21-04-2012
Interview Renaud HANTSON
Renaud HANTSON (SATAN JOKERS, « Starmania », « La légende de Jimmy », « Notre Dame de Paris », FURIOUS ZOO...) vient de publier chez Pygmalion son autobiographie, « Poudre aux yeux », un livre qui trouve son origine et sa raison d'être dans le combat qu'il mène contre une addiction à la cocaïne longue de 17 années. Renaud HANTSON, c'est aussi trente ans d'une carrière dans des domaines très variés qui lui permettrait de figurer au Livre Guinness des records dans la catégorie « grand écart » (et pas que physique !). Mais Renaud HANTSON est aussi un Personnage, du genre à ne pas laisser insensible, qu'il est plaisant de détester aimer, ou déplaisant d'aimer détester (et vice versa). Aussi, après une chronique de sa bio (qu'il a aimablement notée 04/20), et alors qu'il enchaîne albums, tournées et publications, il nous a semblé opportun de le rencontrer pour en savoir un peu plus, et peut-être comprendre un peu mieux son parcours et son combat.- Renaud, tu insistes sur l'aspect thérapeutique de ton livre. J'ai bien compris que Laurent KARILA t'avait suggéré de tenir un journal, et que cette bio en est en quelque sorte un substitut, destiné à t'accompagner, et en ce sens l'aspect thérapeutique de l'écriture, pour toi, est évident. Mais quelle portée penses-tu qu'il puisse avoir sur des lecteurs qui vivraient ou auraient vécu un parcours similaire au tien ? Imagines-tu qu'il puisse être un élément déclencheur ? Quel but aimerais-tu qu'il serve ?
Renaud Hantson : Très souvent, les addicts ont eu à peu près les mêmes expériences mais ne mettent pas les mêmes mots sur leur vécu et leurs sensations. Je ne sais pas si mon livre peut être déclencheur dans l’arrêt de la consommation d’un produit pour des gens qui auraient vécu comme moi une prise de drogue à très haut niveau sur une longue période mais ce qui est certain c’est que mon désarroi ou le constat honnête d’une perte de temps, d’énergie, de neurones, de santé mentale et physique peut leur faire se rendre compte d’une certaine manière de ce qu’ils ne s’avouent parfois pas eux mêmes. Je pense avoir expliqué que, même lorsqu’on a fait le tour de la question de l’addiction à un produit comme la cocaïne, il reste véritablement psychologiquement une très forte dépendance qui empêche longtemps de prendre une décision quant à un arrêt définitif de la prise de ce produit. Les nombreux faux pas, chutes ou rechutes de tous les addicts aux drogues sont innombrables et réguliers. On a longtemps laissé penser que les prises de cocaïne étaient beaucoup moins addictives que l’héroïne par exemple, ou que l’alcool et la cigarette, c’est entièrement faux car c’est la pire des dopes pour le psychisme en plus d’une addiction physique dont bien entendu tout le monde oublie de parler. Je ne dis pas que tous les addicts à la coke associent cela au sexe mais c’est très régulier qu’une prise de cocaïne amène au sexe en tout cas. Quoi qu’il en soit et quelle que soit l’utilisation d’un addict de cette substance, que ce soit pour des sorties, pour s’amuser en discothèque, faire la fiesta entre amis, pour discuter des heures, pour écrire comme le faisaient certains romanciers des nuits entières pour remplir des pages blanches ou encore pour équilibrer une forte consommation d’alcool, très souvent l’utilisateur de cocaïne associe sa consommation à un sujet précis. Cela est clairement expliqué dans mon bouquin et là il est certain qu’une personne qui a connu ce parcours se retrouvera à travers mes lignes.
-Est-ce que l'idée d'écrire une bio t'avait déjà traversé l'esprit ? Ou d'écrire un livre, tout simplement ?
Renaud Hantson : Cela fait au moins 7 ans que j’en parle à mon assistante qui à la base est professeur de Français et à qui j’avais dit qu’un jour je ferai un livre qui s’appellerait « Sexe & Drogues & Show business » pour faire allusion au célèbre tube de Ian Dury « Sex & Drugs & Rock N’Roll ».
- On comprend bien à la lecture de "Poudre aux yeux", et même de ce que tu postes sur tes différentes pages facebook, que le sexe y compris dans ses excès fait partie de ta vie. Pourquoi si peu de pudeur sur les scènes de sexe que tu relates, que tu sembles prendre un malin plaisir à mettre en scène et raconter, c'est évident, alors que sur d'autres moments plus personnels de ta vie tu es peu bavard. et c'est un euphémisme ? Je pense par exemple à la première fois où tu évoques la tragique disparition de ton frère. De même, si tu évoques le départ précoce de ton père, alors que tu n'as que six ans, on ne sait pas si ta mère s'est remise en couple, ni si tu as été élevé avec une figure masculine au foyer. C'est conscient ? Voulu ? Où est-ce de la pudeur sur ce qui au final, est vraiment toi ?
