18-03-2013
STONE TEMPLE PILOTS : le clash !
C’est par un communiqué laconique que la nouvelle est tombée : « Les STONE TEMPLE PILOTS ont annoncé qu'ils en avaient officiellement terminé avec Scott Weiland ! ».
Pas d’explication, pas un mot de plus.
Voilà, voilà, ça c’est fait...
Ce à quoi, dans les heures qui suivirent, ledit Scott Weiland, jouant les offensés, s’est lui-aussi fendu d’un communiqué: « J'ai appris ma supposée "éviction" des STONE TEMPLE PILOTS ce matin en lisant la presse. Je ne sais pas trop comment je peux "être viré" du groupe que j'ai fondé, mené à bien, et dont j'ai co-écrit une bonne partie des hits, mais laissons en décider les avocats, ils trouveront. Autrement, j'ai vraiment hâte de voir tous mes fans sur ma tournée solo qui commence ce vendredi. »
Si surpris que ça, Scott ? Bah ! Il n’y a bien que lui alors ! Car, voilà des mois que le temps semble à l’orage du côté des pilotes du temple de pierre.
D’ailleurs, Weiland avait lui-même allumé la mèche début décembre 2012 en annonçant qu’il se tenait prêt en vue d’une réunion prochaine de VELVET REVOLVER, dont il fut le chanteur aux côtés de Slash. J’avoue en avoir été étonné, car l’ex-GUNS N' ROSES se débrouille fort bien en solo. Son dernier album en date en compagnie de l’ALTER BRIDGE Myles Kennedy est un vrai succès et je ne le voyais pas remettre le couvert avec Scott alors que la séparation de 2008 s’était faite dans la douleur. Rappelons-nous qu’il disait à l’époque que Weiland était de plus en plus erratique sur scène, submergé qu’il était par ses problèmes personnels et qu’il l’avait viré lassé de ses frasques incessantes. Cependant, les rumeurs de reformation ne s’enflammèrent pas longtemps. Dès les 7 décembre 2012, Slash y mettait illico un terme allant jusqu’à prétendre que Weilandtenait ce genre de propos « parce qu’il s’est fait viré des STP ».1
Avant d’ajouter « que ce n’était pas demain la veille qu’on les reverrait ensemble sur scène et qu’il y a autant de chances que ça arrive que de revoir un jour le line-up originel de GNR !!! ».
Voilà qui avait au moins le mérité d’être clair.
Ceci étant, cet épisode n’était donc que le énième d’une longue série de dissensions qui agitent le groupe depuis presque deux ans. En 2011, Robert DeLéo, bassiste du groupe et principal compositeur, avait laissé entendre une tournée et une édition spéciale pour les 20 ans de "Core", leur terrible premier album. Fin de non-recevoir, Weiland avait préféré esquivé, d’abord en prétextant la promo de son autobiographie, puis en allant enregistrer un album de reprises de Noël !!! Non vous ne rêvez pas.Scott le toxique en mode Bing Crosby, c’était plutôt inattendu. D’ailleurs, rien que la pochette valait son pesant de cacahuète. Tempérons en remarquant que beaucoup d’artistes anglo-saxons font ce genre de niaiseries (et pas des moindres puisque, entre autres, Brian Setzer et Billy Idol s’y sont collés). Mais bon, il faut aussi avouer que c’était dans des moments où, comme on dit pudiquement, leur carrière n’était pas au mieux.
En tournée, Scott a aussi pris l’habitude d’arriver avec de plus en plus de retard. (1 heure à Paris, plus de deux heures à Abbotsford où il est sorti de scène après 30 minutes de show.) Bref, le climat vire au délétère. A tel point qu’après avoir laissé entendre qu’ils avaient commencé à travailler sur de nouveaux titres, l’aîné des Deléo avouait cet automne que le groupe était créativement au point mort.
Reste donc une question en suspens : quel avenir, s’il y en a encore un, pour les STONE TEMPLE PILOTS sans Scott Weiland?
Pour parler clair, c’est quand même loin d’être gagné. Par deux fois déjà, les DeLéo Bros ont tenté de remplacer leur fantasque vocaliste. Une première fois en 1997, après la sortie de "Tiny Music... Song From The Vatican Gift Shop", leur troisième album. Choisi pour assurer la première partie de KISS tout juste reformé avec leur make-up, Scott, lui, avait opté pour une tournée judiciaire au Betty Ford Center, avec bracelet électronique au pied et interdiction de quitter la Californie à la clé. La promo de l’album pourtant bien accueilli par le public, s’était alors arrêté nette ! De dépit, Robert DeLeo, avait alors déclaré : « c’est comme avoir gagné au Loto et avoir perdu le ticket ». Réduit de fait à l’inactivité, et furieux contre Weiland et ses addictions, les trois autres avaient formé TALK SHOW avec Dave Coutts, l’ex chanteur des obscurs TEN INCH MEN. L’album, pas mauvais au demeurant, mais qui sonnait comme une version Canada Dry de STONE TEMPLE PILOTS ne suscita guère mieux que l’indifférence générale. S’il y avait quelques très bons titres ("John, Hello, Hello" ou "Behind"), l’indéniable talent vocal de Cloutts n’avait pourtant pas réussi à faire oublier Weiland et l’univers bien barré qu’il trimbale avec lui.
