10-07-2012
LES METALLURGICALES @ Denain - 09•06•2012 [live-report]
Cette quatrième édition des METALLURGICALES de Denain (59) avait de quoi faire rêver tout metalhead, quelque soit l’âge. Lorsque l’on vous annonce ANTHRAX et MESHUGGAH en têtes d’affiche, accompagnés de LOUDBLAST, avouez qu’il n’y a pas d’hésitation possible : on fonce. Et tout comme environ 1.500 personnes, c’est avant tout au bar que je me suis dirigé, tenu par Larry de La Chimère à Lille, et situé juste en face de la scène extérieure.
Et c’est sur cette scène que monte SOH ; comprenez Seeds Of Hate ; groupe local qui va devoir faire forte impression afin de satisfaire un public déjà bien fourni, et qui se dirige avec intérêt vers cette scène. Mais il ne faudra que quelques minutes pour en voir certains fuir vers le bar, la friterie ou le stand merchandising, ceux-ci n’appréciant que très moyennement la prestation offerte par les thrasheurs nordistes. Certes, le son n’était pas encore forcément au point (suffisamment bon pour qu’un groupe s’exprime), mais cela n’excuse en rien le manque d’originalité dont a fait preuve SOH. On aurait pu s’attendre à mieux de la part d’un groupe qui existe depuis une quinzaine d’années déjà. Bref, passons.
SOH
Place ensuite à REVOKER qui se produit sur la scène du gymnase et si le groupe ne paie pas de mine à première vue, les Gallois vont rapidement nous faire changer d’avis, balançant leur sorte de metalcore survitaminé avec brio. Là encore, l’originalité n’est pas au rendez-vous, mais il faut admettre que l’ensemble est très bien ficelé et passe comme une lettre à la poste. Bien que manquant cruellement de charisme, le groupe manifeste son plaisir évident d’être sur scène et se donne à fond devant nos yeux conquis.
Le chant est percutant et même si le style se veut prévisible, les titres s’enchaînent à une vitesse folle et permettent au public de se réveiller ! Le pari n’était pourtant pas gagné d’avance, la formation n’ayant qu’un album à proposer (“Revenge For The Ruthless”), et ne possède pas forcément une solide expérience, n’existant que depuis 2009.
Set-list : “Time To Die”, “Hate Inside”, “The Great Pretender”, “Thief”, “Psychoville”, “Stay Down”, “Born To Be An Outlaw”
REVOKER
On retourne à l'extérieur pour assister à la prestation des vainqueurs du tremplin organisé un mois plus tôt. NOISE EMISSION CONTROL se doit de justifier sa victoire et doit convaincre un public de plus en plus important (nous approchons peu à peu des gros noms du festival).
Musicalement, on ne peut rien reprocher à cette formation, en dépit de cordes cassées sur l’ultime morceau. On a le plaisir d'écouter des compositions extrêmement dynamiques, avec notamment de nombreuses inspirations thrash "old-school", loin d’être déplaisantes. Les musiciens montrent une complicité admirable et ne cachent pas leur plaisir d’être ici. Là où le bât blesse, c’est au chant. Le frontman a beau se démener sur la scène qu’il occupe à merveille, je n’apprécie pas du tout ce que j’entends et je lutte pour ne pas décrocher au bout de quelques minutes, m’attardant donc sur les musiciens. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas…
Set-list : “No, No Nothing”, “Matérialiser”, “8th Wonder”, “Envie”, “De La Poudre”, “Lucie”, “Fat Slut”, “Aigri”, “The Exit”, “Terminé”, “Tu T’Affoles”, “Crève”
NOISE EMISSION CONTROL
Place à la machine de guerre LOUDBLAST. A l’intérieur du gymnase, le public s’est massé contre les crash barrières et attend avec impatience l’apparition d’une des gloires du metal français. Et ils ne vont pas mettre longtemps pour se mettre l’assemblée dans la poche. “Shaped Images Of Disincarnate Spirits” est à peine terminé que l’on assiste à une véritable ovation et des demandes particulières fusent dans la salle... Lorsque quelques minutes plus tard, le morceau “Emptiness Crushes My Soul” se fait entendre. Une poignée de spectateurs demandera la venue de la star du porno Nina Roberts, qui figure dans le clip du dit morceau. Ils repartiront déçus de ne pas l’avoir vu, mais ne s’attarderont pas sur ce détail, tant la prestation de LOUDBLAST est dévastatrice.
