METALIVE MEETING FESTIVAL @ Lomme (Lille) - 16/17•03•12 [live-report] par Julien Cambien


Difficile de trouver la Maison Folie Beaulieu, située dans un quartier pas forcément facile d’accès à Lomme, à quelques minutes de Lille. Et pourtant, durant deux jours, Nao Noïse Productions et Dream On Production voient les choses en grand, nous offrant la première édition du Metalive Meeting Festival accompagnée d’une exposition photos intitulée "Un Autre Reg(h)ard", ainsi qu’une conférence à laquelle Nicolas Benard et Arnaud Ströbl participent.
Si j’attendais avec impatience la tête d’affiche du second jour, je n’en étais pas moins curieux d’assister à la prestation des trois formations du premier. Des formations rendant hommage à des groupes cultes.


DYNASTY inaugure le festival, rendant hommage à KISS.
Dans la salle, des spectateurs de tout âge, même si l’on remarque une écrasante majorité de quadras/quinquas. Et fort logiquement, le public espère se régaler, revoir les maquillages de Gene Simmons et compères, revivre des moments forts les ayant émerveillé il y a quelques années déjà.

Mais voilà, en dépit d’un public qui semble apprécier ce qu’il voit (malgré les nombreuses personnes sortant avant le dernier titre du set, n’attendant visiblement que « I Was Made For Lovin’ You »), il y a trop de larsen, trop de notes ratées, et un chant de plus en plus décevant au fil des minutes, je ne peux m’empêcher d’imiter une partie du public, et fuir la salle sitôt le grand classique terminé... Même le jeu de scène s’avère trop plat pour redonner du tonus à une prestation qui aurait dû en avoir nettement plus.
Set-list DYNASTY :
- Dynasty
- Deuce
- Strutter
- Hotter Than Hell
- Firehouse
- Calling Dr.Love
- Love Gun
- I Love It Loud
- Lick It Up
- Shout It Out Loud
- God Of Thunder
- I Was Made For Lovin’ You
- Rock And Roll All Nite

Changement radical avec les COVERSLAVE, qui vont, eux, rendre un magnifique hommage à IRON MAIDEN.
Pourtant, tout avait mal démarré, leur set faisant face à deux coupures d'électricité dès les premières secondes. De quoi agacé et déconcentré plus d’un groupe. COVERSLAVE ne semblera pas pour autant perturbé par ce fait, nous gratifiant d’un excellent set.

La force du groupe repose notamment sur son chanteur, Stéphane Graziani, doublure parfaite d’un Bruce Dickinson, occupant avec brio la scène, mettant l’ambiance en s’adressant régulièrement au public, rapidement conquis par le spectacle proposé.
Les autres membres quant à eux campent sur leur position, mais c’est bien là le seul reproche que l’on pourrait faire à cette formation, car les plus grands classiques, les morceaux ayant fait la gloire des légendaires IRON MAIDEN, sont interprétés avec beaucoup de talents.

A noter également l’intervention d’un Eddie, suscitant l’admiration d’un gamin d’une dizaine d’années, béat devant cet emblème.
Les COVERSLAVE ont gagné leur pari : faire de cette prestation une pure réussite, loin devant ce que nous réserve la tête d’affiche.
Set-list COVERSLAVE :
- Intro
- Wicker Man
- Two Minutes To Midnight
- The Trooper
- Can I Play With Madness
- Revelation
- Flight Of Icarus
- Moonchild
- Bring Your Daughter To The Slaughter
- Fear Of The Dark
- The Number Of The Beast
- Run To The Hills

