.
Personnellement, j'y ai déjà vu Rory Gallagher l'année précédente, puis THIN LIZZY quelques semaines plus tôt.
Acoustique douteuse : verrière et metal, ce n'est pas idéal, mais on se contente de ce qu'on a. Nos oreilles n'ont pas été éduquées à autre chose qu'aux grandes ondes, aux vinyles qui craquent et aux abattoirs transformés en salles de concerts, donc...

Ce 24 mars, le Pavillon Baltard est entré dans nos habitudes : c'est devenu un nouveau temple du rock.
30 ans plus tard, les finales de la Nouvelle Star sont passées par là et tout le monde a oublié.

 Publicité française pour toute la tournée - Tour book officiel IRON MAIDEN en 1982

La presse spécialisée hard rock/metal n'existait pas à l'époque en France.
Pour retrouver un compte rendu de cette date, il faut malheureusement se cogner la chronique de Rock & Folk, la seule qui ait ré-émergé sur le net récemment (dommage pour son auteur, T.C. -Thierry Chatain ?- dont je ne partage l'avis que sur la prestation de BLACKFOOT). Je n'ai pas retrouvé trace d'un live report de BEST qui était bien plus favorable au heavy metal en ces temps reculés.


IRON MAIDEN, est-ce bien nécessaire de le dire, a été à l'opposé de ce que décrit Chatain dans sa chronique. Avec un Bruce déchaîné comme s'il avait toujours été membre du groupe, qui, si ma mémoire ne me fait défaut, avait dérouté tout le monde en s'adressant en français au public (ce qui ne se faisait jamais, sorti d'un "merci", "bonsoaaaar  Parissse" et quelques politesses d'usage).


A l'époque, il manquait encore McBrain (chez TRUST) et Clive Burr était un tout petit peu moins charismatique et démonstratif, mais toute la machine MAIDEN turbinait à plein régime.

Dominique Farran de RTL avait présenté quelques morceaux des deux sets dans son émission "Live" en deux samedis distincts. Il circule pas mal de bootlegs de ces deux prestations, forcément incomplets car ils ne font que reprendre la sélection diffusée à l'antenne.
Voici un extrait qui offre une restitution extrêmement fidèle du souvenir électrique, survolté, mélodique et énergique que j'ai gardé de BLACKFOOT. Au top !



Le lendemain du concert, France Soir titre : "Ils revenaient d'un concert pop et rock à Nogent : une centaine de vandales saccagent le métro Nation". A cette époque, déjà et pour de très nombreuses années encore, le metal sera une bête (noire) pour la société française. 
Ironie : France Soir n'est plus là et IRON MAIDEN tient toujours le haut de l'affiche.
(Christian Lamet)

> ANCIENS POSTS : PAGE PRECEDENTE/OLDER POSTS : PREVIOUS PAGE
LOGOHFVINTAGE3bHARDFORCESOMMAIREBANDO