10-04-2013
TESTAMENT + DEW SCENTED + AS THEY BURN @ Paris (La Machine Du Moulin Rouge) - 31•03•2013 [live-report]
Quand les seigneurs du Thrash se donnent la peine d'un passage à Paris, cela mérite bien un petit compte rendu à quatre mains, en collaboration avec Leonor Ananké, également en charge des photos...
Entre Thrash et Deathcore il y a comme une légère différence de style me direz-vous et pourtant ce sont les jeunes deathcoreux d'AS THEY BURN qui se chargent d'ouvrir les hostilités. A peine rentrés d'un mois de tournée à l'affiche du Bonecrusher Fest avec GOROD, WAR FROM A HARLOUTS MOUTH, BENEATH THE MASSACRE et JOB FOR A COWBOY, le désormais sextet rempile pour une nouvelle date, qui a de son prestige : on ne joue pas avec TESTAMENT tous les jours.
Bien qu'il semble qu'une partie du public ait déjà fait connaissance avec AS THEY BURN auparavant, la grande majorité de la salle découvre ce soir le Deathcore cadencé des Parisiens, qui viennent tout juste de sortir leur deuxième album, intitulé « Will, Love, Life ». Une grande majorité du set y sera d'ailleurs consacré, de « Medicine 2.0 » à « Sons Of Shiva », le groupe démontre que les titres sont effectivement calibrés pour le live. Kevin Traoré au chant prête ses tripes à l'ouvrage et les gouttes de sueurs ne tardent pas à perler sur son visage. On apprécie l'énergie communicative qui se dégage de l'ensemble de musiciens, la bonne ambiance qui en découle et l'assurance d'un groupe qui commence vraiment à faire parler de lui depuis sa récente signature chez Victory Records. Il va de soi qu'une partie du public restera hermétique au Deathcore proposé par AS THEY BURN mais pour ceux qui ont vraiment ouvert les oreilles, le moment est appréciable.
Certes, les compositions ne sont pas toutes d'une technicité pharaonique, mais force est de constater que le groupe envoie du lourd tout en faisant le pari d'amener un peu d'originalité et de personnalité à un style qui n'en a pas toujours. Affaire à suivre...
Passées une vingtaine de minutes, la scène de La Machine fait place aux cinq acharnés de DEW-SCENTED, qui ont accompagné TESTAMENT tout le long de cette tournée européenne.
Les patrons du Thrash/Death germanique ont récemment fêté les vingt ans d'existence du groupe (même si le line-up a largement changé entre temps), et il ne manque plus que quelques semaines avant la sortie de « Insurgent » qui regroupera raretés, reprises et titres live en guise de cadeau d'anniversaire.
Le dernier passage du groupe à Paris remonte à 2010, quant à moi, je me souviens de leur prestation la même année au Wacken Open Air, de bon matin (10h30 tout de même), sous un soleil de plomb. Je n'avais pas été déçue de m'être levée de bonne heure. Reste à voir ce que le groupe nous réserve ce soir.
Et bien, pour faire simple... une bonne grosse claque que la totalité de la salle se prend de plein fouet dès les premières secondes d'un set infernal. Il est d'ailleurs assez surprenant de voir comment DEW-SCENTED arrive à faire manger le public dans sa main presque instantanément alors que ce dernier, dans sa grande majorité, découvre ici le groupe pour la première fois.
Cet engouement soudain n'a en fait pas grand chose à voir avec un heureux hasard. Au contraire, les balances ont été faites avec une telle précision que le son qui émane de chaque instrument est littéralement excellent, le mixage se fait naturellement, sans guitare qui surnage ou de batterie inaudible. Même la basse de Joost von der Graaf est mise en valeur, le tout mené par la voix au timbre si sec et décharné de Leif Jensen qui achève de mettre tout le monde d'accord.