La tête d’affiche, si on peut encore l’appeler ainsi vu les déboires du monsieur, va en décevoir plus d’un. Nettement même. Paul Di’Anno arrive, et l’image d’un vieillard muni de sa perfusion, errant dans les couloirs d’un hôpital ne me quittera pas de la soirée. Une impression de voir Ozzy.
L’ancêtre d’IRON MAIDEN arrive enfin jusqu’à son micro et débute alors une piètre prestation vocale. J’insiste bien sur le fait que ce naufrage ne se limite qu’au chant, puisque les musiciens ne sont autres que les membres de COVERSLAVE. Ces derniers ont donc sauvé la prestation de cette “tête d'affiche” qui aura connu une descente aux Enfers, durant laquelle il consacra une grande partie de son temps à l’alcool, la drogue, le sexe et la musique. Certes, on a là le stéréotype de la vraie rock star. Sauf que celle-ci est sur le déclin depuis des années. Alors quand on assiste à un tel massacre, on ne peut qu’être agacé par le comportement de la dite “rock star”, tout bonnement incapable de réussir quoi que ce soit : “Wrathchild” ? Ecorchée. “Phantom Of The Opera” ? Ruinée. “Running Free” ? Mes oreilles saignent, je quitte la salle, dépitée par ce piètre spectacle, mettant un terme à la première journée du festival.
Setlist Paul Di'Anno :
- Ides Of March
- Wrathchild
- Killers
- Prowler
- Phantom Of The Opera
- Remember Tomorrow
- Charlotte The Harlot
- Transylvania
- Running Free
- Sanctuary
- Murder In The Rue Morgue
- Iron Maiden


Deuxième jour :

Le concert du samedi commençant plus tôt, je rate la quasi-totalité de la prestation du premier groupe, SKYSOPHRENIA. C’est donc avec LOPSIDED que je débute réellement cette journée. C’est devant un public très peu nombreux que les protégés de Dream On Prod se présentent et distillent avec succès un set alliant à merveille rock alternatif et metal, combiné à des touches de prog'.


Les passages mid-tempo/chant clair sont réussis et permettent à Nico de se reposer un peu, le chanteur est en effet survolté sur scène, courant partout, tout en hurlant. Néanmoins, s'il est très dynamique, on peut regretter qu’il n’en soit pas de même pour les guitaristes, qui ne profitent pas de l’espace que leur offre cette scène. Seul le bassiste, à moindre échelle, se lâche un minimum. Une prestation plaisante, synonyme d’au revoir pour le batteur, participant là à son dernier concert avec les LOPSIDED.
Setlist LOPSIDED :
Intro
Mad Martigan
The Outlet
Ramparts
A Drift
Gripped By Fear
For A Black Sheep
Another Parallel Road

A FAILING DEVOTIONvient alors marquer un changement brutal, proposant un style totalement différent de ce que nous offrait le précédent groupe. Un metalcore qui va désormais être proposé sur album, le groupe en assurant la promotion aujourd’hui. N’ayant pu découvrir ce que vaut cette formation en studio, je ne peux, en revanche, cacher le fait que A FAILING DEVOTION est doté d’un grand potentiel sur scène, emmené par Max, le chanteur totalement déchaîné, courant de droite à gauche, sans omettre de balancer ses lignes de chants avec puissance.

Pour l’accompagner, Rémy nous montre l’étendue de son talent derrière les fûts, une très bonne technique faisant des merveilles au sein des riffs ravageurs de la paire Toph-Alex.
Seul point faible, le chant clair, dont je ne suis déjà pas un fervent partisan dans le metalcore, subira les aléas relatifs à tout concert : un son capricieux.
Mais les Dunkerquois ont une nouvelle fois proposé un show de qualité, faisant ainsi la plus belle des promotions pour leur futur opus et leur premier clip video (“Summer’s Gone”, dévastatrice en live !).
Setlist A FAILING DEVOTION :
Destiny
Mass Mental Disorder
Summer’s Gone
Catharsys
Interlude
Immortal
Chained
Restons dans ce monde de brutes, j'ai nommé : THE SATIVA LEAGUE. Groupe que j’attendais avec impatience après tout le bien que j’en avais entendu. Une chose est sûre, THE SATIVA LEAGUE refuse de se soumettre à un style en particulier, piochant ses influences dans tous les genres, rendant ses compositions totalement déstructurées, tant et si bien que l’on se retrouve très vite déstabilisé.

