ALICE COOPER / THE TREATMENT @ Le Zénith - Toulouse le 05•11•2011 - Live-Report par Ludovic Fabre

Le légendaire Alice Cooper est ce soir dans ma ville! J’en tremble encore…
Quel immense plaisir d’avoir à rédiger ce live-report quand on est fan comme je le suis, de ce très grand monsieur du rock !
Mon histoire d’amour avec Alice a commencé en 1986, j’avais alors treize ans. Je lisais assidument la presse spécialisée de l’époque, et avant même de connaître sa musique, ses photos et son image me fascinaient; ses dernières années, Mister Cooper était visiblement au creux de la vague (problèmes d‘alcoolisme…), mais en ce 22 septembre 86, redevenu sobre, il sortait un album bien plus hard-rock que ses précédents : «Constrictor», avec le fameux boa du même nom sur sa pochette ! Signant par la même occasion un titre («He’s Back (The Man Behind The mask)», en version horror-pop), sur la bande-originale du film «Vendredi 13» et s’entourant d’un guitariste body-buildé extrêmement talentueux : Kane Roberts.

Le disque ne fut pas forcément un succès commercial, mais j’étais tombé sous le charme ! L’année suivante, il restera dans le domaine du heavy-metal avec «Raise Your Fist And Yell», avant de connaître à nouveau un succès immense en 1989 avec son désormais célèbre album «Trash» et sa collaboration avec Desmond Child.


Photo 2011 © Fred Moocher

Aujourd’hui, grâce à internet, nous avons accès à un nombre infini d’informations en quelques clics : vidéos rares, interviews, biographie détaillée, discographie, photos de concert, merchandising, etc. Mais à l’époque, je parle donc de la seconde moitié des années 80, les seules infos que je pouvais avoir d’un artiste comme Alice Cooper étaient les quelques articles dans la presse et le bouche à oreilles entre fans.

Je ne savais donc pas exactement combien d’albums l'artiste avait sorti avant ce «Constrictor», et quelque part, c’était assez magique : en 1986 je m’approvisionnais surtout en cassettes (et quelques vinyles), par le biais de magasins d’articles d’occasions, et à chaque fois que je tombais sur un album d’Alice Cooper, si mon argent de poche me le permettait, je l’achetais ! Ainsi, je reconstituait sa discographie dans le désordre petit à petit !

En quelques années j’ai ainsi découvert des albums aussi différents que «Dada», «Love It To Death», «Flush The Fashion», «Killer» (probablement mon préféré), «Zipper Catches Skin», «School’s Out», «Special Forces», «Welcome To My Nightmare»… Et je ne m’en suis jamais lassé.


Photo 2011 © Fred Moocher

J’ai vu une quantité non négligeable de ses concerts en vidéo durant toutes ses années, mais mon baptême du feu est bel et bien son big-show au Hellfest en 2010. Mémorable en tous points !
Ce soir il est à Toulouse, et pour rien au monde je ne raterais ce rendez-vous !
Il faut préciser que sa dernière "visite" dans la ville rose, remonte au 30 Janvier 1982 à La Halle aux Grains, à l’époque il assurait pas moins de douze dates en France ! Mais j’étais beaucoup trop jeune pour être de la fête...


THE TREATMENT - 2011 © Fred Moocher

Petite incertitude avant le début du concert et informations contradictoires : première partie ou pas ? Finalement oui avec les anglais THE TREATMENT.
Cela n’a pas toujours été le cas ces derniers temps, mais là nous avons enfin un groupe d’ouverture cohérent et une très bonne découverte pour ma part avec leur hard-rock marqué "late 80’s / early 90’s" et bien pêchu !


THE TREATMENT - 2011 © Fred Moocher

Ces jeunes chevelus de Cambridge, se donnent sans retenue aucune et leur énergie est communicative : on pense parfois au GUNS des débuts (toutes proportions gardées), ou plus récemment à AIRBOURNE, et mis à part un titre un peu plus gentillet moins à mon goût, je suis plus que positivement surpris par ce "classic" hard-rock british vaguement old-school !


