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GHOST + DEAD SOUL @ Toulouse (Le Bikini)

par Philippe Dynamo
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Dec
01
2015

Visiblement, beaucoup de monde attendait ce concert comme le messie. GHOST, le phénomène suédois, au concept très abouti, est en France pour une tournée de quatre dates en tête d’affiche, après avoir joué dans quelques festivals (Sonisphere, Hellfest, Rock en Seine…). C’est des gousses d’ail plein les poches, on ne sait jamais, qu’on se joint à la communauté des fidèles venue en force ce soir. Un tas de T-shirts, sans doute achetés à crédit, quelques maquillages, l’atmosphère est sympathique, personne n’est visiblement venu pour une fausse messe noire mais pour voir un vrai concert de rock.
En première partie, on a droit à DEAD SOUL, un duo suédois à trois personnes, sans doute un autre concept, pour une demie-heure de dark-electronic-doom-blues. Effectivement, il y a un peu de blues là-dedans. Et c’est vrai, il y a aussi beaucoup d’electro dans leur musique.

Changement de décor. Ça commence à sentir l’oliban. La scène est tel un chœur dépouillé sur plusieurs niveaux en haut desquels trônent batterie et claviers. Au fond, les vitraux dessinés sur le backdrop accentuent l’impression d’être dans une église. La sono égrène des oldies, E.L.O, BON JOVI et "Miserere Me, Deus", un vieux tube Renaissance de Gregorio Allegri, chanté il y a des siècles pendant les mâtines à Rome. Vu que le truc dure un bon quart d’heure, le public reprend rapidement ses conversations avec ses voisins ou sur les réseaux sociaux. La lumière devient rouge, alors que retentit l’inquiétant “Masked Ball”, celui du film de Kubrick. La fumée envahit la scène et les lumières se rallument sur les cinq goules sans nom qui entament “Spirit”, dans leur tenue noire très classe avec guêtres et leurs masques argentés. On ne sait où donner de la tête tant on ne veut rien rater.

Ça y est, c’est bel et bien commencé, on déguste. Apparaît en haut de la scène Papa Emeritus, troisième du nom, comme par magie noire bien sûr. Le groupe arpente la scène, les goules la frappant régulièrement d’un pied rageur. Papa Emeritus bouge lentement, essayez donc de marcher avec une énorme mitre.
Entre les morceaux, il remercie ses ouailles et les sermonne de ne pas tripoter les nonnes qui viennent donner l’eucharistie au premier rang. A chaque titre, la foule gronde de plaisir. « Celle-là, je l’adore aussi ! ».



Quand Papa Emeritus quitte sa soutane pour un costume plus sobre, la messe est dite, on se concentre sur la musique, majestueusement interprétée. Sous leurs masques se cachent de sacrés musiciens. Les morceaux s’enchaînent comme des classiques, avec leurs mélodies profanes reprises par la foule des pécheurs, on se croirait à un concert de MAIDEN. Pécheurs qui sont tellement heureux qu’ils braillent : « Joyeux anniversaire ! » lorsque deux roadies très propres sur eux amènent deux grands chandeliers allumés qu’ils placent de chaque côté des marches.
C’est le moment intime où Papa Emeritus, après avoir sermonné les importuns, interprète en acoustique un magnifique "Jigolo har Meggido", accompagné à la guitare acoustique par trois goules assises, celle en noir, l’autre avec le masque et les guêtres, et celle en noir avec le masque et les guêtres.

La fin est tout aussi fantastique, avec un magistral “If You Have Ghosts” et “Monstrance Clock” qui emplit de bonheur les fidèles, un titre que Papa Emeritus introduit avec un discours quelque peu libidineux, mais s’il est vrai que Dieu est amour, alors pourquoi pas le diable ?


Toutes les photos dans le portfolio de Fred Moocher.


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