Rebelote en 2006 lorsque les Deleo Bros s’acoquinent avec l’ambitieux leader de FILTER, Richard Patrick pour fonder ARMY OF ANYONE. Une armée qui sonnait comme une version heavy de… STONE TEMPLE PILOTS !! Là, encore, le public ne fut pas au rendez-vous.
De son côté, Weiland en solo ne vaut pas mieux. Si à la fin de son communiqué de façon un peu bravache, il donne rendez-vous à tous ses fans sur sa tournée solo, le fait est que ça ne risque quand même pas de remplir des stades. Car, ce n’est pas lui faire offense que de prétendre que ces albums sans STONE TEMPLE PILOTS ne trouvent pas vraiment leur public.
Pourtant, il semble évident que depuis un moment, Weiland ne rêve que de s’affranchir des trois autres et de briller en solo. D’ailleurs, alors qu’il assène qu’il reste bien le frontman des STONE TEMPLE PILOTS et que la tournée "Core" reste d’actualité, n’annonce-t-il pas dans le même temps un très prochain album solo avec un nouveau groupe baptisé THE WILDABOUTS ?
Alors tout ça pour quoi ? Vendre des tickets et faire de la pub au groupe comme le prétend Scott, ou bien comme je le pense, est-ce l’épilogue en forme de lassitude des STONE TEMPLE PILOTS, qui restera à mes yeux et n’en déplaise aux critiques françaises qui leur ont souvent tirés dessus, l’un des plus formidables groupes américains de ces trente dernières années ?
L’avenir nous le dira.
21-10-2012
50 ans des STONES !
"But what can a poor boy do/ Except to sing for a rock'n'roll band", chantait Mick Jagger en 1968 dans "Street Fighting Man". Depuis, ce temps est bel et bien révolu, pour les ROLLING STONES comme pour les autres. Un temps où ils incarnaient l’essence même du rock'n'roll, un groupe de mecs incontrôlables, riches, désœuvrés et prêts à tout. Un concept de vie "Out Of Control" qui a foutu les jetons à la très conservatrice société britannique des 60’s. Un temps, où Mick payait les avocats pour toutes les vieilles gloires flouées du Blues, les Muddy Waters et autre John Lee Hooker, afin qu’on leur verse enfin leur royalties. Jusqu’à la fin de sa vie, Hooker racontera cette histoire avec des trémolos dans la voix : "Cette Cad, mec, c’est à Mick et aux Stones que je la dois". Quelle plus belle reconnaissance pour ce pilier de la musique populaire du vingtième siècle que cette Cadillac verte métallisée.
Pour ce qui est de la reconnaissance, Mick et sa bande, eux, vont passer à la vitesse supérieure.
Car ce temps-là est terminé. Et les idéaux ivres de liberté des années soixante consomment depuis vingt ans les pissenlits par la racine.
Désormais, les ROLLING STONES, ces héros insolents et frondeurs, n’ont plus de Va-Nu-Pieds que leur nom. Un nom de moins en moins approprié, nous allons le voir. Hé oui, tout le monde ne peut pas être Neil Young. Riche peut-être mais fidèle à lui-même, fidèle à une certaine vision de la société, dut-elle être utopique et passée de mode.
A ce stade et afin d’éviter tout malentendu ultérieur, je tiens à préciser que je suis un fan absolu des ROLLING STONES, au moins jusqu’en 78 et particulièrement de la période avec Mick Taylor, guitariste qui sut propulser les Pierres dans une autre dimension, n’en déplaisent aux intégristes de l’iconique Brian Jones.
Cette année, donc, le légendaire groupe fête ses cinquante bougies. Et pour ce faire, quoi de mieux que de remplir un petit O2 Arena, sorte de paquebot de béton londonien, froid et impersonnel où peuvent s’entasser des hordes de fans par milliers. Des fans par milliers, oui mais pas n’importe lesquels. Seulement les plus riches d’entre eux. En effet, les prix pratiqués sont juste DÉMENTS et dépassent l’entendement. Cela démarre à 444,92 €, au fond, en haut de gradins, là où le groupe sur scène ressemble grosso-modo à une grosse fourmi hystériques. Pour 672,55 €, vous aurez (peut-être ?) la chance de les voir de la taille d’un Play Mobil. Mais si vous disposez d’un capital 1727,71 € pièce alors, vous pourrez les voir convenablement, aux premiers rangs et de face.