Forcément, pour apprécier leur show complètement barré mais très intéressant, il nécessaire de bénéficier d'un son qui tienne la route.
Malheureusement pour les Picards, ce ne sera clairement pas le cas aujourd’hui ! Au lieu de prendre la claque tant attendue, la déception de ne pas profiter du set prend le dessus sur une éventuelle curiosité... Je décide donc de prendre la température au bar à deux titres de la fin. Dans de meilleures conditions, il y a de fortes chances pour que l'inverse se passe.
Setlist THE SATIVA LEAGUE :
Incoming Message
Blowback
Amazing Grass
Shapeshifters
Save The Last Dance
Flying Bride
Deadly’s Ends Judge
Blacken The Cursed Sun
Quinze jours après leur passage au Betizfest, on retrouve nos très chers GENERAL LEE. Une nouvelle fois, un set laissant pantois une grosse partie de la salle, qui tarde à se remplir. Dans une ambiance intimiste (comprenez dans le noir complet…), et dans des conditions acoustiques une nouvelle fois douteuses, GENERAL LEE tente de proposer une prestation aussi torturée et délurée qu’il y a deux semaines.

Le groupe ne le réussira pas mais confirmera tout le bien que l’on peut penser de lui, en commençant par Arnaud dont l’attitude sur scène montre un garçon à fond.
L’ambiance terriblement pesant de “Drifting” finira par nous achever, mettant la touche finale à une prestation de haute volée.
Setlist GENERAL LEE :
When Vultures Descend To Feed
Torches
The Red Room
Medusa Howls With Wolves
Colossal Rains
Path Of The Unicorn
Drifting”
ASHURA était initialement annoncé, mais des problèmes inhérents au groupe ont obligé les Amiénois à annuler leur participation quelques jours avant.
C’est ainsi que l’on retrouve COLOSSUS, groupe écumant régulièrement les salles de la région, distillant un deathcore “made in COLOSSUS”, avec une telle passion que le public « coreux » et/ou ouvert d’esprit ne peut qu’apprécier.
Mais à force de les voir (au bas mot, une douzaine de fois en deux ans…), cela n’a plus le même charme, notamment quand l’un des deux chanteurs manque à l’appel. Pour autant, à l’instar des A FAILING DEVOTION, le groupe dégage une impressionnante énergie, notamment par l’intermédiaire de son chanteur Jordan, qui doit probablement trouver la scène beaucoup trop petite.

 A ses côtés, les autres membres font également forte impression. Qu’il s’agisse de Delphine et Maxime aux guitares, Grégoire qui rend grâce à la basse ou encore Romain domptant sa batterie, tous font de COLOSSUSl’un des groupes les plus intéressants de la scène régionale actuelle.
Setlist COLOSSUS :
Hammer Rises
Schizophrenic Projection
The Alzheimer’s Project
Sample
Germs Of Sadness
Inner Insanity
No Signal Cellphone
Après avoir pris deux claques monumentales lors de sa tournée 2011 avec SEPTIC FLESH, et quelques mois auparavant avec LIVARKAHIL & THE ORDER Of APOLLYON, je retrouve l’un des groupes phare de la scène metal extrême française : SVART CROWN.
La salle a du mal à se remplir, et ne le sera pas plus à la fin de la soirée. Mais cela ne perturbera pas la formation qui nous propose son death/black dévastateur, sorti des ses tripes.

L’album “Witnessing The Fall” est une réussite, ça l’est encore plus en live. “Colosseum” (précédé de l’intro “Where The Light Ends”), nous plonge dans le vif du sujet et les non-initiés vont rapidement comprendre que SVART CROWN ne fait pas dans la dentelle.
“Into A Demential Sea” ou “Dogs Of God” sont exécutés avec une précision chirurgicale et renforcent un peu plus le fait que le quatuor est un véritable rouleau compresseur.  



