HELLFEST 2012 (CLISSON) - 15•06•12 [LIVE-REPORT]


Mercredi 13 Juin 2012 - 
Amsterdam –  2h du matin
Conversation avec Sam, sans doute le plus taré et alcoolisé de tous les Irlandais des Pays-Bas à cette heure de la nuit :
- «Moi en France, je connais Paris, et Cliton ! C’est tout !
- Euh ouais, non ça se dit Clisson par contre !»  


Le Hellfest, terre de concerts, de retrouvailles et de bonne humeur pour certains… Terre de l’enfer et de l’adoration du Mâlin pour d’autres… Mais une chose demeure cependant universelle, Clisson, c’est un peu la capitale culturelle française du metal, qu’on en soit adepte ou non, quel que soit le pays d’où nous venons, et quelle langue nous parlons...


Cette édition est un peu particulière pour moi, car en plus de m’y rendre pour la première fois, je me vois assigné la tâche, loin d’être déplaisante, de participer à la réalisation d’une flopée d’interviews et d'assister à quelques conférences de presse au sein du festival. En dépit, et comme pour beaucoup d'autres personnes, de ne pas avoir pu assister à la totalité des concerts qui m’intéressaient, voici tout de même le récit de quelques performances coups de coeur, ou plutôt coups de...tête, ou de genoux, ou des trois ! 

Vendredi 15 Juin
Comme pour toutes les personnes déjà sur place depuis la veille, ce n’est qu’aujourd’hui qu’il nous est permis de découvrir le site de cette édition 2012 du Hellfest qui comme son slogan l’évoque, se déroule en terrain inconnu : «A New Battlefield», laccès nous ayant été restreint au Metal Corner le jour auparavant... Ce qui n'a pas empêché les premiers festivaliers de célébrer le lancement du festival de l'enfer comme il se doit…


Metal Corner © Ludovic Fabre

Quelques serrages de main, découverte de l’espace presse, ma foi fort sympathique, l’horloge tourne et il est déjà temps de se rendre sur le terrain pour mettre mes tympans à l’épreuve. Le soleil nous ravit de sa présence et BETRAYING THE MARTYRS termine son set, à peine mon premier pied posé devant les deux énormes Mainstages.

BETRAYING THE MARTYRS © Hellbangeuse Live Photography

Ni vu, ni connu, c’est le groupe ALPHA TIGER qui enchaîne sur le tas, direction la Mainstage1. Reconnaissables de très loin par leur look, j’avoue ne pas être charmé aux premiers abords en lisant «Power Metal» sur le programme, les cris à ultrason sur fond d’astiquage de manche me filant plus d’urticaire qu’autre chose… Ne m’arrêtant pas bien sûr à ce jugement infondé, je décide de rester voir ce que nos amis tigrés on dans le ventre !


ALPHA TIGER © Nikolas Ernult
Très jeunes, les musiciens ont à gagner en maturité mais ont le mérite, qui n’est pas donné à tout le monde, de savoir se servir de leurs instruments. Une voix haute perchée, des soli à en perdre l’audition, certes il y a, mais l'ensemble passe à mon plus grand étonnement, admirablement bien.
Tout cela est surenchéri par des paroles aux thèmes kitchissimes (ça colle avec leur apparence) avec des titres comme : «The Land of the Rising Sun», «From Outer Space»… 

ALPHA TIGER produit un set très agréable et distrayant, convaincant au passage le Clissonais pour trois jours, qui s’est levé tôt, avec une recette aussi légère que nos heures de sommeil...

ALPHA TIGER © Nikolas Ernult

Après cette petite mise en bouche, je me rends à la Valley pour découvrir DOOMRIDERS, groupe encore inconnu à mon bataillon… Mais plus pour longtemps. Quelle surprise ! Avec un stoner sorti des entrailles de l’enfer, les Bostoniens nous envoient 30 minutes de set sans relâche. Les personnes affluent, l’ambiance se réchauffe et s’alcoolise doucement devant l’immensité du monstre électrique que DOOMRIDERS invoque devant nous. Le guitariste soliste avec sa casquette vissée sur les yeux et sa Gibson Les Paul est le parfait clone de William Mecum de KARMA TO BURN, avec non sans moins de talent.
Pour le premier concert en France de sa carrière, DOOMRIDERS marque l’occasion en retournant complètement le chapiteau de la Valley, quitte à le faire paraitre bien petit devant une telle foule...