THE TREATMENT - 2011 © Fred Moocher


THE TREATMENT - 2011 © Fred Moocher

C’est à une bonne partie de «Welcome 2 My Nightmare» dont nous avons droit, le dernier album de qui vous savez, mais en musique de fond dans la salle, en guise d’interlude !
A 21h00 les lumières s’éteignent… IL est là, caché quelque part derrière la scène, prêt à nous mystifier, nous ensorceler, nous hypnotiser, nous charmer...


Alice Cooper - 2011 © Fred Moocher

Le prologue de «The Black Widow» (1), par le "Curator" Vincent Price (2), sur l’adoration et la dangerosité fascinante de la veuve noire se fait entendre...
C’est ensuite Alice qui conclura par ces mots : "These words he speaks are true, we're all humanary stew if we don't pledge allegiance to… The Black Widow".

Le rideau tombe et le maître de cérémonie apparaît en haut d’une estrade mobile avec son blouson-araignée du meilleur effet et des feux d’artifices dans les mains...
Le show est enfin lancé et le gamin de 13 ans qui a découvert Alice Cooper vingt-cinq ans plus tôt, est ravi !


Alice Cooper - 2011 © Fred Moocher

Vincent Damon Furnier aura 64 ans le 04 février 2012, et plus d’un rêverait d’avoir sa forme tant il se donne à fond. Alice Cooper joue même la carte de l’autodérision lorsqu’il se courbe, recroquevillé comme un vieillard sur sa canne.
C’est une bête de scène, on le savait, au show parfaitement réglé et encore aujourd’hui bien loin d’être pathétique, ridicule ou trop usé : il assure le spectacle et tient le public du Zénith dans son gant de cuir noir… Chapeau bas, monsieur Cooper.


Alice Cooper - 2011 © Fred Moocher

Cette légende vivante du rock a toujours su s’entourer de musiciens de talents, et c’est toujours le cas avec pas moins de trois guitaristes, dont Steve Hunter (présent sur le disque «Billion Dollar Babies» et les quatre premiers albums solo d’Alice), six-cordiste du même âge que le chanteur et au palmarès impressionnant puisqu’il a déjà joué ou écrit pour Lou Reed, David Lee Roth, Tracy Chapman, Peter Gabriel, Meat Loaf ou encore AEROSMITH (excusez du peu…), la jeune anglo-australienne Orianthi Panagaris (qui elle a jouée avec Prince, Michael Jackson peu avant sa mort, Steve Vai et, en quelque sorte, filleule de Carlos Santana avec lequel elle débute sur scène à l'âge de 15 ans), et Tommy Henriksen.


Steve Hunter - 2011 © Fred Moocher


Orianthi Panagaris & Tommy Henriksen - 2011 © Fred Moocher

On ne va pas se mentir : niveau performances vocales, Alice Cooper n’a jamais prétendu être au niveau d’un Ronnie James Dio, Robert Plant ou Ian Gillan, mais sa présence extraordinaire, son charisme unique et son richissime répertoire supplantent aisément la simple technique. De plus, sa voix n’a pas bougé d’un iota et ce soir, elle sera tout simplement impeccable.

Concernant la set-list, le Maître a compris depuis longtemps que la grande majorité du public est là pour entendre ses grands classiques plutôt que ses nouveaux morceaux (seul «I’ll Bite Your Face Off», extrait de «Welcome 2 My Nightmare», sera joué !).
L’enchaînement sans aucun répit de titres d’anthologie de sa période 70’s est impressionnant avec «I’m Eighteen», «Under My Wheels», «Billion Dollar Babies», «No More Mr Nice Guy», «Is It My Body» et même un de mes préférés : «Halo Of Flies».