Renaud Hantson : Je ne pense pas avoir été excessif ou avoir mis en scène les quelques passages sexy de mes relations passées. Je me suis véritablement contenté du minimum qu’il y avait à dire, qui très souvent d’ailleurs correspond à une rencontre, à une « première fois ». Il y aurait eu bien plus Hard à raconter. Quand on sous-titre un livre « Sexe & drogues & Show business », il faut bien qu’il y ait quelque peu de cul dans les pages écrites mais je n’y ai pas pris un malin plaisir, je pourrais faire beaucoup plus Hot si j’avais vraiment tout balancé ! Pour le reste, il n’était pas dans mon idée de décrire plus que ce que je n’ai fait la disparition de mon frère. J’en dis suffisamment, il est mort à 20 ans d’un accident de voiture avec sa première fiancée à ses côtés. Il avait bu deux bières, n’était pas ivre, ils étaient en train de s’engueuler. Je n’étais pas dans la voiture au moment où cela s’est passé.
Il faut savoir que ce que j’ai surtout voulu dire lorsque je parle de la disparition de mon frère ou de mon père c’est que la puissance de la substance à laquelle j’étais accroché était plus forte que tout et que, même lorsque l’on m’apprenait le décès ou la disparition d’un de mes proches, j’étais incapable de cesser ce que j’étais en train de faire si cela faisait deux jours que j’y étais. C’est surtout ça que j’ai voulu faire passer plus que la description de comment est mort mon frère ou comment mon père a souffert pendant 3 ans de son cancer du poumon. Tout le monde se doute qu’il a été un grand fumeur et j’ai laissé comprendre au fil des pages que son attirance pour le sexe était très certainement aussi grande que la mienne. Ma mère ne s’est jamais remise en couple et il est totalement évident, si tu lis bien les premiers chapitres, que j’ai été élevé par ma mère et ma grand-mère. Attention, je vais être obligé de te remettre un 4/20 pour manque de précision dans ta lecture et cela me dérangerait !!! Il n’y a en réalité aucune pudeur dans ce que j’ai expliqué. Mon éditeur Flammarion et leur collection Pygmalion disent sur la quatrième de couverture que je dois être « le premier artiste français à se mettre autant à nu dans une autobiographie », ce qui est assez habituel chez les américains mais jamais dans notre pays, sûrement parce que chez nous les artistes n’assument pas leurs addictions, leurs troubles de la personnalité ou leurs déviances. Je l’ai fait parce que c’était nécessaire pour ma survie mentale, cela m’évitait de remplir un journal de mes consommations de substance et parce Laurent Karila et moi-même sommes fans d’autobiographies Rock. C’était bien plus rédempteur de passer par ce chemin-là afin de régler certains comptes avec moi-même. Je n’étais pas là pour faire une exhibition de mes plans cul ni des disparitions de la famille Hantson. Cela dit, oui, je suis bien plus pudique que ce que l’on peut imaginer. Je n’aime m’exhiber qu’en concert ou pour des jeux à connotation sexuelle en privé. Je n’ai jamais été un très grand « baiseur public », même si j’ai fréquenté tous les clubs échangistes français et me suis retrouvé d’innombrables fois dans des « partouzes » infernales, ce que je laisse entendre dans le livre sans rentrer dans les détails car il y aurait beaucoup de choses à dire !...
- Ce côté sex-addict est-il le pendant du personnage arrogant, toujours à se la ramener, que tu t'es construit ? Une manière d'asseoir ta personnalité ? de t'affirmer ? de te présenter en "dominant" ? Tu parles beaucoup de sexe, un peu moins d'amour. Distingues-tu les deux ?
Renaud Hantson : Tout d’abord, je ne pense pas être réellement un personnage arrogant. Mon attitude est dans la lignée logique des idoles que j’ai eues pendant mon adolescence (David Bowie, David Coverdale, Robert Plant, Jimmy Page, Rob Halford, Glenn Hughes…) qui ont toujours eu une manière de se présenter en interview qui ne permet pas que le journaliste ou le « Rock critic » posant des questions qui parfois se veulent pièges puisse être dans une situation dans laquelle il serait supérieur ou en position de seul juge et censeur. Le créateur reste le créateur et, sans création, il n’y a ni chronique ni interview. Je ne suis donc en réalité qu’une synthèse visuelle et verbale de certains artistes dont j’ai apprécié la démarche avant de démarrer ma vie musicale professionnelle. Il faut bien comprendre qu’en réalité je ne la ramène pas du tout sur le domaine de la sexualité car j’en ai fait beaucoup plus que le peu que je raconte dans mon livre et ne me présente en rien en dominant puisque, je suis le premier à l’avouer, si la cocaïne fait que l’on devient tous les personnages à la fois et si ma nature est de savoir être directif avec une femme, j’ai plus joué au dominé qu’au dominant à cause des effets du produit qui empêchent d’être réellement performant même s’ils font terriblement augmenter l’excitation physique et le nombre de fantasmes. Je parle au contraire d’amour dans ces passages car même lorsque je décris mon premier amour passé, où on pourrait penser que je me vante de lui avoir donné son premier orgasme alors qu’elle avait connu bien d’autres garçons avant moi, je précise bien juste après qu’en réalité nous n’étions pas liés par de simples parties de jambes en l’air mais que c’était véritablement une grande histoire d’amour. Je reste persuadé aujourd’hui que la drogue n’aurait pas pris place dans ma vie si je ne m’étais pas séparé d’elle et que je n’avais pas été le jeune con accessible et toujours prêt à tomber sous le charme d’une fille que j’étais à l’époque. Je suis réellement un sex-addict mais avant toute chose un amoureux puisque je n’ai jamais vécu seul depuis l’âge de 15 ans et ai définitivement besoin de la tendresse que permet une histoire d’amour vécue au quotidien dans le « cocon et le ronron agréable des bonnes habitudes de la vie de couple » que j’aime par-dessus tout.
