08-04-2012
SCORPIONS @ Caen (Zénith) - 04•04•2012 [live-report] par J-B Quentin

Le scorpion pique toujours...
Après des décennies passées à arpenter les scènes de tous les pays, SCORPIONS a décidé de raccrocher ses guitares au terme d’une longue tournée d'adieu qui est passée par le Zénith de Caen. Cette tournée sonne le glas d’un groupe de légende, qui a profondément marqué l’histoire de la musique rock. Les 6 500 spectateurs du Zénith ont réservé au groupe une ovation méritée.
THE ELECTRIC DUCKS comme amuse bouche !
C’est la seconde fois que les Allemands jouent ici. C’est donc dans un Zénith plein comme un œuf (environ 6 500 spectateurs), et devant un public conquis d’avance que le groupe ELECTRIC DUCKS (qui a assuré dix dates de la tournée de SCORPIONS), est monté sur scène pour un set rageur. Leur rock n’roll survitaminé, fortement teinté de sonorités australiennes, de AC/DC à ANGEL CITY, a tout de suite fait mouche !
Il faut signaler que le groupe s’est forgé une solide réputation scénique en se produisant comme tribute-band... d’AC/DC. Une mise en bouche parfaite !
Un guitariste au poil !
Emmené par Yannick Deveaux (lead-guitar), complètement déchaîné, le garçon (démon ?) terminera le concert à "oilpé", des ailes sur le dos et une auréole sur la tête.
Le groupe de Narbonne a contaminé le public de son énergie communicative. Les titres issus de leurs deux albums ("Rock Your Fashion" et "Back'n'Forth"), plaisent au public qui en redemande.
Guilhem Constans est un excellent chanteur doublé d’un frontman correct... la compétition est rude avec la présence de Yannick Deveaux ! Seul bémol, ce patronyme ridicule (les canards électriques), pour un groupe qui assure et dont l’avenir se jouera aussi au-delà de nos frontières !
2012 © Jean-Baptiste Quentin
Le deuxième concert de SCORPIONS à Caen.
Une bière dans le gosier et une carte neuve dans mon appareil et hop, c’est parti pour le show des SCORPIONS.
Si AC/DC, VAN HALEN (si, si) ou ACCEPT sont déjà venus en Normandie, SCORPIONS n’avait posé ses amplis à Caen qu'une seule fois en 1982. Personne ne voulait manquer cet événement surtout que ce concert était l’ultime chance de les voir jouer chez nous, puisqu’ils effectuent là leur tournée d'Adieu.
Le groupe joue la sécurité en interprétant régulièrement les mêmes morceaux sur la tournée (hormis quelques touches ici et là). N’empêche, la magie opère. Les spectateurs du Zénith adhèrent, dès les premières mesures de Sting In The Tail. Klaus Meine n’a plus la voix de ses vingt ans, il lui faudra d’ailleurs quelques minutes pour bien la poser, mais en grand professionnel, il assure...
2012 © Jean-Baptiste Quentin
Pendant près de deux heures, le spectacle est au rendez-vous. Jeux de lumières spectaculaires, batterie sur estrade élévatrice, trois écrans géants, vidéos... Les aficionados en ont plein les yeux.
Côté musique, le set est équilibré, entre d'anciens titres comme "In Trance", "Make It Real", "Loving You Sunday Morning" ou encore "Is There Anybody There ?", et les plus récents "Raised On Rock", "The Best Is Yet to Come" et "Sting In The Tail", chacun y trouve son bonheur.
Les poings se lèvent et les briquets s’allument. Les cornes de diable, chères à Ronnie James Dio, fleurissent partout dans la salle et Meine retrouve sa voix.
2012 © Jean-Baptiste Quentin
Matthias Jabs a la classe.
Rudolph Schenker est toujours le même : les pouces levés, le sourire aux lèvres et ce corps de GI Joe. Sur "Blackout", il revient maquillé comme sur la pochette de l’album (oui, les d’jeuns un vinyle…). Moment de franche rigolade...