Il me tarde alors de voir UNISONIC. Malgré le créneau qui aurait mérité d'être un peu plus tardif, 
certains fans s’agglutinent déjà devant la crash barrière alors que le fantastique chanteur de THE BRONX, qui délivre un set tout aussi fantastique sur la scène opposée, hurle encore dans le public (littéralement) pour son dernier morceau...


THE BRONX © Romy Del Signore

Avec seulement 9 titres, UNISONIC évite le piège que je voyais gros comme une maison, mettre son album de côté pour jouer les gros hits 
des carrières sur lesquelles il a vu le jour, puisque seulement deux titres de HELLOWEEN sont interprétés : "March of Time" et "I Want Out"...


UNISONIC © Romy Del Signore
Certains adorateurs frôlent le fanatisme, notamment mon voisin de fosse qui, quand il se fait montrer du doigt par Kiske, éclate de joie, et frôle la crise d’épilepsie. 

Entaché par un son plus que moyen sur le départ (les chœurs de
Kai Hansen plus forts que la voix de Kiske par exemple), UNISONIC comprend que chacune des chansons de ce set de 50 minutes doit être un moment crucial, et diable que ça se ressent !

Illustration avec la petite, mais néanmoins agréable, surprise quand
Hansen commence à jouer «Over The Rainbow» car c’est…un bonus track !

Le duo qui a ravi les beaux jours d'
HELLOWEEN fait encore des étincelles. Tout comme le reste du groupe qui fait preuve d'une cohésion brillante, affichant la joie d'être présent et une franche bonne humeur, malgré un ciel menaçant.


Michael Kiske se la joue Claire Chazal : «J’ai regardé la météo ce matin, ils disaient : soleil pour samedi et dimanche, et pour vendredi…pluie !». Cette dernière ne se manifestera qu’une fois leur set terminé, bien heureusement (la pluie, pas Claire Chazal).  
UNISONIC © Romy Del Signore

UNISONIC gagne l'audience au poing levé. Son frontman à la voix toujours aussi cristalline et intacte envoie des notes hallucinantes. Pour son tout premier concert en France,
UNISONIC a fait l’unanimité et ne nous a donné qu’une seule envie...Enfin deux ! S'acheter un poncho, et le revoir en salle, et haut de l'affiche !

Samedi 16 Juin

CRASHDIET © Nikolas Ernult
CRASHDIET est le premier groupe à marquer ma journée. Je dois dire avoir été un peu réticent à l’idée de le voir en live, car CRASHDIET c’est avant tout des refrains antémiques, overdubbés, triturés… Bref, pas forcément faciles à chanter avec de vraies cordes vocales. Alors, aura-t-on le droit à un festival de bandes préenregistrées ? A ma grande surprise, pas tant que ça, et qu’est-ce que ça fait du bien ! C’est aussi l’occasion de faire connaissance avec Simon Cruz, le troisième chanteur de la formation (une espèce de malédiction à la Spinal Tap), qui se démarque du reste de la bande en arborant une énorme crête bleue sur la tête, un espèce mélange visuel entre Rachel Bolan et Johnny Rotten...

Sans casser de grosses briques pour autant, les Suédois délivrent un sleaze-rock très bien ficelé avec quelques hymnes comme «Rebel» ou «Generation Wild» (le «Youth Gone Wild» de l’an 2000). Cruz s’adapte très bien sur les titres de ses prédécesseurs, en y ajoutant sa propre signature vocale et la bande arrive tant bien que mal à faire bouger les quelques festivaliers dont les pieds ne sont pas encore prisonniers de la boue.


CRASHDIET © Nikolas Ernult

A la vue de ce show de qualité, et malgré les dures épreuves endurées par ses auteurs, il n’y a plus qu’à espérer que cette incarnation de CRASHDIET, soit définitivement la bonne !

CRASHDIET © Nikolas Ernult

Après avoir subi de multiples changements d’horaires, un des moments tant attendus par les festivaliers est arrivé. La conférence de presse, quelques heures plus tôt, qui tenait plus d’un spectacle de comédie qu’autre chose, nous a mis au parfum : les gars de STEEL PANTHER sont en forme.
Déjà amplement remarqués par leur passage à Paris quelques mois plus tôt, illustré par l’arrivée d’un tsunami de boobs sans précédent dont le staff du Bataclan rêve encore la nuit, les murmures d’avant concerts sont déjà nombreux… Que l’on soit amateur de glam, de boobs, ou les deux, il faut être là !