- Dans ta carrière, tu as connu plusieurs périodes (hard-rock, comédies musicales, "variété"...). Aujourd'hui que tu mènes plusieurs carrières de front, comment fais-tu le grand écart musicalement ? Qui est le vrai RH ? Comment vois-tu l'évolution de ta carrière ? Le but c'est quoi, contenter un public le plus large possible, correspondant à tous ceux que tu as pu capter pendant ta carrière ?
Renaud Hantson : Le vrai RH se situe justement, aussi bizarre que cela puisse paraitre, dans tous ces grands écarts musicaux. J’aime autant la Pop Music, que le Hard Rock, la Soul ou devenir le personnage d’une comédie musicale ou d’un opéra rock. L’évolution de ma carrière sera justement de continuer à ne pas m’interdire de vivre tous ces passions à la fois car c’est ce que j’ai fait lorsque j’ai arrêté la première formation de Satan Jokers en 1985 où j’ai coupé le cordon ombilical avec le circuit du Rock et me suis interdit de refaire ce qui a baigné mes débuts musicaux. Revenir en 2005 avec un groupe comme Furious Zoo et remonter Satan Jokers n’est certainement pas pour contenter un large public quand on sait que ce genre de musique est une niche et un ghetto. J’ai simplement besoin de différents styles musicaux pour respirer pleinement et accomplir tout ce que j’ai envie de faire artistiquement. Je suis incapable de me contenter de pommes de terre si je peux avoir des haricots verts, je n’aime pas uniquement les blondes s’il y a de belles brunes ou de jolies rousses ! C’est pareil pour la musique…
- Te sens-tu prisonnier d'une image publique ? Et si oui à quel niveau ? Y a t-il des choses que tu ferais différemment si tu démarrais ta carrière aujourd'hui ?
Renaud Hantson : Je ne me sens pas prisonnier d’une image publique. Il n’y a qu’un groupe avec qui j’effectue un effort de jeu de rôles, c’est Satan Jokers. Je l’ai toujours dit, les déclarations et le mode de pensée de Satan Jokers sont très proches d’un groupe comme Magma, d’une confrérie ou d’un clan qui même lorsqu’il sait qu’il en fait des tonnes au niveau de l’arrogance et de la mégalo inhérentes à un projet de Rock n’Roll se doit de rester dans la peau du personnage jusqu’au bout. Je ne cache pas que la reformation de Satan Jokers avec un nouveau line up m’a permis lors des rares concerts que nous donnons de me montrer davantage sous mon vrai jour en essayant de rencontrer les fans du groupe qui le sont parfois de très longue date et qui eux savent que je suis un mec accessible qui aime manier le vingtième degré et qui entre dans la peau du leader de Satan Jokers, le groupe qu’on aime détester ou qu’on déteste aimer selon les cas et le degré de compréhension de ce que nous faisons... Si je démarrais ma carrière aujourd’hui, j’expliquerai peut-être dès le début que Satan Jokers est aussi un jeu de personnages, cela éviterait certaines prises de tête avec des gens moins fins d’esprit que ceux que je vise avec ce groupe.
- Joues-tu toujours de la batterie ? Etre batteur, c'est être au fond de la scène caché derrière son kit. Est-ce compatible avec ta personnalité d'artiste ? As-tu des regrets par rapport à ton instrument (d'être moins reconnu comme musicien que comme chanteur) ?
Renaud Hantson : Je joue de la batterie sur tous mes albums personnels et accepte parfois de faire des sessions pour des groupes ou des artistes qui me le demandent mais c’est vrai que je n’ai jamais voulu devenir « session man » car je sais par expérience qu’en France un accompagnateur aura plus de mal à se faire une place et un nom en tant qu’artiste solo si on l’a vu servir la soupe à trop de chanteurs ou trop de groupes. C’est le cas de Christophe Deschamps, excellent batteur, qui a sorti deux albums solo passés totalement inaperçus en tant que chanteur. Au contraire de ce que tu as l’air de dire, pour différentes parutions comme Batteur Magazine ou le magazine Muziq, je reste régulièrement le seul Français toujours classé parmi les 10 batteurs mondiaux représentant le Hard Rock, à ma grande surprise d’ailleurs, et je reste à leurs yeux toujours considéré comme le plus inventif des batteurs de Metal français alors que j’ai totalement laissé de côté en effet l’évolution de cet instrument depuis de nombreuses années et que j’ai préféré m’entourer de batteurs très actuels comme Aurélien Ouzoulias ou Piwee Desfray qui sont pour moi le prolongement technique logique de ce que j’ai fait dans les années 80.