Chaque titre est une déferlante de technicité, de mélodies extrêmes en puissance appuyées par l'humeur joyeuse de chacun des membres du groupe, qui n'ont de cesse d'alpaguer le public, le sourire aux lèvres. Pas grand chose à redire... On s'émerveille des blast beats que nous offre Koen Herfst, à une vitesse étonnante, du groove qu'il arrive malgré tout à faire passer dedans. Le public ne cache d'ailleurs pas sa joie, la fosse s'agite, crie et hurle tout le long du set. Et si en plus de ça on vous dit que le groupe se montre poli et humble ? Car si DEW-SCENTED a pu ouvrir sur cette tournée de TESTAMENT, il a fallu reporter celle qui était initialement prévue avec les NO RETURN au même moment. C'est donc avec une grande simplicité que Leif dédicace spécialement au groupe leur titre « Never To Return » (quel sens de l'humour, au passage !), et promet de revenir très vite en France pour honorer cet engagement. On ne se plaindrait d'ailleurs pas s'ils revenaient aussi pour le Hellfest, mais ça, ce n'est pas encore à l'ordre du jour...
L'arrivée de TESTAMENT sur scène provoque un raz de marée dans la salle... A tel point que l'on regrette que le groupe n'ait pas investi une salle plus importante, ne serait-ce que le Bataclan. C'est finalement bien Gene Hoglan qui se tient derrière les fûts, alors qu'Alex Skolnick joue au zébulon, sautillant sans arrêt et que Chuck Billy, toujours impressionnant prend possession de l'espace, son inimitable micro à pied court (et lumineux excusez du peu) à la main.
TESTAMENT n'a pas forcément eu une carrière comparable à celle de METALLICA ou SLAYER, même s'il en a souvent récupérer les batteurs, pourtant on a bien l'impression de voir un groupe de légende. Sans surprise, c'est « Rise Up », taillé pour le live qui ouvre les hostilités. Les titres du dernier album « Dark Roots Of Earth » se taillent d'ailleurs la part belle de la set-list, « Native Blood », « True American Hate », « Dark Roots Of Earth » côtoyant avec bonheur les classiques du groupe comme « Into The Pit », « Practice What You Preach » ou « The New Order » .
Thrasheurs des années 80, la chevelure un peu moins fournie qu'alors et petits jeunes fraîchement débarqués sur la planète Metal se mêlent avec bonheur dans des circle pits d'anthologie. Les balcons tremblent, chaque marche d'escalier est prise d'assaut pour tenter de trouver la meilleur place. Le public visiblement ne boude pas son plaisir. Il faut dire que si le set est excellent (un ou deux titres de « Low » auraient pu le rendre parfait), il est servi par un son rien de moins qu'énorme, même si les premiers rangs déplorent de ne pas toujours avoir entendu la voix de Chuck Billy.
Si James Hetfield est connu et parfois moqué pour ses « Yeah », on pourrait aussi faire une compil' des « Oh oh oh » des refrains de TESTAMENT, repris en cœur par les fans, sauvant parfois la mise au chanteur dont on sent bien qu'il est parfois un peu à bout de souffle. Qu'importe, son sourire et ses nombreuses prises de paroles semblent montrer qu'il prend plaisir à passer cette dernière soirée en Europe en notre compagnie. Tous les musiciens semblent d'ailleurs d'humeur festive, n'étant pas avares de petits signes, de tapes dans les mains, de médiators envoyés dans la salle. La fatigue de cette fin de tournée semblent totalement oubliée pour profiter au maximum de ces instants de communion avec les fans.
Heureusement pour ceux qui les ont manqué ce soir et pour les insatiables qui en veulent toujours plus, le groupe a confirmé sa venue au HellFest. Si TESTAMENT y assure le même show, l'ambiance est assurée.



Merci à Tangui (Extreme Live) et Garance Productions.
29-04-2012
Dave Mustaine : "A Life in Metal".
