07-02-2012
MASTODON @ Paris (Le Bataclan) - 20•01•2012 [live report]
Fort d'un surprenant album particulièrement léché ayant trusté la plupart des référendums 2011 ("The Hunter"), MASTODON s'est lancé dans une tournée européenne le 11 janvier 2012 qui faisait étape le 20 à Paris, au Bataclan, pour son unique date française.
Moins épique, plus formaté, mieux dompté, ce nouvel opus portait en lui les défauts de ses qualités, mais la possibilité de voir le groupe le défendre sur scène avait piqué notre curiosité.
Pour des raisons sur lesquelles nous aurons l'intelligence de ne pas revenir, le chemin vers le Bataclan ne fut pas simple. Mais déterminés nous sommes, et bien nous prit de nous démener jusqu'à la dernière minute pour assister au show d'un groupe que nous soutenons depuis longtemps déjà, et qui mérite amplement que l'on continue à se battre pour le soutenir. Le spectacle qui nous attendait allait justifier notre abnégation.
RED FANG avaient pour mission de chauffer la salle, et c'est Leonor Ananké, transportée par leur prestation, qui vous la raconte avec enthousiasme sur son blog .
La barre fut placée haute et MASTODON allait devoir lutter pour affirmer son statut de star du jour.
Et il ne fallait pas rater le départ de ce rollercoaster inarrêtable qui démarre sur les chapeaux de roues avec un "Dry Bone Valley" issu du dernier album. Le show est rodé et le groupe enchaîne les titres d'une setlist immuable soir après soir, sans prendre le temps de respirer ni de communiquer avec la salle. Qu'à cela ne tienne, la performance est hypnotisante. Des lights austères, un simple backdrop reprenant la pochette de "The Hunter", des musiciens sobrement habillés de noir (on remarquera le t-shirt des MELVINS porté par Brent Hinds)... la musique, rien que la musique !
Brent Hinds occupe le côté gauche de la scène sous ses allures de Barbe-Rousse hyper concentré et torturé, alors que Bill Kelliher en occupe plus discrètement le côté opposé ciselant méticuleusement ses riffs. Tous deux entourent le bassiste et principal chanteur Troy Sanders, dont le moins qu'on puisse dire est que chez L'Oréal "il ne le vaudrait pas bien". Brann Dailor restera quant à lui caché derrière sa batterie customisée aux couleurs de Randy Rhoads la quasi-totalité de la soirée.
Une soirée riche de plusieurs enseignements.
Tout d'abord, elle consacre le groupe dont la popularité est ici révélée de manière indiscutable. Le Bataclan, plein comme un oeuf, est entièrement dévoué à sa cause. Du premier rang de la fosse aux balcons, les paroles sont reprises en choeur, les têtes headbangent à l'unisson, les bras se lèvent au même rythme. La communion est totale. Pas de touristes dans la salle ce soir !
Le deuxième enseignement est musical. Outre neuf titres extraits de 'The Hunter", le groupe joue quatorze autres titres issus des quatre précédents albums. Si le groupe n'a jamais caché ses influences sludge ou hard rock, il n'a jamais enchainé deux albums identiques, puisant son inspiration dans des styles aussi différents que la NWOBHM, le thrash, le stoner, voir même le prog metal sur son dernier né, pour donner à chacun une couleur distincte. Loin de représenter une évolution, il s'agit d'une expression des nombreuses facettes de MASTODON et le panachage présenté ce soir est d'une rare cohérence. Il faut se rendre à l'évidence : la musique de MASTODON est d'une grande richesse et le show captivant !
L'énergie prime et jamais la tension ne retombe. Le groupe varie les ambiances, et régulièrement les titres joués déchainent des pogos dans une fosse survoltée. Le Bataclan est réputé pour sa chaleur moite et ce soir de janvier, la sueur perle sur tous les corps ! Témoignage de l'énergie distillée par MASTODON, il ne faut pas plus d'1h45 au groupe pour délivrer les 23 titres dont les versions studio cumulées dépassent allègrement les deux heures ! Couvre-feu oblige, le rappel est joué sans que le groupe ne quitte la scène, alors que les membres de RED FANG viennent donner de la voix sur le vraiment curieux "Creature lives".
Si l'on regrettera quand même au terme de cette excellente soirée l'absence de véritable frontman charismatique qui aurait pu haranguer la foule et la tenir dans sa main sans jamais relâcher son emprise, on retiendra surtout que MASTODON est en passe de devenir une valeur incontournable du metal, un poids lourd doté d'une véritable identité et d'un son unique d'une efficacité redoutable. Le genre de groupe qu'on ne peut que respecter, et qui s'avère capable de jouer plus de vingt titres sans lasser une seconde, en un mot, un GRAND.
Les absents ont eu tort ce soir.
Pour ma part, à jamais restera gravé dans ma mémoire ce fan qui se tenait à mes côtés et réclama en hurlant pendant tout le concert "Bloude end Tander". Heureusement, il obtint satisfaction à quelques minutes de la fin !
Comme l'ensemble de l'assistance, il repartit le sourire aux lèvres.
(Merci à Leo pour ses photographies !)
SETLIST :
- Dry Bone Valley
- Black Tongue
- Crystal Skull
- I Am Ahab
- Capillarian Crest
- Colony of Birchmen
- Megalodon
- Thickening
- Blasteroid
- Sleeping Giant
- Ghost of Karelia
- All the Heavy Lifting
- Spectrelight
- Curl of the Burl
- Bedazzled Fingernails
- Circle of Cysquatch
- Aqua Dementia
- Crack the Skye
- Where Strides the Behemoth
- Iron Tusk
- March of the Fire Ants
- Blood and Thunder
- Creature Lives

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