STEEL PANTHER © Romy Del Signore

La domination du festival par STEEL PANTHER débute par l’élévation dans les airs de l’énorme artwork de son dernier album «Balls Out», d’ailleurs censuré dans le métro parisien, aux formes très suggestives… Le concert débute, comme sur l’album, par l’intro «In the Future» suivi de «Supersonic Sex Machine».
STEEL PANTHER © Marjorie Coulin

Si les compositions sont excellentes et font le boulot, le véritable plaisir d’un concert des panthères se situe dans une flopée de frasques hilarantes réparties dans leur set : 


tout d’abord le dictionnaire bilingue version STEEL PANTHER avec le cerveau et guitariste du groupe Satchel, qui a décidé de venir sur scène avec quelques phrases françaises essentielles écrites dans la paume de sa main : «Montrez-moi vos nichons !», «Je bande !»... Bref, les bases ! 

Puis Lexxi Foxxx, toujours dans son rôle de bassiste à la ramasse, qui nous balance quelques répliques pleines de non-sens mais non moins désopilantes : «QUI ICI AIME ALLER AU ZOO ?», «Je suis pas gay, j’ai juste été en prison et j’avais besoin de cigarettes… ».
Et on poursuit avec le chanteur Michael Starr : «Qui d’entre vous a téléchargé notre album sur internet gratuitement ? YEAH !».

Le seul point noir sur le tableau STEEL PANTHER sera la confirmation de mes inquiétudes, Michael Starr utilise bel et bien un playback sur la quasi-totalité de ses refrains. Un parti pris gênant quand on connait le curriculum vitae de l’animal (L.A GUNS, ou encore le cover-band de VAN HALEN ATOMIC PUNKS…). Malgré tout, STEEL PANTHER nous fait passer un excellent moment, et rappelle à certains festivaliers d’aller faire un tour à Paris le 30 octobre pour son retour au Bataclan, seulement quelques mois après son premier passage !

STEEL PANTHER © Ludovic Fabre

Ce Hellfest marque aussi l’occasion de revoir KORITNI, qui se produit sur la Mainstage1. Autant dire que pour l’avoir vu en club de 300 personnes, la différence est flagrante, mais fait surtout plaisir à voir, tellement ce groupe est méritant.

KORITNI © Hellbangeuse Live Photography
Le premier changement notable apparaît au niveau de la set-list, qui casse avec la tradition de la tournée précédente en ouvrant non plus avec «Welcome to the Crossroads» mais avec «Sometimes» issue du même album.

Un choix qui peut paraître étrange, mais tout aussi judicieux, vu que le titre bénéficie d’une considérable montée en puissance.

On retrouve aussi «Heart Donation» issu de l’album «Green Dollar Color», ainsi que la superbe reprise de «Sweet Home Chicago» que le plus grand nombre ne connaissait alors qu’en version acoustique sur l’album «No More Bets».

Les gars sont en forme et visiblement heureux d’être là, Lex Koritni sait entretenir son audience et se montre toujours maître de sa sublime voix. Un concert sans réelle surprise pour les connaisseurs, mais non sans moins rafraîchissant pour l'esprit, car dans la fosse, on commence sérieusement à cramer !

Pas de panique cependant, direction l'Extreme Market où je rencontre un vendeur qui se demande sérieusement pourquoi il ne vend pas de crème solaire à la place de vêtements. Il faut le dire, l'homme est tout de même passé à deux doigts de la richesse, argh ! 


«You know where you are ? You’re at Hellfest baby !»

Cette journée se termine avec le grand paradoxe GUNS N’ ROSES. Si les fans sont divisés, le moins que je puisse dire, c’est qu’il m’est bien difficile de me glisser dans la foule pour atteindre la première poignée de rangs, car oui, je veux les voir...et je l'assume !
Débutant, à la surprise générale, pile à l'heure, le concert commence par le traditionnel «Chinese Democracy» où la température sur la planète Rose est vite prise, il est en voix (version 2012 et 50 balais). La set-list est assez éclectique avec des titres de toutes les périodes, et j’ose le dire, je passe un bon moment ! La fraîchement ajoutée «Estranged», le retour de «Shackler’s Revenge», et les classiques «Welcome to the Jungle», «Rocket Queen»… même «Civil War», quel pied !