J’aime beaucoup MEGADETH. Si si, je vous assure. Même si tous ses albums ne sont pas, à mes yeux, d’un même niveau, même s’il m’est arrivé de m’ennuyer à certain de ses concerts, MEGADETH reste un des groupes que j’apprécie beaucoup. Il fallait que ce soit dit, ne serait-ce que pour la forme. En commençant la lecture de la biographie de Dave Mustaine, je m’attendais à l’habituel enchaînement : enfance, début difficile, gloire et ses excès et rédemption. Le schéma classique de toute bio de rockstar. Évidemment, tout y est, mais façon SPINAL TAP, le niveau bloqué sur 11.Dès le départ, les choses semblent mal engagées pour le petit Dave. Parents séparés, père absent, revenus modestes. Et comme si cela ne suffisait pas, la famille Mustaine est témoin de Jéhovah... Pas le meilleur environnement pour un thrasheur en puissance. De fait, les choses dérapent assez vite, entre alcool, drogue et business douteux pour financer tout ça. Une chose est sûre, sans la musique, Dave Mustaine aurait sans doute assez mal tourné. Jusqu’ici, on peut être agacé par ce Oliver Twist à la sauce Oprah, mais on se dit encore que le bonhomme ne s’en sort pas trop mal compte tenu des éléments de départ.
Mais plus la lecture avance, plus Dave Mustaine m’est apparu comme quelqu’un d’assez antipathique. Chacun d’entre nous a dans sa vie des étapes, des événements marquants qui vont déterminer son existence. Il y a des réussites, mais aussi des épreuves et des échecs. Et il faut faire avec.... Au regard de la carrière de Dave Mustaine, son passage dans METALLICA ressemble à un claquement de doigt. Et pourtant, ces quelques mois vont déterminer pratiquement toute sa vie. Passées les quelques lignes d’introduction, les premiers mots de cette biographie sont «James Hetfield». Mustaine n’a de cesse de ressasser encore et encore son éviction du groupe, que ce soit sur le fond ou sur la forme. Pourtant, lui ne se gène pas pour virer avec plus ou moins d'élégance les membres de MEGADETH au fil du temps. Il avoue n’avoir été motivé pendant de longues années que pas la perspective de «battre METALLICA» qui a son grand désespoir s’imposait année après année comme le plus grand groupe du monde. Alors oui, je comprends, il se dit que lui aussi aurait du faire parti de cette histoire, être le numéro un.... Pas un instant il n’imagine que s’il était resté au sein de METALLICA, l’histoire de ce groupe aurait pu être différente, allez savoir.
Bref, Dave l’a mauvaise.... Disons qu’on peut comprendre. Mais ce n’est pas tout. En plus d’être revanchard, le monsieur est aussi assez teigneux, reconnaissant un penchant assez systématique pour la baston. Il a aussi de sérieux problème d’ego. MEGADETH est SON groupe et il en dispose comme bon lui semble. Il vire ses musiciens et autres collaborateurs à tout bout de champs, décide de tout : MEGADETH est un groupe non fumeur ou l’on porte ses baskets de telle façon et ses cheveux longs et pas autrement, il ne peut pas y avoir deux Dave donc à partir de maintenant Ellefson, tu t’appelles Junior ... Despotique ! Et en ce qui concerne les faux pas ? Facile : c’est toujours la faute de quelqu’un d’autre. Cette pochette est moche ? Ce n’est pas ce qu’il avait demandé ! Cet album ne s’est pas bien vendu ? C’est la promo qui n’a pas fait son boulot ! C'est un peu simple.
Puis arrive le moment de la rédemption.... Longue suite de cures de désintox, enchaînement de périodes de sobriété et de rechutes : toujours pour de très bonnes raisons naturellement.... Et là, on sent le livre taillé pour le marché américain, aussi sûrement qu’une ballade de NICKELBACK.... Dave Mustaine rencontre Dieu. Ok. La foi est quelque chose qui se respecte. La suite va au delà... Ca tient du miracle. Dave est sobre. Dave retrouve l’usage de son bras et peut revenir à la musique. Dave pardonne.... Même à Lars Ulrich et James Hetfield. MEGADETH et METALLICA deviennent super potes et font le big four. Dave retrouve Junior après des années de brouille. Dave rappelle tous les anciens membres de MEGADETH pour s’excuser. C’est beau comme un feuilleton de l’après-midi.