Son comparse Matthias Jabs, démontre riff après riff qu'il est un excellent guitariste, honteusement sous-estimé. Il éclabousse de toute sa classe et de tout son feeling le concert.
Perché sur son kit, James Kottak, prouve qu’il est un batteur déjanté sur "Kottak Attack". Qui en doutais ? Quant à Pawel Maciwoda, il semble bien seul... aussi expressif qu’un tronc d’arbre. Par contre, il s’entend parfaitement avec Kottak. Il vaut mieux, car le batteur américain part parfois en vrille.
2012 © Jean-Baptiste Quentin
Ici et là, des esprits chagrins regrettent qu'il y ait beaucoup de ballades... Mais oui, définitivement oui, SCORPIONS est un groupe qui a toujours composé de belles mélodies. "Send Me An Angel" puis "Holiday", "Still Loving You" et "Wind Of Change" sont chantées par une grande partie du public, les autres, bien calés dans les gradins ,ne pipent pas mot.
Ceux qui aiment les chansons plus musclées seront aussi satisfaits d'entendre les mythiques "Blackout", "Big City Night" (avec le nom de Caen qui brille en fond de scène...), "Dynamite", "Rock You Like A Hurricane"... Ah, "Dynamite", qu'elle tuerie!
2012 © Jean-Baptiste Quentin
Voilà, c’est sur les ultimes notes de "When The Smoke Is Going Down" que le groupe tire sa révérence, sous les acclamations des Caennais. Quelques minutes après la fin de concert, sur le parvis du Zénith, les spectateurs sont ravis. Certains ont la certitude d’avoir assister à un pur moment de rock n’roll... Mois aussi. (J-B Quentin)
Set-list SCORPIONS :
Sting In The Tail
Make It Real
Is There Anybody There?
The Zoo
Coast To Coast
Loving You Sunday Morning
The Best Is Yet To Come
Send Me An Angel
Holiday
In Trance
Raised On Rock
Tease Me Please Me
Dynamite
Kottak Attack
Blackout
Six String Sting
Big City Nights
Rappel :
Still Loving You
Wind of Change
Rock You Like a Hurricane
Rappel 2 :
When the Smoke is Going Down
2012 © Jean-Baptiste Quentin
27-11-2011
SCORPIONS @ Le Zénith - Toulouse le 17•11•2011 - live-report par Ludovic Fabre
Ah ! SCORPIONS, mes premiers émois musicaux, le groupe qui m’a fait découvrir le hard-rock en 1985… Mon premier concert de SCORPIONS remonte au 02 mai 1989, au Palais des Sports de Toulouse (CINDERELLA avait été alors remplacé en première partie par VIXEN), sur le «Savage Amusement Tour» ; le jour même ou a débuté en Hongrie le démantèlement du rideau de fer (des gardes frontières hongrois avaient commencé à démonter les barbelés à la frontière avec l’Autriche), et l’effondrement du bloc de l’Est qui se soldera, six mois plus tard, par la chute du mur de Berlin si cher à SCORPIONS («Wind Of Change») !Mon dernier concert des arachnéens date à peine au printemps dernier, au Hellfest, avec une prestation mitigée pour pas mal de monde, même si, personnellement, j’avais bien apprécié ! Mais le concert qui m’avait surtout marqué fut celui du 29 novembre 2007, dans ce même Zénith toulousain où le groupe avait assuré une prestation de 2h40 (!!!), avec une partie "revival" composée uniquement de morceaux d’anthologie des années 70 («Pictured Life», «We’ll Burn The Sky», «Dark Lady», «Fly To The Rainbow»), avec en invité le dieu-vivant Uli Jon Roth en personne, illustre guitariste de ma période préférée des SCORPIONS (tous leurs albums des seventies restent toujours pour moi de purs chef d’œuvres !). Grand souvenir de concert pour ma part.
Je suis donc arrivé dans un état d’esprit décontracté, sans grande attente, car persuadé de revoir un peu la même chose qu’au Hellfest, certes en plus long… Mais bon, c’est SCORPIONS tout de même et de plus leur tournée d’adieux !

