29-04-2012
Dave Mustaine : "A Life in Metal".
J’aime beaucoup MEGADETH. Si si, je vous assure. Même si tous ses albums ne sont pas, à mes yeux, d’un même niveau, même s’il m’est arrivé de m’ennuyer à certain de ses concerts, MEGADETH reste un des groupes que j’apprécie beaucoup. Il fallait que ce soit dit, ne serait-ce que pour la forme. En commençant la lecture de la biographie de Dave Mustaine, je m’attendais à l’habituel enchaînement : enfance, début difficile, gloire et ses excès et rédemption. Le schéma classique de toute bio de rockstar. Évidemment, tout y est, mais façon SPINAL TAP, le niveau bloqué sur 11.Dès le départ, les choses semblent mal engagées pour le petit Dave. Parents séparés, père absent, revenus modestes. Et comme si cela ne suffisait pas, la famille Mustaine est témoin de Jéhovah... Pas le meilleur environnement pour un thrasheur en puissance. De fait, les choses dérapent assez vite, entre alcool, drogue et business douteux pour financer tout ça. Une chose est sûre, sans la musique, Dave Mustaine aurait sans doute assez mal tourné. Jusqu’ici, on peut être agacé par ce Oliver Twist à la sauce Oprah, mais on se dit encore que le bonhomme ne s’en sort pas trop mal compte tenu des éléments de départ.
Mais plus la lecture avance, plus Dave Mustaine m’est apparu comme quelqu’un d’assez antipathique. Chacun d’entre nous a dans sa vie des étapes, des événements marquants qui vont déterminer son existence. Il y a des réussites, mais aussi des épreuves et des échecs. Et il faut faire avec.... Au regard de la carrière de Dave Mustaine, son passage dans METALLICA ressemble à un claquement de doigt. Et pourtant, ces quelques mois vont déterminer pratiquement toute sa vie. Passées les quelques lignes d’introduction, les premiers mots de cette biographie sont «James Hetfield». Mustaine n’a de cesse de ressasser encore et encore son éviction du groupe, que ce soit sur le fond ou sur la forme. Pourtant, lui ne se gène pas pour virer avec plus ou moins d'élégance les membres de MEGADETH au fil du temps. Il avoue n’avoir été motivé pendant de longues années que pas la perspective de «battre METALLICA» qui a son grand désespoir s’imposait année après année comme le plus grand groupe du monde. Alors oui, je comprends, il se dit que lui aussi aurait du faire parti de cette histoire, être le numéro un.... Pas un instant il n’imagine que s’il était resté au sein de METALLICA, l’histoire de ce groupe aurait pu être différente, allez savoir.
Bref, Dave l’a mauvaise.... Disons qu’on peut comprendre. Mais ce n’est pas tout. En plus d’être revanchard, le monsieur est aussi assez teigneux, reconnaissant un penchant assez systématique pour la baston. Il a aussi de sérieux problème d’ego. MEGADETH est SON groupe et il en dispose comme bon lui semble. Il vire ses musiciens et autres collaborateurs à tout bout de champs, décide de tout : MEGADETH est un groupe non fumeur ou l’on porte ses baskets de telle façon et ses cheveux longs et pas autrement, il ne peut pas y avoir deux Dave donc à partir de maintenant Ellefson, tu t’appelles Junior ... Despotique ! Et en ce qui concerne les faux pas ? Facile : c’est toujours la faute de quelqu’un d’autre. Cette pochette est moche ? Ce n’est pas ce qu’il avait demandé ! Cet album ne s’est pas bien vendu ? C’est la promo qui n’a pas fait son boulot ! C'est un peu simple.
Puis arrive le moment de la rédemption.... Longue suite de cures de désintox, enchaînement de périodes de sobriété et de rechutes : toujours pour de très bonnes raisons naturellement.... Et là, on sent le livre taillé pour le marché américain, aussi sûrement qu’une ballade de NICKELBACK.... Dave Mustaine rencontre Dieu. Ok. La foi est quelque chose qui se respecte. La suite va au delà... Ca tient du miracle. Dave est sobre. Dave retrouve l’usage de son bras et peut revenir à la musique. Dave pardonne.... Même à Lars Ulrich et James Hetfield. MEGADETH et METALLICA deviennent super potes et font le big four. Dave retrouve Junior après des années de brouille. Dave rappelle tous les anciens membres de MEGADETH pour s’excuser. C’est beau comme un feuilleton de l’après-midi.