Axl Rose : «Je ne savais pas à quoi m’attendre en venant ici, mais putain, c’est génial !»
GUNS'N'ROSES © Nicolas Delpierre

Ce qui me gênera le plus sur ce concert, c’est le manque total de surprise. Qui suit un peu l’actualité GUNS N’ ROSES sait à quoi s’attendre, et c’est bien dommage quand on voit les musiciens à qui l’on a affaire. Tout d’abord l’énorme Ron "Bumblefoot" Thal, qui fait d'ailleurs plaisir à voir depuis son accident récent lui causant de graves problèmes de dos, celui-ci nous joue même un titre de sa carrière solo «Glad to Be Here» (à défaut de n'avoir rien d'autre de nouveau à jouer). L’extraordinaire Richard Fortus qui nous délivre un solo à couper le souffle. Le polémique Dj Ashba, qui visiblement n’a pas le droit de porter un chapeau haut de forme (comme si Slash avait été le premier à le faire). Puis Frank Ferrer, Dizzy Reed… En revanche on repassera sur l’utilité live de Chris Pittman qui, bien que d'une grande aide dans la production et la composition du dernier album, se contente majoritairement d'agiter son synthé monté sur ressort et de faire quelques chœurs… bref.

Et dire que ces personnes jouent à 80% les mêmes morceaux…depuis un nombre incalculable d'années ? Tout cela est bien dommage, mais c’est une autre histoire.

Pourtant si bien parti, sa majesté Axl Rose se montre de plus en plus de mauvaise humeur au fil du concert, en glissant de petites phrases discrètes destinées à on ne sait qui : «It’s a fucking conspiracy !» (C'est une conspiration !) lance-t-il avant d’envoyer balader son pied de micro pour que l’équipe technique vienne le remettre en place, geste qu’il répètera, toutes les vingt secondes… Il chute ensuite sur «Sweet Child O’Mine», chanson sur laquelle il reste immobile et inexpressif, sûrement en train de bouillonner intérieurement et d'élaborer son prochain plan de conquête du monde.

GUNS'N'ROSES © Ludovic Fabre

Ces détails mis à part, GUNS N’ ROSES bénéficie d’un très bon accueil et clôture cette deuxième journée avec un «Paradise City» monumental tout en pyrotechnie et explosion de confettis. La foule termine la soirée sur fond de «My Way» par Frank Sinatra qui résume on ne peut mieux ce à quoi nous venons d’assister, un choix stratégique aux paroles évocatrices, sans doute prémices de la phase 2 du plan machiavélique de Mr Rose... :
«Regrets, I've had a few
But then again, too few to mention
I did what I had to do and saw it through without exemption
I planned each charted course, each careful step along the byway
And more, much more than this, I did it my way».


Sur le chemin du retour je fais une bien curieuse trouvaille en pleine rue, un médiator ! A qui est-ce ? Cela reste un mystère, peut-être à une rockstar, peut-être à un simple festivalier avec sa guitare... Un souvenir à moitié collector donc... Une sorte de soldat inconnu, version médiator !

Dimanche 17 Juin
RIVAL SONS demeure ma petite révélation de ce festival. Déjà très intriguant en interview quelques heures plus tôt, Robin Everhart et Michael Miley ayant réussi à tourner notre entretien en débat sur les pizzas, la prestation de ce quartet californien figure en tête de liste de mes priorités de la journée.

Le rendez-vous est pris sous la Valley alors que DEVIL DRIVER démonte la Mainstage1 plus vite qu’il en faudrait à une équipe d’Ikéa pour monter une table basse. A la manière de son frère jumeau THE ANSWER, en moins irlandais, RIVAL SONS distille un rock’n’roll poussiéreux hautement influencé par les années 70 comme le laisse suggérer l’accoutrement de ses interprètes.


