10-04-2013
TESTAMENT + DEW SCENTED + AS THEY BURN @ Paris (La Machine Du Moulin Rouge) - 31•03•2013 [live-report]
Quand les seigneurs du Thrash se donnent la peine d'un passage à Paris, cela mérite bien un petit compte rendu à quatre mains, en collaboration avec Leonor Ananké, également en charge des photos...
Entre Thrash et Deathcore il y a comme une légère différence de style me direz-vous et pourtant ce sont les jeunes deathcoreux d'AS THEY BURN qui se chargent d'ouvrir les hostilités. A peine rentrés d'un mois de tournée à l'affiche du Bonecrusher Fest avec GOROD, WAR FROM A HARLOUTS MOUTH, BENEATH THE MASSACRE et JOB FOR A COWBOY, le désormais sextet rempile pour une nouvelle date, qui a de son prestige : on ne joue pas avec TESTAMENT tous les jours.
Bien qu'il semble qu'une partie du public ait déjà fait connaissance avec AS THEY BURN auparavant, la grande majorité de la salle découvre ce soir le Deathcore cadencé des Parisiens, qui viennent tout juste de sortir leur deuxième album, intitulé « Will, Love, Life ». Une grande majorité du set y sera d'ailleurs consacré, de « Medicine 2.0 » à « Sons Of Shiva », le groupe démontre que les titres sont effectivement calibrés pour le live. Kevin Traoré au chant prête ses tripes à l'ouvrage et les gouttes de sueurs ne tardent pas à perler sur son visage. On apprécie l'énergie communicative qui se dégage de l'ensemble de musiciens, la bonne ambiance qui en découle et l'assurance d'un groupe qui commence vraiment à faire parler de lui depuis sa récente signature chez Victory Records. Il va de soi qu'une partie du public restera hermétique au Deathcore proposé par AS THEY BURN mais pour ceux qui ont vraiment ouvert les oreilles, le moment est appréciable.
Certes, les compositions ne sont pas toutes d'une technicité pharaonique, mais force est de constater que le groupe envoie du lourd tout en faisant le pari d'amener un peu d'originalité et de personnalité à un style qui n'en a pas toujours. Affaire à suivre...
Passées une vingtaine de minutes, la scène de La Machine fait place aux cinq acharnés de DEW-SCENTED, qui ont accompagné TESTAMENT tout le long de cette tournée européenne.
Les patrons du Thrash/Death germanique ont récemment fêté les vingt ans d'existence du groupe (même si le line-up a largement changé entre temps), et il ne manque plus que quelques semaines avant la sortie de « Insurgent » qui regroupera raretés, reprises et titres live en guise de cadeau d'anniversaire.
Le dernier passage du groupe à Paris remonte à 2010, quant à moi, je me souviens de leur prestation la même année au Wacken Open Air, de bon matin (10h30 tout de même), sous un soleil de plomb. Je n'avais pas été déçue de m'être levée de bonne heure. Reste à voir ce que le groupe nous réserve ce soir.
Et bien, pour faire simple... une bonne grosse claque que la totalité de la salle se prend de plein fouet dès les premières secondes d'un set infernal. Il est d'ailleurs assez surprenant de voir comment DEW-SCENTED arrive à faire manger le public dans sa main presque instantanément alors que ce dernier, dans sa grande majorité, découvre ici le groupe pour la première fois.
Cet engouement soudain n'a en fait pas grand chose à voir avec un heureux hasard. Au contraire, les balances ont été faites avec une telle précision que le son qui émane de chaque instrument est littéralement excellent, le mixage se fait naturellement, sans guitare qui surnage ou de batterie inaudible. Même la basse de Joost von der Graaf est mise en valeur, le tout mené par la voix au timbre si sec et décharné de Leif Jensen qui achève de mettre tout le monde d'accord.
Chaque titre est une déferlante de technicité, de mélodies extrêmes en puissance appuyées par l'humeur joyeuse de chacun des membres du groupe, qui n'ont de cesse d'alpaguer le public, le sourire aux lèvres. Pas grand chose à redire... On s'émerveille des blast beats que nous offre Koen Herfst, à une vitesse étonnante, du groove qu'il arrive malgré tout à faire passer dedans. Le public ne cache d'ailleurs pas sa joie, la fosse s'agite, crie et hurle tout le long du set. Et si en plus de ça on vous dit que le groupe se montre poli et humble ? Car si DEW-SCENTED a pu ouvrir sur cette tournée de TESTAMENT, il a fallu reporter celle qui était initialement prévue avec les NO RETURN au même moment. C'est donc avec une grande simplicité que Leif dédicace spécialement au groupe leur titre « Never To Return » (quel sens de l'humour, au passage !), et promet de revenir très vite en France pour honorer cet engagement. On ne se plaindrait d'ailleurs pas s'ils revenaient aussi pour le Hellfest, mais ça, ce n'est pas encore à l'ordre du jour...
L'arrivée de TESTAMENT sur scène provoque un raz de marée dans la salle... A tel point que l'on regrette que le groupe n'ait pas investi une salle plus importante, ne serait-ce que le Bataclan. C'est finalement bien Gene Hoglan qui se tient derrière les fûts, alors qu'Alex Skolnick joue au zébulon, sautillant sans arrêt et que Chuck Billy, toujours impressionnant prend possession de l'espace, son inimitable micro à pied court (et lumineux excusez du peu) à la main.