MEGADETH est un excellent groupe dont les albums auront marqué l’histoire du metal. Malheureusement pour Dave Mustaine, l’histoire retiendra sûrement aussi son attitude et sa personnalité, ce qui ne joue pas en sa faveur. Mais s’il a réussi à faire la paix avec lui-même... Peut-être le pouvons-nous aussi.
13-11-2011
VOLBEAT & CLUTCH à PARIS (BATACLAN) - 10-11-2011
Après avoir aperçu VOLBEAT dans de piètres conditions lors du Sonisphère (je ne reviendrai pas sur le sujet) et après avoir manqué le concert de CLUTCH au Hellfest, c’est plutôt le groupe de stoner américain qui m’attirait sur l’affiche de ce soir. Mais au vu de la file d’attente qui s’étend devant le Bataclan, et voyant que certains sont capables de venir de très très loin pour ne pas manquer cette date, je me dis que je pourrais bien être surprise. Pour ajouter encore aux attentes de la soirée, mon informateur montpellierain, qui est de la fête ce soir en est sûr, METALLICA est à Paris ce soir et il est persuadé que certains de ses membres assisteront au show. Ah le doux rêveur, ah le grand naïf, ah le gentil garçon.... Oh le bougre, il avait raison !!!James Hetfield ("presque" incognito)
CLUTCH n’a pas encore commencé son set que le bassiste Robert Trujillo prend place dans la salle sous bonne escorte, à quelques mètres de là où nous sommes. OK Hervé, t’as gagné. Le public est fébrile et incrédule et il faudra que les lumières s’éteignent et que le concert de CLUTCH commence pour que Trujillo ne soit plus le centre d’intérêt de tout le balcon. Il faut dire que si ces gars-là ne ressemblent à rien, avec leur dégaine tout ce qu’il y a de plus ordinaire, côté musique, ça envoie sévère. Son stoner poisseux, teinté de ce qu’il faut de blues et de heavy metal ne tarde pas à convaincre le public malgré le manque de communication entre les musiciens et l’auditoire. Un set mené de main de maître, mais sans grande chaleur. La température monte pourtant d’un cran au balcon : James Hetfield himself vient d’y prendre place à son tour profitant de l’obscurité pour essayer de la jouer discrètement. De la même façon, les deux musiciens s’éclipseront avant la fin du set de CLUTCH pour réapparaître alors que VOLBEAT vient de prendre possession de la scène.
Côté ambiance, rien à voir. Les musiciens sont souriants, communiquant avec leur fans avec une multitude de gestes, de grimaces même. Les Danois sont on ne peut plus chaleureux et donnent vraiment l’impression de s’amuser et de prendre du bon temps. Michael Poulsen ne cesse de parler avec le public, lui demandant les titres qu’il veut écouter. Le groupe explore avec bonheur ses différentes influences, proposant tour à tour un clin d’oeil hommage à Johnny Cash avec le titre «Sad Man’s Tongue» ou un medley de titres de METALLICA (fallait oser !), SLAYER, MOTÖRHEAD, NAPALM DEATH ou King Diamond... avant d’entraîner le public dans une reprise de QUEEN où se mélangent «We Will Rock You» et «I Want To Break Free». Le public est d’ailleurs conquis : bondissant dans toute la salle, accompagnant le groupe pour les choeurs, frappant dans ses mains en rythme. La chaleur est intenable mais l’ambiance est tellement festive que l’on oublie la journée de boulot, la migraine qui vous vrille la tête...
C’est juste un pur moment de rock n’ roll. Les musiciens ne semblent pas bouder leur plaisir non plus si l’on en juge par la longueur de la set-list où se mêlent rockabilly, heavy metal, rock... Même le rappel n’en finit plus. Le groupe invite pour un titre une vingtaine de fans à le rejoindre sur la scène.

Si je n’ai qu’un regret de cette soirée, c’est de ne pas avoir profité du set de VOLBEAT à Amneville car j’ai vraiment l’impression d’être passée à côté de quelque chose. Heureusement, après cette expérience mémorable, cela ne risque plus d’arriver et je ne laisserai plus passer une occasion de voir VOLBEAT en live.