Derrière les long cheveux de Jay Buchanan se cache une voix d’or rappelant la voix des plus grands, et plus chevelus comme Robert Plant ou même Phil Lynott par moments. S’ajoute à cette capsule temporelle la guitare bluesy et vintage de Scott Holiday, et la section rythmique groovy fan de cuisine italienne, RIVAL SONS interprète son lot de petit classiques comme le très dansant «Pressure and Time», «All Over the Road» ou «Burn Down Los Angeles» pour terminer son set avec la longue semi-ballade «Soul», emblème de la mentalité RIVAL SONS : «Don’t give them your soul !». RIVAL SONS reçoit, à ma grande surprise, un accueil du tonnerre et défend admirablement son album «Head Down» à paraitre le 17 septembre... A inscrire d'urgence sur la liste des fournitures pour la rentrée !

Plus tard dans la journée se produit MÖTLEY CRÜE, ce groupe tellement cher à mes yeux qui avait alors tant fait voyager, rire, et rêver l’adolescent qui s’était procuré «The Dirt» comme lecture de vacances d’été. Moment solennel.

Le set débute avec «Wild Side»…Enfin je crois… Les remarques ne se font par prier : «C’est quoi ce son de m*rde ?». Malheureusement, ce genre de détail semble être chose courante sur cette même Mainstage1 depuis le début du festival (le concert de BLUE ÖYSTER CULT pour éviter de faire un listing de 4 pages), ingé son de la mainstage 1 si tu m’entends (encore)…

J’arrive à trouver un juste milieu écoutable en jouant avec mes boules quies alors que la machine MÖTLEY CRÜE commence à s’enflammer et gagner en puissance en nous délivrant un véritable best-of avec quelques «Live Wire», «Too Fast For Love», «Shout at the Devil» (version 97’)… En deux mots, l’éclate totale !

MÖTLEY CRÜE © Ludovic Fabre

Alors que le groupe avait annoncé sur twitter vouloir jouer son nouveau single «Sex» sur les routes européennes, nous n’avons le droit à aucune exclusivité ce soir, le titre le plus récent à résonner dans nos tympans demeurant «Saints of Los Angeles» issu du dernier album éponyme sorti en 2008.

Vince Neil comme à son habitude oscille lentement entre l’écoutable et le moins appréciable, mais fait office d’excellent maitre de cérémonie en sollicitant au maximum le public du Hellfest.

Après toutes ces années le CRÜE fait encore preuve d’une complicité intacte. Mick Mars, qui gagne mon respect éternel, nous envoie des vagues de bruits électriques non identifiés avec sa stratocaster. Un véritable monstre qui rugit au travers des enceintes du festival, faisant sans doute trembler le café de la grand-mère clissonaise qui se demande pourquoi le stage design de MÖTLEY CRÜE est si minable. Pour faire bref, disons que MÖTLEY CRÜE a pris tout votre linge sale des 4 jours de Hellfest pour en faire un backdrop et cacher ses façades d’amplis. Voilà, vous avez l’image.

MÖTLEY CRÜE © Ludovic Fabre

MÖTLEY CRÜE © Ludovic Fabre
Il serait en revanche insensé d’oublier les deux magnifiques choristes et danseuses, qui viennent heureusement cacher cette vision d’horreur, en appuyant les refrains en petite tenue, des gros hymnes comme «Dr Feelgood» ou «Kickstart my Heart». Malheureusement, configuration festival oblige, Tommy Lee n’emmènera personne faire un tour sur son rollercoaster 360 aujourd’hui. Le batteur a d’ailleurs, dû se sentir bien petit sur son minuscule drum-riser !

Le concert se termine sur «Kickstart my Heart» avec ses classiques «Oh ! Yeah !» repris par la foule entière. Le set aura été court, mais intense, et ceux qui en redemandaient se sont sans doute rendus le lundi 18 au Zénith de Paris pour le très attendu set de MÖTLEY CRÜE en tête d’affiche.

Le groupe ayant salué son public, Tommy Lee et Nikki Sixx reviennent avec deux énormes sceaux de faux sang qu’ils balancent avec joie sur les premières rangées, et là on se dit, peut-être que j’ai bien fait de ne pas y aller, au premier rang !

On continue dans le légendaire avec SLASH FEATURING MYLES KENNEDY AND THE CONSPIRATORS, que je ne couperai non pas en deux, ni en trois, mais en plus que ça, en l’appelant simplement SLASH.