MEGADETH est un excellent groupe dont les albums auront marqué l’histoire du metal. Malheureusement pour Dave Mustaine, l’histoire retiendra sûrement aussi son attitude et sa personnalité, ce qui ne joue pas en sa faveur. Mais s’il a réussi à faire la paix avec lui-même... Peut-être le pouvons-nous aussi.
13-11-2011
VOLBEAT & CLUTCH à PARIS (BATACLAN) - 10-11-2011
Après avoir aperçu VOLBEAT dans de piètres conditions lors du Sonisphère (je ne reviendrai pas sur le sujet) et après avoir manqué le concert de CLUTCH au Hellfest, c’est plutôt le groupe de stoner américain qui m’attirait sur l’affiche de ce soir. Mais au vu de la file d’attente qui s’étend devant le Bataclan, et voyant que certains sont capables de venir de très très loin pour ne pas manquer cette date, je me dis que je pourrais bien être surprise. Pour ajouter encore aux attentes de la soirée, mon informateur montpellierain, qui est de la fête ce soir en est sûr, METALLICA est à Paris ce soir et il est persuadé que certains de ses membres assisteront au show. Ah le doux rêveur, ah le grand naïf, ah le gentil garçon.... Oh le bougre, il avait raison !!!James Hetfield ("presque" incognito)
CLUTCH n’a pas encore commencé son set que le bassiste Robert Trujillo prend place dans la salle sous bonne escorte, à quelques mètres de là où nous sommes. OK Hervé, t’as gagné. Le public est fébrile et incrédule et il faudra que les lumières s’éteignent et que le concert de CLUTCH commence pour que Trujillo ne soit plus le centre d’intérêt de tout le balcon. Il faut dire que si ces gars-là ne ressemblent à rien, avec leur dégaine tout ce qu’il y a de plus ordinaire, côté musique, ça envoie sévère. Son stoner poisseux, teinté de ce qu’il faut de blues et de heavy metal ne tarde pas à convaincre le public malgré le manque de communication entre les musiciens et l’auditoire. Un set mené de main de maître, mais sans grande chaleur. La température monte pourtant d’un cran au balcon : James Hetfield himself vient d’y prendre place à son tour profitant de l’obscurité pour essayer de la jouer discrètement. De la même façon, les deux musiciens s’éclipseront avant la fin du set de CLUTCH pour réapparaître alors que VOLBEAT vient de prendre possession de la scène.
Côté ambiance, rien à voir. Les musiciens sont souriants, communiquant avec leur fans avec une multitude de gestes, de grimaces même. Les Danois sont on ne peut plus chaleureux et donnent vraiment l’impression de s’amuser et de prendre du bon temps. Michael Poulsen ne cesse de parler avec le public, lui demandant les titres qu’il veut écouter. Le groupe explore avec bonheur ses différentes influences, proposant tour à tour un clin d’oeil hommage à Johnny Cash avec le titre «Sad Man’s Tongue» ou un medley de titres de METALLICA (fallait oser !), SLAYER, MOTÖRHEAD, NAPALM DEATH ou King Diamond... avant d’entraîner le public dans une reprise de QUEEN où se mélangent «We Will Rock You» et «I Want To Break Free». Le public est d’ailleurs conquis : bondissant dans toute la salle, accompagnant le groupe pour les choeurs, frappant dans ses mains en rythme. La chaleur est intenable mais l’ambiance est tellement festive que l’on oublie la journée de boulot, la migraine qui vous vrille la tête...
C’est juste un pur moment de rock n’ roll. Les musiciens ne semblent pas bouder leur plaisir non plus si l’on en juge par la longueur de la set-list où se mêlent rockabilly, heavy metal, rock... Même le rappel n’en finit plus. Le groupe invite pour un titre une vingtaine de fans à le rejoindre sur la scène.