 Au chant et à la guitare, JB est toujours aussi charismatique et contrairement aux groupes précédents, il n’a pas besoin de bondir pour captiver l’audience. A la batterie, Nico donne encore un peu plus d’intensité à cette prestation exemplaire, si l’on écarte les quelques problèmes de son rencontrés. Une nouvelle fois, SVART CROWN aura offert un set parfaitement maîtrisé, personnel et mémorable. Du grand art.
Dernier groupe de la soirée : THE CNK (alias COSA NOSTRA KLUB, COUNT NOSFERATU KOMMANDO). Là, certains diront que je ne peux être objectif. ANOREXIA NERVOSA étant l’un de mes groupes fétiches, je m’impatientais de voir RMS Hreidmarr à l’œuvre. De nombreuses personnes estiment que ce groupe est tendancieux. Pourtant, les clichés sont tellement poussés à l’excès que le second degré crève les yeux, et c’est là que naît et perdure toute polémique.

Banderoles CNK de part et d’autre de la scène, drapeaux d’un smiley renfrogné sur fond rouge et AK47 arborée par Hreidmarr dès le premier titre “Get A Gun, Shoot At Random”. Leur metal totalitaire, provocateur et Ô combien accrocheur vient anéantir une salle peu remplie, dans laquelle fans du groupe et petits curieux se mêlent.
Pour appuyer un peu plus sur la pédale « provocation », des photos et vidéos sont projetées sur un grand écran au dessus de la scène, enfonçant un peu plus le clou sur “Dinner Is Ready”, titre aux messages délicats destinés à PETA, mêlés à de courts extraits de découpe de viande dans un laboratoire de boucherie. Bref, tout est fait pour accentuer ce côté provoc’ limite parodique du groupe de Mr Heinrich.


Les premières secondes suffisent à mon bonheur, je suis conquis devant une telle prestation , ainsi que pour toute la durée du set.
A la basse, Zoé dont le sourire malsain, dû au maquillage, n’est pas sans rappeler le « Joker », elle semble complètement névrosée ! Ce côté malsain est maîtrisé d’une telle façon qu’elle force le respect. HDK, régulièrement debout derrière la batterie, semble être possédé par sa batterie, son incapacité à rester assis, ne serait-ce qu’une minute, montrant une énorme envie de faire le show. Mr Heinrich quant à lui, donne davantage l’impression d’être le plus calme de tous, mais le plus maléfique. Rose Mother Sucking Hreidmarr en revanche, est survolté et essaye de faire exploser ce public restreint, qui s’est vidé de quelques spectateurs n’ayant pas adhéré, prenant le style du groupe et ses thèmes au premier degré.


Peu importe, restons entre gens qui apprécient ce mélange sympho/électro, l’occasion de nous replonger dans les deux albums “Ultraviolence Über Alles” et “L’Hymne A La Joie”, pour ensuite entendre deux reprises : “Sabotage” des BEASTIE BOYS et “I Am The Black Wizard” d'EMPEROR.
Toutes les bonnes choses ont une fin, et lorsque débute “Cosa Nostra Klub”, c’est avec le sentiment que le set est passé beaucoup trop vite que le public et moi-même prenons une énième claque ! Cette performance à la fois auditive et visuelle s’achèvera sur une reprise de MÖTLEY CRÜE, “Too Fast For Love”, histoire d’en remettre une couche.
Setlist THE CNK :
Get A Gun, Shoot At Random
Total Eclipse Of Dead Europa
Jim Bean Ahnenerbe TV
Vote For Winners
Political Police
The Doomsday
I Am The Black Wizard (EM cover)
Dinner Is Ready
Sabotage (BEASTIE BOYS Cover)
Cosa Nostra Klub
Too Fast For Love” (MÖTLEY CRÜE Cover)
En dépit d’un public malheureusement absent sur cette seconde journée, cette première édition du Metal Live Meeting ne pourrait être la dernière, tant ce festival a offert à ses spectateurs une affiche de qualité et des groupes à la hauteur des attentes du public.
Céline et Alex (Dream On Prod et Nao Noise), organisateurs du concert, ont su gérer les quelques impondérables qui se sont présentés à eux, et il convient de les féliciter fortement, tout comme je remercie les bénévoles (notamment François et Melle Mira pour leur accueil chaleureux). Le rendez vous est pris pour la deuxième édition.


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