Slash © Celine Kopp

Myles Kennedy © Marjorie Coulin
Bien que ça se soit amélioré avec «Apocalyptic Love», j’avoue être en assez mauvais terme avec Myles Kennedy dont le chant, aussi agréable soit-il pour certains, a fortement tendance à me rappeler à l'usure, la voix d’une loutre qui se serait chopée une mauvaise laryngite. Le concert de ce soir marque donc l’occasion de se dire ce que l’on pense en face… Ou pas.

SLASH commence très fort avec un de mes titres favoris du nouvel album, j’ai nommé «One Last Thrill». On remarque tout de suite un problème dans le mix au niveau des guitares, l’ingénieur du son s’étant sans doute arrêté au nom SLASH sur le backdrop, comme sur cet article. En effet, Frank Sidoris, nouveau guitariste rythmique, est quasiment non amplifié ! Si bien qu’il aurait pu passer inaperçu en sortant un accordéon pour entonner "La Marseillaise". Problème d’autant plus notable lorsque Slash écope d’un problème technique pendant le titre «Ghost», qui l’oblige à changer de guitare, c'est tout juste si nous nous serions crus à un soundcheck basse/batterie… Dommage !

Ce concert confirme la place de Todd Kerns comme point fort de cette nouvelle formation. Ce dernier délivre des chœurs simplement hallucinants et hauts perchés tout en gratifiant le public, qui commence à se sentir quelque peu humide sous la pluie battante, de ses lignes de basse toutes aussi ingénieuses. Myles Kennedy me surprend tout aussi agréablement et affirme sa place de frontman bien installé en entretenant une bonne relation avec son public. Bonne nouvelle, mes préjugés d’avant concert commencent même à s'estomper, la réconciliation n’est plus très loin !

«Apocalyptic Love» se taille une belle part dans la set-list avec cinq morceaux parmi lesquels le superbe «Standing in the Sun» (pendant lequel Myles Kennedy souligne l’ironie de le jouer sous la pluie), «Halo» et «Anastasia» (très fraichement ajoutée dans le set et disposant d’un redoutable rendu live). Le reste de la prestation puise dans le classique avec «Appetite for Destruction», ainsi que le premier album de SLASH.

Je relève tout de même la bonne surprise d’entendre l'énorme titre «Slither» de VELVET REVOLVER et son riff démentiel, comme je regrette de ne trouver aucun titre de SLASH’S SNAKEPIT, mon incarnation préférée de l’homme au chapeau (en même temps Myles Kennedy, nous avons beau être de nouveau en bons termes, tu ne fais toujours pas le poids face à Rod Jackson ou Eric Dover !).

Todd Kerns & Myles Kennedy © Celine Kopp

Les curieux et connaisseurs de la carrière de GUNS N’ ROSES, auront peut-être noté ce petit clin d'oeil sur le refrain de «Paradise City» pendant lequel Slash chante sur le micro de Todd Kerns : «Take me down to the paradise city, where the grass is green and the girls have big titties !». La légende raconte que ces paroles sont en réalité le premier refrain chanté par Slash lors de la composition de cette dernière chanson à l’arrière d’une camionnette... Il y a plus de 25 ans !

On quitte donc SLASH sur ces mots, avec une vilaine impression de déjà-vu… En moins roux peut-être…

La page Hellfest 2012 se refermera pour moi avec OZZY OSBOURNE & FRIENDS qui doit alors se produire sous une pluie torrentielle.

Le temps de migrer de la première à la deuxième Mainstage, une vidéo retraçant la carrière du Madman défile sur l’écran géant. On y voit de belles images d’archives de toutes les périodes, aussi bien BLACK SABBATH que solo, peut-être histoire de rappeler aux jeunes qui est Geezer Butler, ou aux plus anciens qui est Tommy Clufetos

OZZY OSBOURNE & FRIENDS © 2012 Christophe Pauly 
Le recette OZZY OSBOURNE & FRIENDS qui rappelons le, a remplacé en un éclair la venue de BLACK SABBATH suite aux problèmes de santé de Tony Iommi, se compose tout d’abord d’une formation principale incarnée par les musiciens habituels du Madman : le bassiste BlaskoTommy Clufetos à la batterie, Gus G. à la guitare et Adam Wakeman derrière le synthé (qui prendra aussi la guitare rythmique pendant le concert). Ceux-ci jouent cinq morceaux classiques de la carrière solo d'Ozzy, notamment l'excellent "Shot in the Dark", mais aussi et surtout la pépite "Rat Salad" de BLACK SABBATH.