Setlist VOLBEAT
Find That Soul / Hallelujah Goat
Guitar Gangsters & Cadillac Blood
Mr. & Mrs. Ness
Heaven nor Hell
Sad Man's Tongue
The Mirror and the Ripper
Mary Ann's Place
Medley "I Disappear", "Ace of Spades", "South Of Heaven", Napalm Death and King Diamond
A New Day
The Garden's Tale
The Human Instrument
We Will Rock You / I Want to Break Free
Radio Girl
Rebel Monster
Still Counting
River Queen
16 Dollars
Rappel :
A Warrior's Call
Fallen Play
Thanks
I Only Want to Be with You / Boa [JDM]
Pool of Booze, Booze, Booza
23-03-2011
Un anniversaire Tout feu, tout Slash
Hier, nous apprenions qu’un important incendie avait ravagé l’Élysée-Montmartre, notre seconde maison à tous, nous privant probablement pendant plusieurs mois de notre salle de concerts préférée. Je ne pense pas qu’il soit possible d’effacer de nos mémoires les images du bâtiment en flammes ou de l’intérieur de la salle calcinée... Mais il est quand même important de se réjouir qu’il n’y ait eu que des dégâts matériels, et de se souvenir de tous les bons moments que nous y avons passés.Comme un hommage à cette salle où j’ai passé tant de soirées, j’ai envie de partager avec vous l’un de ces souvenirs. J’aurais pu raconter une première rencontre assez marquante avec Robb Flynn (MACHINE HEAD), à l’époque où il pouvait se permettre de traîner dans la salle pendant les premières parties, ou la façon dont je me suis retrouvée à participer à une séance photos avec SOULFLY sur le toit du bâtiment, ou tous ces concerts réservés à quelques privilégiés comme METALLICA ou les RED HOT CHILI PEPPERS auxquels j’ai eu l’immense chance d’assister... Mais non, l’anecdote que je veux raconter ici est sans doute la plus personnelle et la plus incroyablement «Megateuf» qui me soit arrivée à l‘Élysée.
28 juin 1995. C’est mon anniversaire et j’ai vingt ans. Premier cadeau de la journée, ma copine Virginie se sacrifie et m’accompagne au concert de Slash et de son SNAKEPIT. Réelle preuve d’amitié, car ce n’est pas du tout son truc. Moi, je suis fan de base ; malgré la température, j’arbore le pantalon en cuir réglementaire, le t-shirt du groupe et des santiags... et autant avouer que si j’avais trouvé un chapeau haut de forme comme celui de mon idole, je l’aurais sans doute eu sur la tête ! Du concert en lui-même, je ne garde que quelques images et impressions confuses. Mais ce qui s’est passé ensuite, peu de risque de l’oublier.

Les lumières se rallument et, comme à leur habitude, les videurs commencent à diriger le public vers la sortie. Et là, sous le regard incrédule d’un grand gaillard tout en muscles ou presque, Virginie grimpe sur la scène où les roadies s’activent déjà, arrache une set-list et me la ramène toute fière de son coup. Le vigile la regarde et hausse le ton, du genre «Non mais, ça va pas ? Qu’est-ce que tu fous ?». Et Virginie de lui expliquer très calmement que c’est mon anniversaire et qu’elle veut juste m'offrir un petit souvenir. Il se retourne alors vers moi et me demande confirmation. J’acquiesce. Il nous tend alors ce que nous prenons pour de simples stickers en ajoutant : «Eh bien, bon anniversaire alors !». Nous le remercions et le laissons poursuivre son évacuation. Par la suite, nous apprendrons qu’il se fait appeler "nounours" et si, par le plus grand des hasards, il lit ces lignes, je veux le remercier encore une fois. Car en examinant de plus près ce qu’il nous a donné, nous réalisons que ces stickers portent la mention «Guest» et que ce sont des accès backstages.