Les slams et pogos se multiplient et le moins que l’on puisse dire c’est que le public prend un plaisir manifeste face à cette superbe démonstration, gérée à la perfection par Stéphane Buriez et ses amis (dont un bassiste remplaçant). Parfait !
Set-list : “Shaped Images Of Disincarnate Spirits”, “Flesh”, “Presumption”, “Wisdom… (Farther On)”, “Emptiness Crushes My Soul”, “Neverenduing Blast”, “No Tears To Share”, “Frozen Moments Between Life And Death”, “Nosce Te Ipsum”, “Taste Me”, “The Horror Within”, “Cross The Threshold”, “My Last Journey”.
LOUDBLAST
Pour nous remettre de nos émotions, prenons un peu l’air, assez chaud et parfumé, un mélange de bières et friture qui met en appétit ! Et pourtant, PRIME SINISTER laissera de nombreux festivaliers sur leur faim, balançant un set qui, sans être dénué d’intérêt, ne permettra pas aux deux ex-UNDERCOVER SLUT de se mettre en valeur, à cause d’une prestation assez molle, avec un batteur et un bassiste amorphes, contrastant avec Pills, fidèle à lui-même, avec son air nonchalant, tentant tant bien que mal de satisfaire un public qui n’avait, au final, que faire de cette prestation puisque la friterie et le bar seront bondés tout au long du set qui ne restera pas gravé dans les mémoires…
PRIME SINISTER
A l’origine, ANTHRAX devait être tête d’affiche, mais une inversion assez tardive avec MESHUGGAH modifiera un peu le programme, sans écorcher la motivation des festivaliers.
Les Américains attirent un public très varié et le complexe sportif sera bondé pour assister au passage d’un membre du Big Four. Et quoi de plus logique qu’un morceau issu du dernier album“Worship Music” pour démarrer ? Deux morceaux peut être ! Car “Worship” puis “Earth On Hell” vont rendre le public euphorique ! Les quinquas nous en mettent plein la vue et ne font clairement pas leur âge. Joey Belladonna est en très grande forme et n’aura de cesse de mettre le feu à l'assistance qui ne demande que ça.
Dans le public, tout le monde y trouve son compte. Les non-initiés reconnaîtront forcément la reprise de TRUST, “AntiSocial”, et les plus connaisseurs ne pourront oublier des classiques comme “Indians” ou “I Am The Law”.
Sur scène, si Belladonna appelle régulièrement le public à mettre le feu, Scott Ian est déchaîné et quand il ne fait pas le spectacle pour les spectateurs, il le fait pour les photographes ! A la basse, Franck Bello ne bénéficie pas de la même qualité de son que ses collègues (saturation), mais il n’en demeure pas moins explosif, notamment lorsqu’il place sa ligne de chant, les yeux révulsés. Rob Caggiano est, quant à lui, nettement plus calme, et semble ne faire qu’un avec sa guitare, rappelant par moment un certain John Petrucci. On admire, on salive, on en prend plein les yeux pour notre plus grand plaisir, et il suffit de voir l’ovation finale pour comprendre que l’entièreté de la salle y a trouvé son compte.
Dans le public, tout le monde y trouve son compte. Les non-initiés reconnaîtront forcément la reprise de TRUST, “AntiSocial”, et les plus connaisseurs ne pourront oublier des classiques comme “Indians” ou “I Am The Law”.
Sur scène, si Belladonna appelle régulièrement le public à mettre le feu, Scott Ian est déchaîné et quand il ne fait pas le spectacle pour les spectateurs, il le fait pour les photographes ! A la basse, Franck Bello ne bénéficie pas de la même qualité de son que ses collègues (saturation), mais il n’en demeure pas moins explosif, notamment lorsqu’il place sa ligne de chant, les yeux révulsés. Rob Caggiano est, quant à lui, nettement plus calme, et semble ne faire qu’un avec sa guitare, rappelant par moment un certain John Petrucci. On admire, on salive, on en prend plein les yeux pour notre plus grand plaisir, et il suffit de voir l’ovation finale pour comprendre que l’entièreté de la salle y a trouvé son compte.