- Je relisais des interviews données à Enfer, Metal attack,... et tu y critiquais sans cesse les autres groupes français.... alors qu'ailleurs il y avait la NWOBHM et la NWOAHM. Tu penses que SATAN JOKERS ne pouvait réussir qu'en opposition ? Quelles étaient tes relations avec les autres groupes de l'époque ? Tu as joué dans STOCKS, invité une kyrielle de guitaristes sur FURIOSO, tu sors un album avec Zouille prochainement, tu organises un festival,... Comment rétrospectivement vois-tu la façon dont tu te positionnais dans les années 80 ?
Renaud Hantson : A nouveau, je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce que tu dis, je ne critiquais pas sans cesse les autres groupes français, je jouais simplement au David Lee Roth hexagonal, c'est-à-dire que je disais que techniquement nous étions meilleurs que les autres, et ça c’est un fait, et que lorsque nous donnions un concert, nous ne nous permettions pas de ne pas être efficaces, d’arriver complètement bourrés sur scène ou de ne pas présenter un show digne de ce nom, ce que nous prouvions à chaque concert du line up des années 80, même si je le trouve aujourd’hui très frêle et quelque peu obsolète quoiqu’en avance à l’époque. J’aimais en effet les discours tapageurs de gens comme David Lee Roth ou Robert Plant car je sentais beaucoup d’animosité dans les déclarations et le regard de certains autres groupes français avant qu’ils ne nous connaissent réellement ou ne nous rencontrent en privé. C’est aussi pour cela qu’en réponse je maniais le deuxième degré et un discours parfois quelque peu cynique vis-à-vis d’eux. En cela, on peut en effet considérer que je ne craignais pas l’opposition et l’on peut même considérer que c’était une force pour la communication de Satan Jokers. Je le pense beaucoup moins aujourd’hui parce que j’ai l’âge d’être un grand frère mais j’ai toujours eu un excellent revers face à la connerie et c’est vrai que je ne suis pas le genre d’artiste que l’on peut attaquer sans risquer un redoutable retour verbal.
- Quel serait ton meilleur souvenir professionnel ?
Renaud Hantson : Ma rencontre avec Michel Berger a été très importante. Il était un visionnaire et quelque part l’inventeur du Pop Rock ici. Il est un peu le père de grands artistes de la variété française comme Goldman, Jonasz, Souchon et quelques autres. Je suis fier d’avoir été son chanteur fétiche et qu’il m’ait considéré comme le meilleur chanteur de ma génération.
- Quel chapitre ou quel souvenir a été le plus dur à poser sur papier ?
Renaud Hantson : Toute la période 2002 – 2008 a été complexe à retranscrire car je crois que ce sont les années où j’ai été au pic de ma consommation de drogue et j’ai failli arrêter ma carrière en solo pour ne me consacrer qu’à Furious Zoo qui reste pour moi un humble projet de club et de proximité. Etrangement c’est aussi le fait d’avoir joué dans de petits endroits avec ce groupe où on ne peut pas tricher, où il y a peu d’éclairages, où le public est très proche, qui m’a redonné envie de chanter en solo et qui m’a rappelé que je n’avais pas terminé ce que je fais dans la musique et que beaucoup de choses étaient encore à venir.
- Quels sont aujourd’hui tes plus gros regrets par rapports aux 17 dernières années ?
Renaud Hantson : Avoir préféré la fuite en avant dans les excès pour ne pas avoir à me battre contre les goûts des programmateurs ni à chercher à m’entourer aussi bien que certains artistes de ma génération qui comme je le dis dans le livre ont l’intelligence de ce métier, une intelligence que je n’ai pas car je n’ai jamais su m’entourer de personnes pouvant réellement me faire avancer et me « vendre » ! Ma seule vraie belle rencontre du passé a été Michel Berger et j’ai donc le regret d’avoir accepté un jour de prendre la drogue qu’on me proposait depuis de nombreuses années déjà et que j’ai refusée pourtant très longtemps.
- D'autres artistes ont-ils tenté de t'aider pendant ces années cocaïnées ?
Renaud Hantson : Non car soit ils étaient dans le même état que moi et il était difficile de mener à terme des projets communs, soit ils n’étaient pas au courant de cette addiction.
- Quand nous nous sommes "astiqués" avec cette critique et ta note de 04, des amis m'ont appelé en me disant "c'est la guerre avec Hantson !". Quand je te l'ai dit, tu ne m'as pas cru. Quelle conscience as-tu de la façon dont les gens te perçoivent ? A constamment manier le x-ème degré, as-tu du mal à imaginer que ce ne puisse être une évidence pour tous ?
Renaud Hantson : Je sais pertinemment que beaucoup de gens prennent certaines de mes déclarations pour du premier degré, ce qu’elles ne sont jamais mais je ne peux pas sans arrêt donner le décodeur de mes vannes ou de mon cynisme qui en réalité ne se veut jamais vraiment méchant sauf si on m’emmerde !
