Live Report DEFTONES @ Toulouse [Le Bikini] - 11•12•2010

Ce soir, aller assister au concert de DEFTONES c’est un peu comme avoir rendez-vous avec une fille sans être sûr qu’elle viendra. En effet, la date de Toulouse est l’unique concert du groupe de Sacramento dans le sud de la France et par conséquent, annoncée "complet" depuis plusieurs semaines. C‘est donc avec la crainte de ne pouvoir me frayer un chemin parmi les fans venus de départements différents que je m’approche du guichet, les mains dans les poches, en espérant ne pas prendre le rôle, pour un soir, du cheveu dans la soupe.


© Photo Raphaël Roques 2010

A ma plus grande satisfaction, le concert n’a pas commencé, l’ouverture des portes étant à 19h pour une première partie prévue trente minutes plus tard. L’arrivée tardive des deux tiers du public à avoir son billet, oblige la production à décaler le lancement de DOYLE, jeune groupe de Paris dont l’album "And Gods Will…", paru cette année, a été mixé par Ulrich Wild, ingénieur du son et producteur, également connu pour ses prouesses sur des albums de WHITE ZOMBIE, SLIPKNOT, PANTERA, PRONG, INCUBUS, LIMP BIZKIT, la liste est longue …et trois albums de DEFTONES (tiens donc !), que sont "Adrenaline", "Around The Fur" et "White Pony".
Il n'est donc pas surprenant de retrouver ces cinq garnements en ouverture de la bande à Chino. Après le passage des doubles portes, me vient à l’esprit une interrogation : suis-je devenu sourd ou ai-je des bouchons de mousse dans les oreilles ? Rien de tout ça, DOYLE ne bénéficie pas du tout de l’expérience d’un ingénieur du son captivé par les paramètres du groupe suivant. C’est non seulement un volume assez bas, mais aussi des basses qui m’obligent à me pincer le nez pour créer une décompression afin de récupérer un peu d’aigu. Essayez, vous verrez, ça fonctionne, mais pas suffisamment ce soir.
DOYLE bouge, malgré un chanteur difficile à entendre, même lorsqu'il s’adresse à un public en attente de la tête d’affiche, donc peu attentif à la prestation des bonshommes.


© Photo Raphaël Roques 2010

Avoir le privilège de voir DEFTONES, c’est revivre cette émotion que je ressens à chaque écoute d’un morceau comme "Be Quiet And Drive (Far Away)". Quand je repense aussi à un individu qui se demande pourquoi DEFTONES fait partie de la scène metal, je ne peux que sourire avec l’envie pressante de lui dire que les premières notes de "Rocket Skates" suffisent à elles-mêmes pour nous prouver à tous, qu’il ne s’agit pas là d’un groupe de pop/rock comme certains nomment ainsi toute formation utilisant une guitare.
C’est bel et bien un ton en-dessous que la guitare de Stephen Carpenter est accordée et avec le titre précité (1er single du nouvel album), le show débute.
Aveuglé par une rampe de spots alignés derrière le batteur Abe Cunningham et Frank Delgado le claviériste/programmeur, je grimace, car le son est enveloppé par un tourbillon de basses qui étouffe un peu le chant de Chino Moreno et la six cordes dans la foulée. L’ingénieur du son, derrière moi, rééquilibrera les réglages préparés dans une salle vide et progressivement l'égalisation sera d'une efficacité redoutable à l’arrivée de "Around The Fur", "My Own Summer (Shove It)" et "Be Quiet And Drive (Far Away)" enchaînés… Je fonds littéralement.



Je m’aperçois plus tard que les titres extraits d’un même album sont interprétés à la suite, c’est le cas pour "White Pony" avec "Elite", "Knife Party", "Korea" et "Digital Bath", où Chino n’oublie pas de citer Chi Cheng, dans le coma depuis le 4 novembre 2008, pour lequel chaque média, photographe et autre invité, aura versé gracieusement 5€ à la fondation en charge de récupérer des fonds nécessaires aux soins du bassiste.
DEFTONES, après avoir décidé de commencer par "Rocket Skates", revient sérieusement sur "Diamond Eyes". Je précise sérieusement, car ce ne sont pas moins de sept chansons issues du disque qu’avec plaisir je reçois l’efficacité, en essayant de grimper comme je le peux sur une barrière à ma droite, pour que mon champ de vision puisse éviter deux personnes anormalement grandes, qui passeront ensuite le reste du concert derrière moi ! Après tout, le règlement devrait stipuler, en plus de l’interdiction de fumer (ils se reconnaitront), l’obligation pour les grands (de taille), de se positionner à l’arrière !


© Photo Raphaël Roques 2010

Je profite des estrades installées sur la scène pour apprécier l’occupation qu’en fait Chino, tel un maître du monde et "Diamond Eyes" pointe le bout de son nez avec son rythme lourdement groove et son chant à la fois aérien et mélodique. "CMND/CTRL", "Risk", "Beauty School", "Prince", "You’ve Seen The Butcher" et le dernier single "Sextape" suivent le pas.
Le groupe est on ne peut plus professionnel, rares sont les temps morts… Un bref regard, mais suffisamment long sur Abe et sa façon de jouer, me rappelle que le batteur est un amoureux des musiques flirtant avec l’acid jazz et le duo rythmique qu’il forme aux côtés de Sergio Vega à la basse (QUICKSAND), pose une assise aux morceaux qui feront sauter sur place le public à la simple demande de Chino.
L’album éponyme paru en 2003 n’est pas épargné ce soir avec "Bloody Cape" et "Minerva" avant de retrouver trois nouveaux extraits de "White Pony" dont le célèbre "Back To School (Mini Maggit)" aux accents hardcore prononcés.


© Photo Raphaël Roques 2010

Inutile d’attendre un rappel, la set-list se termine nous servant sur un plateau d’argent, une dose d’adrénaline composée de "Birthmark", l’excellent "Root", "Engine n°9" et "7 Words", une série pleine d’énergie qui sera victime d’une coupure en régie son de quelques secondes, ressemblant, grâce à l’expérience de DEFTONES, à un break tant la reprise sur une pèche rythmique laissée plus tôt, relance les premiers rangs dans sa frénésie qui lors de cet événement peu commun je l’avoue, durera 1h 45 !
Il est 22h46, suis-je donc le seul à me souvenir que DEFTONES joue en Suisse le lendemain? Le groupe ayant quitté la scène, ne reviendra donc pas, la route est longue …un petit peu pour moi aussi. Mais ce soir je ne suis pas pressé et je repose mon esprit lentement en me demandant quel sera le prochain groupe qui me fera passer un aussi agréable samedi soir.
(Godzilla)


© Photo Raphaël Roques 2010

Remerciements à Raphaël Roques (photos) et TheBloodyDrummer666 (vidéo).

Set-list DEFTONES :

Rocket Skate
Around The Fur
My Own Summer (Shove It)
Be Quiet And Drive (Far away)
Elite
Knifr Party
Korea
Digital Bath
Diamond Eyes
CMND/CTLR
Risk
Beauty School
Prince
You’ve Seen The Butcher
Sextape
Bloody Cape
Minerva
Passenger
Change (In The House Of Flies)
Back To School (Mini Maggit)
Birthmark
Root
Engine N°9
7 Words

http://www.deftones.com/

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