Ozzy Osbourne est souffrant ce soir, en effet il s’en excuse à plusieurs reprises mais celui-ci a attrapé un coup de froid à la gorge, et ce ne sont pas les breuvages chauds apportés à foison devant le kit de batterie qui y feront quelque chose. Notre ami Ozzy préfère lui, courir sur scène en t-shirt sous la pluie, et se vider un sceau d’eau entier sur la tête, autant dire que pour se soigner, on repassera ! Rock’n’roll !

Un énorme frisson remonte le long de ma colonne vertébrale lorsqu’Ozzy annonce alors le premier invité de la soirée : «Je voudrais vous présenter un très bon ami à moi, il s’appelle Geezer Butler». Argh ! Butler a beau se faire discret, ce n’est pas l’arrivée de Slash de l’autre côté de la scène qui arrivera à détourner mon regard... C'est GEEZER BUTLER !

OZZY OSBOURNE & FRIENDS © 2012 Christophe Pauly 

Ce second line-up interprète trois titres de BLACK SABBATH : «Iron Man», «War Pigs» et «N.I.B», tous exécutés aussi brillamment les uns que les autres. Ozzy, lui, fait ce qu’il peut. Une faiblesse vocale qui ne manque pas de l’énerver, celui-ci éclatant même un verre d’eau par terre, fou de rage devant l’enthousiasme du public qui brave les éléments pour le voir. Quiconque a eu la chance de visionner le récent film «God bless Ozzy Osbourne», sait à quel point Ozzy est minutieux, un trait de sa personnalité pourtant méconnu. Citation, de mémoire : «Il y a des soirs où je chante mal, et ça me met dans une colère folle !».

L’honnêteté d’Ozzy, à la vue de ses nombreuses excuses, efface très vite ce détail handicapant qui devient quasiment insignifiant. La foule passe un très bon moment, entre les gouttes de la pluie, et admire la légende délivrer son concert dans la bonne humeur. Zakk Wylde débarque sur scène pour jouer «Crazy Train», chanson qui tire la sonnette d’alarme pour la gorge d’Ozzy, en effet celui-ci ne devient plus capable d’en chanter le refrain, mais pas d’inquiétude, le public le fait à sa place ! Le titre terminé, un roadie emmène une guitare à double manche à Zakk, surement pour interpréter «Mama I’m Coming Home», mais Ozzy préfère en rester là, et annonce le rappel avec «Paranoïd».

OZZY OSBOURNE & FRIENDS © 2012 Christophe Pauly

Nous avons donc assisté à un set particulier ce soir, avec une durée d’1h seulement, mais aucun détraqueur ne parviendra à m’enlever cet énorme sourire aux lèvres après avoir vu ce lot de légendes à quelques mètres de moi… LAMB OF GOD enchaîne donc 30 minutes plus tard, mais la fatigue et la pluie, auront raison de ma motivation et c’est avec ce même sourire que je décide de quitter le site du festival...

Mon premier gallon Hellfest ajouté sur ma veste en faux-cuir, me voila en train de déambuler dans les rues de Clisson sous mon poncho Decathlon imbibé, un portrait bien déprimant, mais c'est pourtant tout le contraire qui fuse dans ma tête et celles de beaucoup d'autres festivaliers.

Ouverture de la portière de la voiture, je lâche un léger soupir le temps de m'asseoir sur mon siège en entendant les dernières notes de LAMB OF GOD s'éteindre au loin... Dernier regard ému sur les tours des campings surplombant l'horizon... Clés sur le contact, un quart de tour, la voiture démarre... C'est reparti pour 365 jours de vie normale...

Sérieusement, il est à qui ce médiator?
Je tiens à adresser un grand merci à  :
- Olivier Garnier, Roger Wessier et toute l'équipe de l'espace presse pour une organisation  parfaitement calibrée.
- Les auteurs des magnifiques photos de cet article : Ludovic Fabre, Leonor Ananké, Nikolas Ernult, Romy Del Signore, Marjorie Coulin, Nicolas Delpierre, Celine Kopp et Christophe Pauly.
- Le reste de l'équipe Hard Force, présente ou absente, pour m'avoir permis de faire de ce festival, un véritable rêve éveillé !
- Et bien sûr vous, si vous lisez ces lignes et que vous êtes arrivés jusqu'ici !