Il faut savoir en fait que pour moi manier sans arrêt la double lecture me permet de faire un tri « anti-cons », c’est un peu violent décrit comme ça mais cela permet que ceux qui m’apprécient le fassent pour des raisons réelles et profondes et non pas juste sur une image artistique qu’ils se font de moi. Je suis en réalité très peu touché quand une critique émane de quelqu’un dont on sent que c’est profondément de la jalousie ou de l’inintelligence. Une critique fondée ne verra jamais de réponse agressive de ma part, bien au contraire. Je suis un mec de communication et si je fais de la musique c’est justement pour l’échange que cela permet entre musiciens et avec le public.
- Meilleur chanteur de ta génération. C'est un super compliment que Michel Berger t'a fait. Mais comment peux-tu exploiter ce qualificatif en dehors de ta carrière "variétés" ? Dans le monde du metal, ça ne veut pas dire grand chose, non ?
Renaud Hantson : C’est assez exact, ça ne veut dire que peu de choses dans le circuit du Metal. Pour Michel, ma culture Rock était un atout pour chanter de la Pop Music alors que dans le monde du Rock mon sens de la mélodie ne touche pas forcément tous les publics, ce dont je me contrefous ceci dit. Certains journalistes de Hard Rock actuels m’ont demandé si ça ne m’intéresserait pas de mettre dans mes chansons des influences de Hard style Death ou de sons de voix très gutturaux ou uniquement criés, ce à quoi j’ai gentiment répondu que si les chanteurs des groupes sans mélodie et sans réelle partie de chant pouvaient techniquement chanter mes parties vocales, ils le feraient sans aucun doute. Etant capable de faire ce que je fais, je ne vais pas me contenter d’un chant monolithique ni de crier. Le cri doit avoir un sens et une justification comme dans les arts martiaux. Michel n’est pas le seul à penser ce qu’il disait de moi dans la Pop Music francophone mais cela n’a aucun effet sur la planète Hard Rock francophone, le truc amusant serait pourtant de proposer à des chanteurs de groupes de Hard Rock français d’essayer de chanter les mélodies que je compose pour Furious Zoo ou Satan Jokers pour qu’ils se rendent compte que ce n’est pas si simple. Ce n’est que quand on chante du Hantson qu’on se rend compte que c’est une galère techniquement et au niveau respiratoire, de vrais chanteurs et pas seulement des amis ou des « collègues musiciens » un peu fans te le confirmeront. Les autres m’intéressent peu pour les mêmes raisons que pour la question précédente !!!
- Tu existes sur plusieurs fronts, avec des projets qui s'adressent à ces publics différents. Acceptes-tu de nous dire lequel de ces projets est le plus commercialement viable ? Lequel a les fans les plus acharnés ? Lequel te correspond le plus ?
Renaud Hantson : Le projet le plus commercialement viable est bien entendu ma carrière solo qui touche un vaste public. Les fans les plus acharnés se situent entre ceux d’Hantson en solo et ceux de Satan Jokers. Je dirais que le projet qui me correspond peut-être le plus est Furious Zoo qui est un mélange de mélodies Soul Rock et d’énergie Hard Rock voire Metal. C’est pour ça que, pour reprendre un des gimmicks employés par David Lee Roth dans les années 80 avec Van Halen, je considère que Furious Zoo joue du « Big Rock » et c’est peut être ce genre qui me ressemble le plus.
- Tu t'es éloigné du hard-rock à une époque parce que ta compagne ne supportait pas cette musique. Comment as-tu vécu cette période ?
Renaud Hantson : Cela ne m’a pas dérangé car cela correspondait à la période où j’ai quelque peu coupé le cordon ombilical avec le circuit du Rock et où je m’embarquais dans mes premiers albums solo et dans l’aventure Starmania. Cela m’a plus dérangé en 90 où j’ai acheté mon appartement pas très loin des Puces de Clignancourt et où j’allais régulièrement les week-ends pour racheter en CD toute la discothèque Hard et Rock dont les vinyles commençaient à dépérir. Nous nous sommes séparés en 1992 et c’est d’ailleurs cette année là que j’ai produit le premier « Furioso » avec l’exceptionnel guitariste Thibault Abrial, ce qui veut tout dire même si après j’ai encore attendu quelques années avant de remettre réellement un pied dans le circuit du Rock. Je n’ai pas toujours bien vécu le fait de me priver d’écouter du Hard Rock mais l’amour est un échange et j’aime de nombreuses autres musiques, ce qui fait que je ne me sentais pas plus frustré que ça.
- Peux-tu définir les "bas du front" ? Et expliquer à nos lecteurs cette barrière que tu as érigée et la manière dont tu la gères ?
