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LES SALES MAJESTES "Ni Dieu, Ni Maître"

par AnneM
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Oct
01
2016

Les albums des SALES MAJESTES ont la particularité de tous contenir au moins un titre qui restera à jamais gravé dans le tréfonds de nos cerveaux. A tel point que nombreux seront ceux qui se rappelleront pour toujours de l'air et des paroles, sans pour autant se rappeler des auteurs. « Ni Dieu, Ni Maître » ne déroge pas à la règle. Il est sorti en version vinyl fin janvier 2016 sur le label DKP Productions, ce qui nous donne l'occasion de l'écouter plus en détail.
Première constatation, malgré l'important changement de line-up en 2014, l'album sonne indubitablement SALES MAJ. Yves a repris les parties chants et sa voix, un peu plus dure et éraillée que celle d'Arno Futur, l'ancien chanteur (et frère jumeau de l'actuel - ndlr), monte encore d'un cran le climat d'insurrection qui règne à l'écoute de ces nouveaux titres.

« Ni Dieu, Ni Maître » commence par "Vivre Libre", hymne empli d'optimisme sans concession, qui nous plonge de suite dans le vif du sujet. Oui on peut être punk, chantre du No Future et rempli de positivisme. Avec "Marine" on retrouve un sujet cher à LSM et un écho au "Halte au Front" de 1997, quasi vingt ans déjà. Le morceau est pêchu, le jeu de mots du refrain « Attention à la Marine, la Marine nationale... »  dénote d'un certain humour, malgré l'abord de sujets moins drôles. Possibilité d'un certain succès lors des prochaines élections, ça tombe bien, c'est pour bientôt.
"Ni Dieu Ni Maître" qui donne son titre à l'album est carrément jubilatoire. Libertaire, révoltée, contestataire, une ode à la devise emblématique des anarchistes, ses paroles sont littéralement crachées par un Yves plus rebelle que jamais. Assurément bien placée dans la course au top ten du squattage de cerveau. Plus léger, autant du point de vue des paroles que des riffs, "Haut les Flingues" nous révèle une certaine surprise. Le voix s'adoucit pour devenir quasiment claire. Wow, depuis quand le punk a de la maîtrise vocale? Comme quoi, après vingt ans d'activité, on peut encore être stupéfait.
On retrouve ensuite Didier Wampas sur "La Loose" et on se prend à rêver de les entendre en live. "La Sonnerie Aux Morts" et il faut retourner la galette pour découvrir "Moi j'irai Pas", titre qui colle à l'actualité avec de gros riffs bien efficaces. On arrive à la méchante baffe de l'album. "Requiem" commence par l'habituel gros riff de guitare, sauf qu'à l'arrivé des paroles, on donne moins de quatre secondes aux plus endurcis d'entre-vous pour avoir la larme à l'œil. L'album entier est dédié à Yann, le guitariste des SALES MAJESTES décédé en juin 2015, et cette chanson en particulier. Les paroles sont sobres, bouleversantes de sensibilité et criantes de vérité. Ce morceau est d'une beauté farouche qui prend aux tripes ; à la fois difficile et libérateur. Juste après on retrouve "Emilie", un thème beaucoup plus léger, gai à la limite de l'insouciance. En gros cet enchaînement c'est un peu l'expiation du deuil lié à la perte de Yann, tout en élégance et simplicité. Un clin d'œil à la Bretagne qui accueille nombre de concerts des SALES MAJ avec "Sur le Pont" et on arrive au dernier morceau "Pas de Repos", hymne engagé et protestataire.

En résumé, cet album est du pur LSM. Treize titres et rien à jeter. Le nouveau line-up composé de Yves Cessinas, Frédéric Giraud (ex-PORTES MENTAUX) à la guitare, Jimmy (ex-FTX) à la batterie et Jérôme Frulin à la basse ne fait pas de quartiers et monte même la barre d'un cran au niveau punch. Les thèmes ne se limitent pas à l'anticapitalisme et abordent avec une poésie toute keupone des thèmes plus légers ou plus sensibles.
« Ni Dieu, Ni Maître » c'est un peu l'album  de la vie et de la mort version anarchiste et sans gourou tout pourri.

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