GUANO APES - 2011 © Fred Moocher
Premier constat : un public hétéroclite qui a massivement répondu présent (plus de 9000 personnes !), et un Zénith amplement plus rempli que pour MOTÖRHEAD et Alice Cooper. Il faut dire que SCORPIONS bénéficie d’un large public, pas forcément amateur de hard rock, depuis le succès de leurs fameuses ballades.
Souvent, pour les première parties, on entend dans la salle «tu sais qui c’est ?!», là impossible de ne pas voir le logo GUANO APES placardé sur d’immenses panneaux en fond de scène ! Sandra est une jolie allemande qui chante bien, le groupe fait preuve d’un professionnalisme indéniable, mais leur pop-rock me laisse de marbre, même avec en dernier titre une reprise du «Big In Japan» d’ALPHAVILLE.

Rudolf Schenker / SCORPIONS - 2011 © Fred Moocher
Le show de SCORPIONS débute (comme au Hellfest), par des images d’archives en noir & blanc de l’US festival du 29 Mai 1983*, où le groupe se produisit devant plus de 350 000 spectateurs… La batterie se surélève et le ton est donné avec «Sting In The Tail» !
Rudolf Schenker, le fondateur du groupe**, bouge toujours autant, aime prendre la pose et assure le spectacle par ses moulinets sur sa Flying V, son attitude très rock et ses petits sauts… Quand je pense qu’il à l’âge de mes parents, je me dis que ça conserve le hard rock !!

Klaus Meine & Matthias Jabs / SCORPIONS - 2011 © Fred Moocher
Klaus Meine n’a plus autant la bougeotte désormais, mais est assurément bien plus en voix qu’au Hellfest (et encore à Toulouse on a eu de la chance puisque le groupe a du faire une pause de 20 minutes pendant le concert de Montpellier, et carrément annuler la date de Tours***, à cause de soucis vocaux), puis Kottak, le bûcheron reste fidèle à lui-même : il cogne et cogne toujours autant… Il fait lui aussi le show lors de son solo de batterie durant lequel est diffusé sur les écrans géants un film décalé rempli d’humour où le batteur met en scène différentes pochettes d’album.

James Kottak / SCORPIONS - 2011 © Fred Moocher

Matthias Jabs & Pawel Maciwoda / SCORPIONS - 2011 © Fred Moocher

Klaus Meine & Rudolf Schenker / SCORPIONS - 2011 © Fred Moocher
La scène, lumineuse et magnifique, est en plus pourvue d’une avancée, ce qui permettra de les voir de bien plus près. Une idée simple, judicieuse, mais pas neuve ; qui étonnamment est peu utilisée par les groupes.Le son est excellentissime : j’ai rarement entendu des guitares sonner aussi bien que ce soir, vraiment ! Les grands classiques des années 80 s’enchaînent les uns après les autres («Make It Real», «Bad Boys Running Wild», «The Zoo», l’instrumental «Coast To Coast» pour lequel Klaus Meine prend aussi la guitare, «Loving You Sunday Morning»…), côté playlist c’est le sans fautes avec assez peu de morceaux récents et la part belle aux grands hits et aux incontournables ballades si emblématiques du groupe de Hanovre telles que «Send Me An Angel», «Holiday», «Still Loving You» (évidemment), «Wind Of Change», «When The Smoke Is Going Down» et, belle surprise en ultime rappel, «We’ll Burn The sky», toute droit sortie des 70’s, dans une version raccourcie… Mais tout de même !
Oui, six ballades ! C’est pas mal, mais ils n’ont pas oublié d’autres classiques tels que «Big City Nights», «Blackout» (avec Rudolf Schenker et le fameux masque aux fourchettes devant les yeux illustrant la pochette de l’album !), ou encore «Dynamite» et «Rock You Like A Hurricane».
Deux heures de concert pour des scorpions au dard encore bien aiguisé et pour moi, une excellente surprise à tous les niveaux.
Un bien beau concert d’adieux et certainement la dernière fois que nous les verrons sur scène à Toulouse, et pour beaucoup sur scène tout court. Ils partent avec les honneurs, vraiment. (Ludo Fabre)
* Il s’agissait à l’époque du deuxième jour du festival consacré au heavy metal (le premier étant pour la new wave, le troisième rock et le quatrième jour country), avec à l’affiche également QUIET RIOT, MÖTLEY CRÜE, Ozzy Osbourne, JUDAS PRIEST, TRIUMPH et VAN HALEN.
** en 1965 (!!!), il faut savoir aussi qu’il fut le premier chanteur de SCORPIONS.
*** Concert de Tours reporté au 10 décembre 2011 et pour lequel les billets restent valides.

Rudolf Schenker / SCORPIONS - 2011 © Fred Moocher
Set-list :
Sting In The Tail
Make It Real
Bad Boys Running Wild
The Zoo
Coast To Coast
Loving You Sunday Morning
The Best Is Yet To Come
Send Me An Angel
Holiday
Raised on Rock
Tease Me Please Me
Dynamite
Kottak Attack
Blackout
Six String Sting
Big City Nights (avec la Pyramide)
Rappel :
Still Loving You
Wind Of Change
Rock You Like A Hurricane
When The Smoke Is Going Down
Rappel 2 :
We'll Burn The Sky Play Video

Rudolf Schenker & Matthias Jabs / SCORPIONS - 2011 © Fred Moocher
Remerciements à Olivier Garnier (Replica), Didier Chouchane (Euterpe / Box Office), et toute l'équipe de Gérard Drouot Productions.























