Renaud Hantson : « Bas du front » pour moi signifie simplement quelqu’un qui ose parler de musique sans connaissances techniques réelles en affirmant haut et fort des choses totalement contestables. J’ai souvent comparé la musique au sport. Un sportif s’entraine réellement et a besoin d’un haut niveau technique pour être compétitif, or c’est ce que j’ai toujours été en matière de musique quels que soient les succès ou réussites de chacun des projets auxquels j’ai participé dans ma vie, je reste un prix d’excellence du conservatoire même si je dis souvent que ça fait surtout très chic à dire en interview ! Un vrai musicien n’a jamais pris position contre ce qui représente déjà ma longue carrière dans le monde de la musique pour la bonne et simple raison qu’un technicien sait reconnaitre le travail d’un autre technicien. « Bas du front » signifie aussi que très vite dans le monde du Rock les musiciens se contentent de quatre accords pour se trouver excellentissimes et ne savent plus reconnaitre la dextérité ou la capacité d’autres personnes en disant qu’ils ont fait le choix de faire une musique efficace et radicale. Je ne fais pas partie de ceux-là. Je pense en effet qu’il est très difficile de faire simple quand on sait faire compliqué mais je pense que ça l’est encore plus de faire compliqué quand on ne sait faire que simple !!! J’espère que tu sais dans quel camp je me range et ça n’est pas le cas de ceux que je baptise parfois « bas du front » ou « intégristes du Metal » !
- Est-ce qu'avec l'âge tes goûts évoluent ? Ou est-ce que tu aurais tendance à revenir à tes premières amours musicales ?
Renaud Hantson : Mes goûts n’évoluent plus réellement mais je suis au plus près, grâce à mes élèves de chant, l’évolution de la musique qui ne me satisfait pas plus que ça mais où certains nouveaux artistes ont un réel intérêt même si je les trouve assez rares. En matière de Hard Rock cela fait bien longtemps que je trouve que plus rien ne s’invente car, comme je l’ai souvent dit, c’est une musique qui a des codes et qui utilise des stéréotypes et des clichés. C’est certainement aussi ce qui me plait dans ce genre même si je crois qu’il est de plus en plus difficile de faire du neuf en matière de Metal.
- Tu écoutes du metal récent ? Quels sont les groupes que tu écoutes toujours depuis ton adolescence, tes "valeurs refuge"....?
Renaud Hantson : Dans les groupes de Metal récents, j’adore Ill Nino qui synthétise pour moi une violence plus Hardcore que ce qui est dans mes goûts naturels mais avec un vrai sens de la mélodie dans chacun de leurs refrains. Mais pour moi rien ne remplacera les Led Zeppelin, Black Sabath, Deep Purple, Grand Funk Railroad, Humble Pie et quelques autres qui sont, comme tu le dis, mes valeurs refuges et qui pour moi restent les musiciens qui ont inventé toutes les bases de ce qui est fait en matière de Hard Rock. Après, qu’on vienne me parler de Trash Metal, Death Metal, Grindcore, Grunge, Stoner, tout cela n’est juste qu’un changement d’accordage, de rythme, de façon de produire le disque ou de le chanter mais très régulièrement les riffs avaient déjà été inventés par les Jimmy Page, Ritchie Blackmore et autres Tony Iommi.
- Peux-tu nous parler de Laurent Karila. Sans lui, il n'y aurait pas eu "Addictions"... Et cet album, a-t-il doublement une saveur particulière pour toi ?
Renaud Hantson : Pour moi ce concept album est le disque ultime de Satan Jokers et sera dans les années à venir jugé comme aussi important que « Les Fils du Metal » en son temps. Laurent Karila est un frère, un ami, un gourou, un « neurone miroir » comme il le dit lui-même. Le travail thérapeutique enclenché à ses côtés n’aurait jamais pu être aussi important pour moi avec un autre psychiatre-addictologue. Ce que nous avons réussi avec Laurent n’aurait pas été réussi avec un autre et ce qui ne touche pas encore au but avec lui serait un échec total avec un autre car j’aurais abandonné en chemin. La différence est qu’avec lui nous avons en plus cette connivence artistique et cette envie d’aider dans la prévention et dans la lutte contre la drogue. Laurent n’avait jamais écrit de paroles de chansons. C’est quelqu’un qui comme moi est capable de travailler dans une urgence et à une rapidité phénoménale. Je n’ai corrigé que quelques détails de ses textes et n’en ai cosigné que quatre sur lesquels je tenais à ce qu’il y ait certains ingrédients puisque cet album parle tout de même des 17 dernières années de ma vie, même si c’est lui qui en a conçu la trame. Il a été aussi important pour moi car il m’a donné cette envie de ressortir un nouvel album de Satan Jokers plutôt que de sortir un DVD live que nous préparions depuis un an déjà. De mon côté je risque d’être également important pour lui en tant que consultant dans son travail à venir, dans le milieu médical et dans sa lutte contre les addictions. Laurent et moi, c’est à la vie à la mort. Je pense d’ailleurs que le prochain album de Satan Jokers sera à nouveau un concept-album que nous sommes déjà en train de préparer calmement et dont il sera très certainement l’auteur.
- Quels sont tes projets pour les prochains mois ? SATAN JOKERS est-il reboosté par cet "AddictionS" ?
Renaud Hantson : Comme je viens de le dire, nous allons très certainement faire un album sur la folie totale, la schizophrénie, la folie meurtrière, un album très « serial killer » et très psychiatrique ! L’album pourrait bien encore dépasser au niveau des idées ce que nous avons échafaudé avec « AddictionS » car nous allons entrer dans le cerveau d’un fou au sens psychiatrique du terme. Nous cherchons encore le contenu exact de ce dont nous allons parler mais c’est en cours.