Si vous voulez le détails, voici un lien très éclairant, car les prix sont presque à la carte pour autant que vous disposiez d’une Gold ou d’une Premium justement :
Les papys du rock voulaient marquer les esprits. Eh bien, voilà c’est fait. Et de rock justement, qu’en reste-t-il ? Rien. nada ! Ces prix, c’est la trahison ultime de ce qu’ils sont justement censés incarner. En réservant leurs places aux plus aisées, les STONES crachent à la gueule de leur public. Quel autre sens donner à cette volonté affichée de privilégier délibérément les nantis en pleine période de crise ? Si ce n’est : tas de cons, casquez pour nous voir bousiller nos standards. Car ce n’est un secret pour personne, les STONES live jouent souvent mal, trop vite, trop fort. Mick braille comme un Johnny sur ressort, Keith et Charlie font le job et l’inénarrable Ronnie joue… n’importe quoi, de préférence à côté de la plaque. Ce n’est pas nouveau, il est d’ailleurs un des précurseurs de ce style, qu’il pratiquait déjà dans les FACES. Mais passons et revenons à nos moutons.
Dans une période, où le monde mord la poussière, où les populations peinent à n’avoir rien que l’essentiel, est-il concevable de mettre des places à un tel prix ?
Le rock ne devrait-il pas plutôt incarner la rage, la colère de ces gens dont on brade les existences pour rembourser les dettes qu’une poignée de banquiers ont cyniquement contractés ? Mais rien de tout cela. Le rock aussi est en mode libéral. Et Les ROLLING STONES sont devenus les chantres artistiques de ce système qui est en train de mettre l’Europe à genoux. Plus des artistes, des produits. Comme Rihanna, Lady Machin, et consort…
Ces prix, c’est le retour de l’ancien régime. La sélection non plus par le sang, mais par le fric. Eh mec, tu peux écouter les STONES acheter leur disques, mais pas les voir live. Question de caste. Le danger incandescent porté par les STONES quand les 60’s et les 70’s sont passées à la lessiveuse du pognon à tout crin des années 80. Maintenant et depuis, le groupe n’est qu’une pompe à fric. Entendons-nous, le rock l’a toujours plus ou moins été. Remember LED ZEP et tant d’autres. Mais au moins nous en donnaient-ils pour notre argent. Et ils nous épargnaient la morgue, le dédain et le mépris de celui qui n’est plus Mick Jagger mais Sir Mick. Car oui, désormais, Mick appartient à cet establishment qu’il vomissait en 68. Lui, l’électron libre a cédé à son tour aux sirènes de la reconnaissance et de l’honorabilité.
Et que l’on ne me brandisse pas Keith, l’éternel rebelle !! Dorénavant, ce n’est plus qu’un rebelle de salon, oui ! S’est-il inscrit en faux ? A-t-il refusé de jouer pour ces sommes indécentes ? NENNI !!! Non, non, il va prendre bien sagement son chèque, le rebelle. Un bon gars, ce Keith, on vous dit !
Alors, peut-être ont-ils voulu se venger de n’avoir jamais réussi à intégrer le clan des très gros vendeurs de disques (songez que BON JOVI a vendu deux fois plus de disque qu’eux !!!) ou peut-être ont-ils songé assuré leur retraite. C’est vrai que les maisons médicalisées ce n’est pas donné. Mais dans ce cas-là, fallait faire un téléthon les gars. Sauvons les STONES !!!
Quoiqu’il en soit, à ces prix-là, le compte ne peut pas y être. Même feu Michael Jackson pourtant aux abois n’avaient osé aller aussi loin. Songez qu’au premier rang, c’est plus de deux fois le SMIC français. Car pour ce qui est de l’Angleterre, c’est bien plus… Aucun concert, je dis bien AUCUN concert ne vaut ce prix-là. Même si les BEATLES se reformaient avec, Lennon, Harrison et en prime Hendrix revenu d’entre les morts à la guitare.
Ce prix en dit long sur le cynisme des STONES et, in fine, de certaines sphères de notre époque.
Ce prix est juste indécent, IGNOBLE.
Et qu’il émane d’un groupe que je vénère me colle les boules que vous n’imaginez même pas.
Rock is dead ? Surement pas.
Mais il est clair que son esprit, lui, a du plomb dans l’aile.
(Laurent Ducastel)
Ah ! J’oubliais ! Pour 14738 €, on peut aussi se procurer le Pass VIP. Si ça tente quelqu’un…


































