Commence alors l’épisode «Wayne’s World» de la soirée. Aussitôt les passes collés, nous nous dirigeons vers l’accès aux coulisses de l'Elysée où quelques fans attendent. Après quelques instants, un autre vigile arrive et nous désigne du doigt. «This girl, this girl, C’mon !» Nous le suivons et entrons dans une pièce où les musiciens se relaxent après leur concert. Slash est assis tranquillement, torse nu (ouais les filles, torse nu !!!!), les cheveux entourés d’une serviette blanche. A côté de lui, Gilby Clarke profite d’un moment en famille avec sa compagne et leur petite fille. Un peu impressionnées, nous n’osons pas trop nous approcher. Slash nous y invite tout souriant. Il dédicace la set-list et nous échangeons quelques mots sur mon collier en forme de serpent. Pendant se temps, Virginie fait manger ses chips à la fillette de Gilby. Nous sommes dans une autre dimension... Et quand une porte s’ouvre et que Lars Ulrich apparaît... nous nous retenons de justesse de nous prosterner en clamant : «On est tout petits, on ne mérite pas !». Heureusement, la dignité, ça nous connaît ! Virginie commence à scruter les environs et demande si James n’est pas là. Hélas, Lars nous apprend, mime à l’appui, qu’il est à la chasse aux canards ! Lui aussi signe ma set-list et d’autres fans arrivant, on nous demande gentiment de laisser la place.

Nous sortons finalement et pendant tout le trajet du retour, un grand sourire sans doute un peu niais s’affiche sur mon visage. Ce souvenir m’est d’autant plus cher que si, par la suite, il m’a été donné de revoir de nombreuses fois METALLICA en concert et même de faire une interview avec James Hetfield, je n’ai plus jamais vu Slash, ni en concert, ni en entretien.
Mais qui sait ce que l’avenir nous réserve ?
25-02-2011
LEMMY : le film du mec le plus cool du monde

Film documentaire de Greg Olliver et Wes Orshoski.
Sortie (UK) le 7•12•2010
Sortie (France) 2•12•2010
Lemmy Kilmister, bassiste et chanteur de MOTÖRHEAD est bien plus qu’un simple musicien : légende, mythe, parrain du metal, icône sont autant de qualificatifs employés tout au long de ce film documentaire dédié au personnage.
Pour faire simple, Lemmy est un Dieu. Le Dieu de la cool attitude et du rock n’ roll, le Dieu de la gnôle et des abus en tous genres, le Dieu des chapeaux de cow-boy et des santiags improbables. Comme l’affirme un fan interrogé dans le film : «En cas de guerre nucléaire, il n’y a que deux choses qui survivraient : Les cafards… et Lemmy».
Et il faut bien dire qu’après toutes les expériences racontées dans ce film, toutes les époques traversées par le musicien et tous les excès auxquels il a soumis son corps, le fait qu’il soit toujours là et dans cet état de forme tient du petit miracle.
Ils sont nombreux à prêter serment d’allégeance au Seigneur Lemmy. Slash, Ozzy, James Hetfield et Lars Ulrich de METALLICA, Dee Snider (TWISTED SISTER), Nikki Sixx (MÖTLEY CRÜE), Scott Ian (ANTHRAX), Dave Grohl (NIRVANA, FOO FIGHTERS, THEM CROOKED VULTURES)… pour n’en citer que quelques-uns, ne tarissent pas d’éloge quant à Lemmy, son jeu, la particularité de ses sonorités, son influence, son attitude... Tous dressent le portrait d’un homme cool et généreux, rock 'n’ roll à l’extrême, naturel et sans concession.
Seuls certains de ses anciens comparses se risquent à émettre quelques critiques, regrettant son imprévisibilité et son manque de rigueur à mettre sur le compte d’une consommation de drogues, différentes de celles qui avaient leur préférence !