- As-tu l'impression de commencer une "nouvelle vie" ? Est-ce que vaincre ton addiction peut être assimilé à une nouvelle jeunesse ?
Renaud Hantson : Ma vie à venir sera forcément une nouvelle vie. Ce ne sera pas une nouvelle jeunesse car mon addiction à la drogue étant conjointe à une addiction au sexe, il va falloir au contraire que je réapprenne à avoir des relations sexuelles que je qualifierai de plus « normales » et donc forcément je risque de penser que c’est une régression et un retour en arrière, comme je le dis dans « Poudre Aux Yeux ». C’est en cela que je suis en train de faire un énorme travail sur moi-même. Quand on a été trop loin dans les fantasmes, je n’en décris aucun dans le livre d’ailleurs, il est très difficile de faire machine arrière.
- Tu es passé dans pas mal de médias, la promo a l'air de prendre une vitesse de croisière. Quelles sont les retombées de ton livre jusqu'à présent ? Il t'a permis de faire des rencontres improbables ? de t'aider à comprendre ton parcours ? De sentir une demande pour être une sorte de porte-parole, de guide,... ?
Renaud Hantson : La promo ne fait que démarrer mais en fait les retombées réellement importantes pour moi sont surtout que ce livre me serve de bible et de référence pour arriver à garder le cap que je me suis fixé. Je n’ai jamais caché qu’il y a déjà eu des faux pas et des rechutes depuis l’été où j’ai décidé d’arrêter ma consommation de coke. Plus que des rencontres, il me permet d’avoir des témoignages très touchants de centaines de personnes ayant souffert de multiples choses pas forcément similaires mais tout aussi difficiles. L’alcool, le tabac sont les pires fléaux et ce sont des drogues en vente libre. Cela ne veut surtout pas dire que je considère qu’il faille légaliser des drogues comme la cocaïne, loin de moi cette idée. Il est évident que, pour garder ce cap dont j’ai parlé, être un guide est un but car c’est ce que je fais dans mes cours de chant et de batterie, j’ai l’âme d’un pédagogue et je reviens d’un chemin où j’aurais pu beaucoup plus m’abimer encore. Si ce que je dis peut servir à certains afin de leur éviter de vivre les mêmes mauvaises expériences, tant mieux !
- Es-tu toujours aujourd'hui en pleine thérapie ? Chaque jour est toujours un combat ?
Renaud Hantson : Chaque jour est un combat total, c’est pire qu’un match de boxe ou que les arts martiaux que j’apprécie tant. C’est une motivation de tous les instants qu’il faut pour se convaincre de ne pas replonger et ça n’est en rien simple. Les séances de thérapie effectuées à l’hôpital de Villejuif sont plus espacées et nous avons aujourd’hui avec Laurent une relation de conseiller à conseiller, si je puis m’exprimer ainsi. Je suis en train d’effectuer de grands changements dans ma vie, il est également en train de réaliser de grands projets pour sa vie professionnelle et me demande régulièrement mon avis. C’est un véritable échange que nous avons ensemble à tous les niveaux. Il est fréquent que nous parlions une heure entière au téléphone et que cela serve de séance de thérapie comportementale où il m’est toujours d’une grande aide et d’un grand recours et parfois c’est moi qui lui donne mon point de vue.
- Est-ce que le fait de te jeter à corps perdu dans le boulot est une nécessité pour redonner un sens à chaque instant à ta vie ?
Renaud Hantson : Très certainement. Je suis un boulimique du travail, un « workaholic » comme le dirait Laurent Karila mais j’ai aussi envie de laisser une petite trace même si ce terme peut paraitre un peu orgueilleux ou mégalo. Quand je dis une trace, c’est en pensant que cela serait assez jouissif que d’ici 10 ou 20 ans certains musiciens ou artistes (de Rock ou pas) puissent se dire que j’ai été inventif et régulièrement en avance sur mes productions discographiques ou sur ma musicalité pour notre pays. C’est aussi pour ça que j’accumule les sorties de disques, aussi parce que j’ai peur qu’un jour les disques physiques n’existent plus et je suis très attaché à décortiquer les pochettes des disques que j’achète d’autres artistes ou groupes. J’avais déjà la nostalgie du vinyle, je crains un jour de l’avoir pour le cd et je redoute encore plus le jour où nous ne vendrons tous plus nos créations que de chez nous à travers des mp3 au son médiocre via les tuyaux des réseaux internet. Chacun imprimera (ou pas !!) une pseudo pochette sur son imprimante. Ce sera véritablement la fin d’une époque mais j’espère que ce n’est pas pour tout de suite…
QUESTION BONUS (posée par Stéphane BONNEAU) :
- Cher cousin, ma seule et unique question est : c'est pour quand ce couscous ??? Depuis le temps qu'on en parle, ton fameux resto va bien finir par avoir mis la clé sous la porte avant même que nous n'y soyons allés ! Prends ton temps pour répondre, ton avenir peut en dépendre ! lol !
Trêve de plaisanterie, bises de Sylvie, Isabelle et moi-même à toute la family RH et tout particulièrement ta maman Karine.