Set-list : “Worship”, “Earth On Hell”, “Fight ‘Em Till You Can’t”, “Caught In A Mosh”, “Antisocial”, “The Devil You Know”, “Indians”, “Got The Time”, “Medusa”, “Among The Living”, “Be All, End All”, “Madhouse”, “I Am The Law”
ANTHRAX
Chaque festival réserve son lot de pépites. A contrario, on se retrouve également avec d’énormes ratés, et c’est ce que tout le monde retiendra de la prestation de Sarah Jezebel Deva.
Déjà largement critiquée en 2011 lors de sa prestation au Chaulnes Festival (80), la “diva” récidive ce soir, et il y a fort à parier que si buvette et friterie avaient été à l’intérieur, le devant de la scène aurait probablement été déserté après le premier titre.
Des compositions plates, des instruments inaudibles à cause des innombrables samples qui étaient au final la seule source d’intérêt (avec notamment le chant de Dani Filth et des compositions pas toujours bien inspirées mais moins fades que le reste), et une attitude sur scène qui frise le ridicule, l’ex-chanteuse de CRADLE OF FILTH allant jusqu’à se tromper dans le titre des chansons… Il n’en fallait pas plus pour que le public courent à toute vitesse se réfugier dans la salle, ou l’ultime groupe se préparait.
Des compositions plates, des instruments inaudibles à cause des innombrables samples qui étaient au final la seule source d’intérêt (avec notamment le chant de Dani Filth et des compositions pas toujours bien inspirées mais moins fades que le reste), et une attitude sur scène qui frise le ridicule, l’ex-chanteuse de CRADLE OF FILTH allant jusqu’à se tromper dans le titre des chansons… Il n’en fallait pas plus pour que le public courent à toute vitesse se réfugier dans la salle, ou l’ultime groupe se préparait.
SARAH JEZEBEL DEVA
Nous voici avec la tête d’affiche, qui va frapper fort d’entrée en attaquant avec “Demiurge” qui retournera toute la salle. Le public a bien compris que les Suédois ont la ferme intention de laisser leur empreinte sur ce festival, et les premières minutes leurs donnent raison. Un concert de MESHUGGAH est toujours un moment fort, car rien n’est laissé au hasard, que ce soit dans le jeu de scène ou dans les lights. Ces dernières feront pester pas mal de photographes mais qu’importe, l’essentiel étant de se laisser transporter dans ce fascinant univers.
Comme à son habitude, Jens Kidman ne laissera personne de marbre, son attitude sur scène étant des plus captivantes. Son chant est également magique et donne davantage de lourdeur aux compositions qui n’en manquent déjà pas, car la basse vous retourner le cerveau. Et si vous n’êtes pas encore subjuguer par ces deux musiciens, la destructrice batterie de Thomas Haake aura raison de vous, cet exceptionnel batteur justifiant là son statut de meilleur batteur metal (2008 – Modern Drummer).
L’apothéose de cette soirée interviendra lors du cultissime “Bleed” et ce riff absolument jouissif ! Ce qui viendra après tiendrait presque du bonus, MESHUGGAH ayant déjà fait vivre un moment inoubliable au public nordiste. Et la soirée se conclura en beauté, avec le trop court “Dancers To A Discordant System”.
L’apothéose de cette soirée interviendra lors du cultissime “Bleed” et ce riff absolument jouissif ! Ce qui viendra après tiendrait presque du bonus, MESHUGGAH ayant déjà fait vivre un moment inoubliable au public nordiste. Et la soirée se conclura en beauté, avec le trop court “Dancers To A Discordant System”.
Set-list : “Demiurge”, “Combustion”, “Lethargica”, “Do Not Look Down”, “The Hurt That Finds You First”, “Mind’s Mirror”, “Bleed”, “Rational Gaze”, “New Millenium Cyanide Christ”, “Future Breed Machine”, “Dancers To A Discordant System”
MESHUGGAH
Globalement, cette quatrième édition des Metallurgicales aura été une réussite, les têtes d’affiches ayant offert des prestations mémorables. Remercions donc Roger Wessier pour son travail, la ville de Denain qui entretient le festival de Patrick Roy, Larry de La Chimère, les bénévoles pour tout le travail effectué et le public ayant fait de ce festival une très belle fête.















































