Tous les aspects de la vie de Lemmy sont ici abordés, son enfance, ses débuts, les légendes qui entourent le personnage, sa famille et notamment son fils, son appartement minuscule et encombré d’une impressionnant bric à brac, ses bottes sur mesure et son amour controversé pour les antiquités en rapport avec l’armée, et particulièrement l’armée allemande. Et si son argument «je ne suis pas un nazi, j’ai eu au moins six copines black» est un peu court, il suffit de le voir parler armes et blindés en véritable expert pour comprendre que son intérêt est tout esthétique et historique et qu’il ne fait absolument pas l’apologie du IIIe Reich.
Entre les différents entretiens avec Lemmy, des extraits de concerts de toutes époques, des interventions de fans, de musiciens, des instants volés de sa vie quotidienne et de la vie en tournée, c'est une heure et demie passée en compagnie du mec le plus sympathique du monde. A voir par tous les fans de MOTÖRHEAD, mais pas seulement, car sans Lemmy, le metal ne serait sûrement pas ce qu’il est aujourd’hui !
16-12-2010
Ça me tape sur le système !

Je vous le promets, je ne veux pas ici me plaindre que «c’était mieux avant», ni même faire vibrer la corde de la nostalgie. J’ai juste envie de vous raconter une histoire. Il y a des années, avant même l’époque bénie où le nom du magazine HARD FORCE était un sésame pour entrer dans toute salle, j’allais déjà voir des concerts.
Il fallait attendre la publication mensuelle des magazines pour y prendre connaissance de l’agenda, ou passer régulièrement devant les enseignes de vente pour découvrir les prochaines programmations.
Commençait alors la période de réflexion : Qui vient ? Qui me ramène ? Pourvu que j’ai pas d’interro le lendemain. Puis la période de tractation : «Dites les parents ? Une avance d’argent de poche, c’est possible ?... Oui, encore !».
Ensuite, et seulement ensuite, retour au guichet pour faire l’acquisition du billet : objet de toutes les fiertés, souvent aux couleurs du groupe ou de son dernier album. Le genre de choses qu’on avait plaisir à punaiser sur son tableau de chasse (et qu’un jour, c’est promis, on mettra dans son scanner espagnol, si vous me permettez cette parenthèse dont le destinataire se reconnaîtra.) Bien sûr, à certaines occasions spéciales, on avait aussi l’obligation de faire la queue le jour de la mise en vente, pour être certain de ne pas laisser passer le concert du siècle.
Mais cela se faisait entre fans. Fin de l’histoire.
Je ne suis pas en train de dire que les vendeurs à la sauvette n’existaient pas. Mais ce marché parallèle était plus discret.
Car ce qui me chagrine aujourd’hui, ce n’est pas que les places soient mises en vente avec tambour et trompette, créant un événement avant même le concert. Ce n’est pas non plus la multiplicité des points de vente. Car elle a, au moins, le mérite que chacun, même sans avoir une grande surface ou un magasin spécialisé à proximité de chez lui, peut avoir accès à la vente.
Ce qui me tape sur le système, c’est que ce soit devenu un business.
Mardi dernier, mise en vente des places pour le concert de SYSTEM OF A DOWN le 6 juin prochain, à Paris - Bercy (quoi, vous ne l’aviez pas vu venir mon jeu de mots à dix centimes ?).
Au bout d’une heure : terminé, rideau, au revoir et merci.
Plus une place... A moins que...

Sur le site bien connu de vente et d’enchères, les places sont là, à la disposition du plus offrant : 100, 120, 150 euros... Ben voyons !
Il y a deux ans, lors du passage de METALLICA à Paris avec MACHINE HEAD, il avait fallu dégainer en une demi-heure avant de se retrouver le bec dans l’eau.
Je n’ai pas de solution, je ne pense pas que l’on puisse aller contre la course au profit.
Tous ceux qui ont essayé s’y sont cassé les dents.
Mais ce n’est pas parce qu’on ne peut rien faire qu’il faut se taire.
Je profite donc de cette tribune pour partager cette réflexion avec vous et je vous invite à réagir si le coeur vous en dit...

































