Renaud Hantson : Salut cousin, c’est promis on organise ça dans les semaines qui viennent, mais tu sais ce que c’est avec l’âge on perd la mémoire et je n’ai plus tous mes neurones intacts !!! Je suis fier de ce travail accompli ensemble dans les eighties avec Satan Jokers et heureux que nous nous soyons retrouvés ces dernières années, je ne désespère pas de te faire toucher une guitare lors du prochain Satan’s Fest en janvier 2013 pour monter sur scène avec le line up actuel, ce serait un beau moment pour le public et pour nous un magnifique souvenir. Embrasse également toute la SB Family et surtout Isabelle, ta maman, sans qui je n’aurais peut-être jamais fait de 1er disque et n’aurais pas mis un pied dans ce foutu métier à un niveau professionnel, je n’oublierai jamais que c’est grâce à elle que Satan Jokers a pu décrocher un contrat avec « Les Fils du Metal »… A très vite, cousin !!!...
- Merci Renaud. Tu m'as demandé à avoir le dernier mot, je te le laisse donc.
Christophe m’a envoyé le préambule et le résultat de l’interview montée et je lui avais dit qu’afin d’éviter une déception semblable à celle de sa chronique de mon autobiographie, à laquelle j’avais mis pour rire 4/20, que je voulais pouvoir écrire une conclusion à notre rencontre virtuelle sympathique, chaleureuse et musicale. Je vais donc le faire maintenant en lui disant tout de suite que j’ai pris un réel plaisir à répondre à ses questions car elles me permettent de prolonger les non-dits du livre et peut-être de mieux me faire comprendre de certains aficionados du Hard Rock qui me connaissent depuis longtemps sans obligatoirement me comprendre ou m’apprécier. Cette interview fleuve sera aussi, je le sais, dévorée par les plus fidèles des partisans de ma musique tous styles confondus, et je voulais également à travers ces mots les remercier pour la réussite du lancement de ce premier livre-confession qu’est « Poudre Aux Yeux » et surtout leur exprimer ma profonde gratitude pour toutes ces années de fidélité. J’espère ne pas avoir déçu trop de personnes à travers ce que contient cette autobiographie, mes absences, mes fuites en avant et je remercie enfin Christophe DARRAS pour m’avoir proposé cette longue entrevue, deux « activateurs de buzz et de sympathiques polémiques » comme nous ne pouvaient que se rencontrer, alors à bientôt avec Hard Force ou ailleurs…
Renaud.
13-12-2011
MES ALBUMS 2011
Mi-décembre et déjà l'heure des bilans. L'heure pour moi de vous livrer la liste des albums qui m'ont accompagné cette année, mon propre référendum pompeux des « meilleurs albums de l'année ». 2011 aura été marquée par une très grande diversité, un retour en force du metal progressif, des prises de risques de nombreux groupes établis, et une qualité incroyable des productions françaises qui ont rivalisé et dépassé les productions étrangères. En voici mon top 15.
La diversité est telle que se limiter à quinze albums entraine quantité de choix cornéliens. Alors certains albums se retrouvent à la lisière de ce classement. Je pense à l'excellent « End Of The World » de PYG, au groovy premier album de STEP IN FLUID, au retour réussi de SEBASTIAN BACH avec « Kicking And Screaming », au réveil de DREAM THEATER avec « A Dramatic Turn Of Event », à la confirmation de la survie de TEXTURES via son « Dualism », ou encore aux convaincants « Unseen » de THE HAUNTED et « VII : Fodd Forlorare » de SHINING. Tous ces albums, et quelques autres, m'ont accompagné longuement cette année, et ne figurent pas dans mon top pour la stupide raison qu'un top 15 ne comporte que 15 albums, et que 2011 fut pour moi une année riche.
Cette liste n'engage que moi, mais doit bien évidemment s'imposer à vous, car il n'est jamais trop tard pour ouvrir les yeux (et les oreilles).
Voici donc les 15 finalistes, parmi lesquels plus d'un tiers de groupes français, ce qui me réjouit profondément. Je vous souhaite à leur écoute autant de bonheur qu'ils m'en ont procuré.
13 : ÖxxÖ XööX - « Rëvëürt »
12 : SATAN JOKERS – « AddictionS »
11 : ELECTRIC MARY – « III »
10 : DRAWERS – « All Is One »
9 : LOOK TO WINWARD – « Fortunes Haze »
8 : TALANAS – « The Waspkeeper »
7 : STEVEN WILSON – « Grace For Drowning »
6 : DYSFUNCTIONAL – « John Stone Lives »
5 : JOLLY – « The Audio Guide To Happiness Part 1 »
4 : LOUDBLAST – « Frozen Moments Between Life And Death »
3 : BLACK COUNTRY COMMUNION – « 2 »
2 : METALLICA & LOU REED – « Lulu »
And the winner is.....
1 : PAIN OF SALVATION – « Road Salt Two »















































