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(Bach) Sebastian
(Grohl) Dave
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Abysse
Aderock Records
Aesthesia
AFM
AFM Records
Alice Cooper
Alpha Tiger
Andreasson (Per)
Andrew W.K.
Armored Saint
Armstrong (Emily)
Ascension Of The Watchers
Avalon
Avantasia
Ayers
Bang Your Head Prod
Base Productions
Battle Beast
Bärjed (Mattias)
BDS
Beastö Blancö
Black Victory Records
Blind Ship
Blue Coupe
Blue Wave Production
Bullet For My Valentine
Bush (John)
Byford (Biff)
C. Bell (Burton)
Candelight Records
Caproduction
Caproductions
Century Media
Chaffin (Don)
Charm City Devils
Cherry (Chad)
City Of Fire
Columbia Records
Corabi (John)
Crashdiet
Cult Of Luna
D Angelo (Sharlee)
Dead Sara
Deep Purple
DeMaio (Joey)
Deris (Andi)
Doomriders
Dublin Death Patrol
Duda (Mariusz)
Dunaway (Dennis)
Ear Music
Edel Music
Eklipse
Eldorado and co
Electric Mary
Eleven Seven Music
Empreinte
eOne Entertainment
Eths
Favored Nations Entertainment
Fear Factory
Ferrailleur (Le)
Forum (Le)
Free Fall
Frontiers Records
Frostbyte Media
Gallant (Shannon)
Gamma Ray
Garric (Chuck)
Gérard Drouot Productions
Gray (Chad)
Guns'n'Roses
Hacride
Halestorm
Hansel and Gretel
Hatriot
Haxans (The)
Hellectrokuters
Hellfest 2012
Helloween
Hellscrack
Hellyeah
HOFA Studios
Holyhell
Hottinger (Joe)
Hypocrisy
In Memory Of Heather
Indie Recordings
InsideOut Music
Jim Jones Revue (The)
Jumping Jack
Kamelot
Karma To Burn
Kells
Kennedy (Myles)
Klone
Klonosphere
Koffler (Alfred)
Koritni
Kotipelto (Timo)
Kroeger (Mike)
Kubota
Last Vegas (The)
Leprous
Listenable Records
Live Nation
Lordi
Lost Angels (The)
Louhimo (Noora)
Lucassen (Arjen Anthony)
Magic Circle Music
Manowar
Marchais (Guy)
Mascot Records
McManus (Pat)
Metallica
Moose (Michael Thomas)
Mötley Crüe
Music Forever
Mustaine (Dave)
N-Syndicate Prod
Napalm Records
Nickelback
Nightcreepers
Nightwish
Nous Productions
Nuclear Blast
Nuclear Blast Records
Olympia
Osbourne (Ozzy)
Pat McManus Band (The)
Peppermint Park Studios
Persson (Johannes)
Piggy D
Pink Cream 69
Pocket Kid Records
Rakel Traxx
Rat Pak Records
Rawking
Red Lamb
Replica
Reverse Grip
Rival Sons
Riverside
Roadrunner Records
Rock House Music
Roots To Remain
Roxie 77
Royal Republic
Run To The Stage
Ryan Roxie
Sammet (Tobias)
Saxon
Scams (The)
Scène Michelet (La)
Season of Mist
Shadowside
Slash
So What
Solberg (Einar)
Sony Music
Sound City
Soundgarden
Souza (Steve Zetro)
Speakeasy Production
Spiritual Beggars
Spitz (Dan)
SPV
Steamhammer
Steel Panther
Steel Rangers
Sticky Boys
Stratovarius
Suffocation
Sunset Riot
Taste The Void
Tate (Geoff)
Tägtgren (Peter)
Tess
Thayil (Kim)
The Link Productions
Thousand Codes
Throw Me Off The Bridge
Timo Tolkkis Avalon
Tolkki (Timo)
Top albums 2012
Trouble Juice
Turisas
Udr Music
Unisonic
Universal Music
Vai (Steve)
Verycords
War Inside
Warner Music
Wild Dawn
Wille And The Bandits
Wisseloord Studios
YCKM Fest