Si je n’ai qu’un regret de cette soirée, c’est de ne pas avoir profité du set de VOLBEAT à Amneville car j’ai vraiment l’impression d’être passée à côté de quelque chose. Heureusement, après cette expérience mémorable, cela ne risque plus d’arriver et je ne laisserai plus passer une occasion de voir VOLBEAT en live.

Setlist VOLBEAT
Find That Soul / Hallelujah Goat
Guitar Gangsters & Cadillac Blood
Mr. & Mrs. Ness
Heaven nor Hell
Sad Man's Tongue
The Mirror and the Ripper
Mary Ann's Place
Medley "I Disappear", "Ace of Spades", "South Of Heaven", Napalm Death and King Diamond
A New Day
The Garden's Tale
The Human Instrument
We Will Rock You / I Want to Break Free
Radio Girl
Rebel Monster
Still Counting
River Queen
16 Dollars
Rappel :
A Warrior's Call
Fallen Play
Thanks
I Only Want to Be with You / Boa [JDM]
Pool of Booze, Booze, Booza
25-02-2011
LEMMY : le film du mec le plus cool du monde

Film documentaire de Greg Olliver et Wes Orshoski.
Sortie (UK) le 7•12•2010
Sortie (France) 2•12•2010
Lemmy Kilmister, bassiste et chanteur de MOTÖRHEAD est bien plus qu’un simple musicien : légende, mythe, parrain du metal, icône sont autant de qualificatifs employés tout au long de ce film documentaire dédié au personnage.
Pour faire simple, Lemmy est un Dieu. Le Dieu de la cool attitude et du rock n’ roll, le Dieu de la gnôle et des abus en tous genres, le Dieu des chapeaux de cow-boy et des santiags improbables. Comme l’affirme un fan interrogé dans le film : «En cas de guerre nucléaire, il n’y a que deux choses qui survivraient : Les cafards… et Lemmy».
Et il faut bien dire qu’après toutes les expériences racontées dans ce film, toutes les époques traversées par le musicien et tous les excès auxquels il a soumis son corps, le fait qu’il soit toujours là et dans cet état de forme tient du petit miracle.
Ils sont nombreux à prêter serment d’allégeance au Seigneur Lemmy. Slash, Ozzy, James Hetfield et Lars Ulrich de METALLICA, Dee Snider (TWISTED SISTER), Nikki Sixx (MÖTLEY CRÜE), Scott Ian (ANTHRAX), Dave Grohl (NIRVANA, FOO FIGHTERS, THEM CROOKED VULTURES)… pour n’en citer que quelques-uns, ne tarissent pas d’éloge quant à Lemmy, son jeu, la particularité de ses sonorités, son influence, son attitude... Tous dressent le portrait d’un homme cool et généreux, rock 'n’ roll à l’extrême, naturel et sans concession.
Seuls certains de ses anciens comparses se risquent à émettre quelques critiques, regrettant son imprévisibilité et son manque de rigueur à mettre sur le compte d’une consommation de drogues, différentes de celles qui avaient leur préférence !
Tous les aspects de la vie de Lemmy sont ici abordés, son enfance, ses débuts, les légendes qui entourent le personnage, sa famille et notamment son fils, son appartement minuscule et encombré d’une impressionnant bric à brac, ses bottes sur mesure et son amour controversé pour les antiquités en rapport avec l’armée, et particulièrement l’armée allemande. Et si son argument «je ne suis pas un nazi, j’ai eu au moins six copines black» est un peu court, il suffit de le voir parler armes et blindés en véritable expert pour comprendre que son intérêt est tout esthétique et historique et qu’il ne fait absolument pas l’apologie du IIIe Reich.
Entre les différents entretiens avec Lemmy, des extraits de concerts de toutes époques, des interventions de fans, de musiciens, des instants volés de sa vie quotidienne et de la vie en tournée, c'est une heure et demie passée en compagnie du mec le plus sympathique du monde. A voir par tous les fans de MOTÖRHEAD, mais pas seulement, car sans Lemmy, le metal ne serait sûrement pas ce qu’il est aujourd’hui !

























































