29-05-2011
CHILDREN OF BODOM, ou le minimum syndical @ Toulouse (Bikini) - 09•05•2011 [live-report]
A l’approche du concert de CHILDREN OF BODOM, les esprits s’excitent, les cœurs battent et se réveillent les souvenirs de spectacles que l’on attend, impatients.Je plaide coupable ! La dernière fois, c’était avec PRIMAL FEAR le 26 février 2001 que je vis les Finlandais… Je l’avoue fièrement, ils m’avaient impressionné par ce mariage subtil d’une rythmique aux accents thrash/death et de solos agréablement heavy. C’était la période "Follow The Reaper". "Something Wild" trois ans plus tôt, m’avait botté les fesses.
Cette unique date dans le sud de la France explique des préventes conséquentes et le débarquement d’une horde peuplée de cheveux longs, venus de départements voisins. Depuis le temps que l’on nous bassine avec l’arrivée de "Relentless Reckless Forever", il fallait voir ce que donnerait cet album, (que je ne qualifierai pas de "meilleur" dans la discographie du groupe), sur scène.


Gazz (MACHINAE SUPREMACY) - 2011 © Raphael Roques
Comme à son habitude, 20% du public boude la première partie. Il est tôt et pour les sudistes, je dirai qu’il est plus l’heure de l’apéro que celui d’un concert.
MACHINAE SUPREMACY ouvre cette soirée annoncée torride et rythmée. Quand on a pas eu l’occasion d’écouter ces Suédois sur disque, avant de les découvrir sur scène, on ne peut qu’être profondément déçu par leur prestation. Malgré un heavy speed mélodique rappelant les heures de gloire de certains groupes germaniques, MACHINAE SUPREMACY n’est pas toujours en place et je suis loin de prendre le même plaisir qu’à la vision de leur dernier clip, par exemple. Le chanteur Robert"Gazz"Stjärnström est souvent un ton en dessous dans les couplets, ce qui efface littéralement le volume du chant. Je vous fais grâce d’autres détails que la formation pourtant très intéressante sur CD, devra travailler en répétition.

Petri Lindroos et Markus Toivonen (ENSIFERUM) - 2011 © Fred Moocher
Je fais partie ce soir de la minorité ne connaissant ENSIFERUM que de nom. Je suis encore une fois venu sans mon glaive et mon bouclier mais par chance, la bataille qu’accomplit le groupe est ordonnée, sans faille, digne d’une tête d’affiche. Je suis attentif à la livraison musicale d’ENSIFERUM, me faisant penser à cette façon qu’ont certaines formations finlandaises, de réussir à intégrer des lignes mélodiques et folkloriques sans entacher leurs rythmiques metal ni, et c’est le plus important, plagier leurs cousins.
Appelez ça comme vous voulez, je suis personnellement contre les étiquettes qui s’obstinent à qualifier un groupe de païen, tout simplement parce qu’il inclut des notes celtiques ou d’autres issues de son folklore national.
Ceci étant, j’ai la nette impression à ce moment de la soirée, que le public n’est pas venu uniquement pour CHILDREN OF BODOM… Il participe, s’exprime et sait reconnaitre une prestation millimétrée, épique et charismatique. ENSIFERUM s’impose et même si son chanteur Petri Lindroos est concentré sur son chant et sa guitare, il n’en reste pas moins attractif, aidé du bassiste Sami Hinkka qui se charge de secouer un public conquis.
Les chansons s’enchaînent, huilées et honorablement offertes avec des chœurs conçus pour motiver d’éventuels guerriers à l’assaut... Ces 45 minutes restent gravées dans ma mémoire...

Sami Hinkka et Emmi Silvennoinen (ENSIFERUM) - 2011 © Fred Moocher

Alexi Laiho et Janne Wirman (CHILDREN OF BODOM) - 2011 © Fred Moocher
CHILDREN OF BODOM et son excellent guitariste/chanteur Alexi Laiho, très bon technicien mais fervent membre de la "beaugossitude", attirant vers lui toutes les midinettes, téléphone portable soudé à la main, beaucoup plus portées sur son physique que sur ses lignes mélodiques jouées à la limite du grand écart !
10 ans après, le constat du contraste est là. Certes le groupe est en place, délivre un set presque parfait, je regrette la place très peu réservée à certains titres des trois premiers albums. Après tout, CHILDREN OF BODOM est là ce soir pour promouvoir son dernier album "Relentless Reckless Forever".
Au bout de seulement deux morceaux, Alexi mime le geste que fait un arbitre ordonnant au banc de touche un changement… Le chanteur/guitariste s’absente quelques longues secondes pour revenir avec un autre instrument... Les introductions interminables sont parfois pratiques dans ces moments d’infortune.
Le contraste dont je fais allusion est celui de la communication avec le public. Ce soir, celle-ci est inexistante, le set s’exécute telle une corvée. Le single "Was It Worth It?" (premier titre du rappel), comme sur l’album, se détache des autres chansons dont les structures de base (couplet, pré-refrain, refrain et solo mélodiquement démonstratif), se ressemblent comme plusieurs gouttes d’eau qui émergent tout de même sur le front des premiers rangs d’un bikini à 70 % pré-pubère.
Mon avis est simple : INSIFERUM remporte la palme, tandis que CHILDREN OF BODOM ne s’est contenté que de faire le minimum syndical. N’en déplaise à ses fans. Les Finlandais auraient pu faire l’effort de jouer plus de 75 minutes pour les quelques 1300 personnes ayant répondues "présent", un lundi soir.
Allez Alex, souris un peu! Il n’y a pas le feu au Lac Bodom et tu n’es pas un monstre… du rock ! (Godzilla)

Alexi Laiho (CHILDREN OF BODOM) - 2011 © Fred Moocher
CHILDREN OF BODOM set-list :
Not My Funeral
Bodom Beach Terror
Needled 24-7
Shovel Knockout
Roundtrip To Hell And Back
Children Of Bodom
Hate Me!
In Your Face
Living Dead Beat
Angels Don't Kill
Blooddrunk
Follow The Reaper
Downfall
Rappel
Was It Worth It?
Everytime I Die
Hate Crew Deathroll
Merci à Mike (My Reference Events), Julien (K Productions), Fred Moocher et Raphael Rocques(photographes), TheBloodyDrumer666 (vidéo) et toute l'équipe du Bikini.























