Chuck Garric, Alice Cooper, Orianthi Panagaris & Tommy Henriksen
2011 © Fred Moocher

La soirée se poursuit avec «Cold Ethyl», «Muscle Of Love», «I Love The Dead», une version de «School’s Out» sur laquelle viendra se greffer intelligemment un couplet de «Another Brick In The Wall» des Floyd et enfin, «Elected», où le candidat Cooper vêtu de la "marinière" de l’équipe de France de football (floqué à son nom et au n°18 évidemment !), viendra défendre ses arguments pour la présidentielle 2012 : "I know you have problems in Toulouse, Marseille or Paris… And you know what ? I don’t care !". C’est clair, je vote pour lui !

Des titres plus récents (enfin, c’est relatif), seront aussi joués, tels que «Brutal Planet» en début de concert, «Poison», «Hey Stoopid» et une belle surprise pour les inconditionnels dont je fais partie : «Clones (we’re all)», chanson issue de l’album «Flush The Fashion» (1980), sans oublier l’incontournable ballade «Only Women Bleed».


Alice Cooper - 2011 © Fred Moocher

En restant un tant soit peu objectif, le show n’est pas si énorme que ça non plus, on a droit à tout de même à une entrée en scène spectaculaire, à la guillotine et sa fameuse décapitation ainsi qu’à un Alice « Frankensteinisé » d’environ quatre mètres de haut (Eddie à de la concurrence !) sur « Feed My Frankestein » ! Donc, aucune déception de ce côté-là, il est bien au rendez-vous, même si Alice Cooper a déjà fait plus grandiose dans le passé, notamment au Hellfest, avec les infirmières, la pendaison, l’électrocution...


Chuck Garric & Tommy Henriksen - 2011 © Fred Moocher

Toujours dans l’objectivité, 1h35 me paraît tout de même un peu court , surtout avec une discographie aussi fournie (vingt-six albums studio tout de même !), il est clair que certains titres sont forcément passés à la trappe.

Pour avoir sorti la suite de «Welcome To My Nightmare» cette année, je pensais que le show allait tourner autour de ce concept, mais même le titre éponyme de 1975 n'est pas interprété, étrange !


Alice Cooper - 2011 © Fred Moocher

Durant une bonne demi-heure supplémentaire, qui aurait été plus que bienvenue, j’aurais volontiers rajouté «Years ago / Steven» (mon titre fétiche), ou quelques autres moins connus comme «Former Lee Warmer» et plus encore...
Mais je comprend aisément qu’à son âge, et afin de se permettre d’assurer d’aussi conséquentes tournées, Alice Cooper ne peut se risquer à jouer 2h tous les soirs : il est préférable finalement d'apprécier un Alice en pleine forme comme ce soir pendant 1h35, qu’un sur les rotules après un set de 120 minutes, c’est une certitude.
Mis à part l’absence de ces quelques titres, le show de ce samedi soir m’a plus que comblé : du très grand Alice Cooper, encore et toujours !
(Ludovic Fabre)

(1) : Extrait du mythique «Welcome To My Nightmare» de 1975, 8ème album d’Alice Cooper, mais 1er album solo.
(2) : Célèbre acteur de films d’épouvante qui a également prêté sa voix au «Thriller» de Michael Jackson et apparaît également dans le morceau «And When He Falleth» de THEATRE OF TRAGEDY.


Alice Cooper - 2011 © Fred Moocher

Set-list Alice Cooper :

Vincent Price intro
The Black Widow
Brutal Planet
I'm Eighteen
Under My Wheels
Billion Dollar Babies
No More Mr. Nice Guy
Hey Stoopid
Is It My Body
Halo of Flies
I'll Bite Your Face Off
Muscle of Love
Only Women Bleed
Cold Ethyl
Feed My Frankenstein
Clones (We're All)
Poison
Wicked Young Man
I Love the Dead
School's Out
Rappel :
Elected

Retrouvez la galerie complète du concert d'Alice Cooper sur www.moocher.fr

Remerciements à : Didier Chouchane (Euterpe / Box Office) - Pauline Berenger (Barclay / Universal Music) - l'équipe de Gérard Drouot Productions.


Alice Cooper - 2011 © Fred Moocher

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