TESTAMENT n'a pas forcément eu une carrière comparable à celle de METALLICA ou SLAYER, même s'il en a souvent récupérer les batteurs, pourtant on a bien l'impression de voir un groupe de légende. Sans surprise, c'est « Rise Up », taillé pour le live qui ouvre les hostilités. Les titres du dernier album « Dark Roots Of Earth » se taillent d'ailleurs la part belle de la set-list, « Native Blood », « True American Hate », « Dark Roots Of Earth » côtoyant avec bonheur les classiques du groupe comme « Into The Pit », « Practice What You Preach » ou « The New Order » .
Thrasheurs des années 80, la chevelure un peu moins fournie qu'alors et petits jeunes fraîchement débarqués sur la planète Metal se mêlent avec bonheur dans des circle pits d'anthologie. Les balcons tremblent, chaque marche d'escalier est prise d'assaut pour tenter de trouver la meilleur place. Le public visiblement ne boude pas son plaisir. Il faut dire que si le set est excellent (un ou deux titres de « Low » auraient pu le rendre parfait), il est servi par un son rien de moins qu'énorme, même si les premiers rangs déplorent de ne pas toujours avoir entendu la voix de Chuck Billy.
Si James Hetfield est connu et parfois moqué pour ses « Yeah », on pourrait aussi faire une compil' des « Oh oh oh » des refrains de TESTAMENT, repris en cœur par les fans, sauvant parfois la mise au chanteur dont on sent bien qu'il est parfois un peu à bout de souffle. Qu'importe, son sourire et ses nombreuses prises de paroles semblent montrer qu'il prend plaisir à passer cette dernière soirée en Europe en notre compagnie. Tous les musiciens semblent d'ailleurs d'humeur festive, n'étant pas avares de petits signes, de tapes dans les mains, de médiators envoyés dans la salle. La fatigue de cette fin de tournée semblent totalement oubliée pour profiter au maximum de ces instants de communion avec les fans.
Heureusement pour ceux qui les ont manqué ce soir et pour les insatiables qui en veulent toujours plus, le groupe a confirmé sa venue au HellFest. Si TESTAMENT y assure le même show, l'ambiance est assurée.



Merci à Tangui (Extreme Live) et Garance Productions.
05-01-2013
OBITUARY • MACABRE • PSYCROPTIC • THE AMENTA @ Paris (Le Divan Du Monde) 02•12•2012 [live-report]
Près de six mois après avoir joué à l'Empreinte (Savigny Le Temple, 77), les légendes du death metal « made in Florida » reviennent pour leur tournée « Slowly Rotted », mettant en lumière leur trois premiers albums ayant contribué à donner ses lettres de noblesse au genre.
Ayant été quelque peu pris dans les aléas de la circulation francilienne, je n'ai pu assister à la prestation des deux premiers groupes. La salle est bien pleine et ça sent bon la bière... et la transpiration : tant de monde dans une petite salle, ça réchauffe en ces premières heures hivernales.
Le guitariste-chanteur prêche tel un révérend de véritables horreurs, il semble constamment habité par les serials killers dont il nous narre les mésaventures avec une certaine délectation. Les autres membres livrent avec facilité tantôt du grind-core, tantôt du death, voire des passages plus folkloriques, limites dansants et festifs. Une très très bonne surprise quant on sait l'influence qu'à eu ce groupe sur la scène extrême et ses apparitions peu nombreuses en France.
Quand les membres d'OBITUARY investissent la scène.... le chaos s'installe (malgré plusieurs panneaux affichés un peu partout indiquant que le groupe ne veut pas de slammer sur scène !!!) De nouveau en quintet, OBITUARY délivre un set tout simplement monstrueux.
La tournée se concentre uniquement sur les trois premiers albums de la discographie du groupe. Autant dire que le public n'entendra ce soir que des classiques, tels que « Infected », « Chopped In Half », « Intoxicated », « Cause Of Death », « The end complete ».....Bref, une set-list d'anthologie !!!
De nouveau à cinq, la musique d'OBITUARY reprend toute l'ampleur qu'elle avait perdu suite aux problèmes du groupe avec son ancien soliste. On retrouve les ambiances ultra malsaines et lourdes qui font la spécificité du groupe, soutenues par un John Tardy impressionnant niveau hurlement gutturaux, même si on peut remarquer que le bonhomme commence un peu à se faire vieux sur certains passages.
Le reste du groupe enchaîne les morceaux tel un rouleau compresseur , headbangant sans cesse et ne cachant pas leur joie d'être sur scène, ce qui fait vraiment plaisir à voir. Les morceaux défilent à une vitesse folle, le pit est déchaîné et malgré deux tentatives de slam, le reste du concert se déroule sans la moindre fausse note. Seul regret, la durée du show. On aurait aimé profiter de cette intensité, du choix des titres et de cette prestation un peu plus, après environ une heure et demie. OBITUARY a définitivement convaincu.
Preuve est donc fait que passé quarante balais, on peut toujours jouer du death metal extrême. En cette période de fin du monde annoncée, je peux vous dire une chose : Le jour où les zombies débarquent, j'aurai OBITUARY à fond dans les oreilles !!! A bon entendeur,...
(Florian Sikorski)
Merci à Fred (Garmonbozia Inc)































































