ABDUCTION Interview Guillaume Fleury - Celui qui régit les Ombres

par Christophe Z. Darras
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Nov
06
2016

ABDUCTION fait une entrée remarquée dans le monde du black metal hexagonal cet automne avec son premier album « Une Ombre Régit Les Ombres », tout chaud sorti chez Finisterian Dead End. Les qualités remarquables de ce premier essai nous ont poussés à essayer d'en savoir un peu plus sur le groupe. Nous avons rencontré son guitariste et principal instigateur, Guillaume Fleury, dans une grotte au bord d'un lac brumeux par une après-midi de pleine lune. Bon, en fait, c'était sur skype, mais on a le droit de rêver quand même !


Guillaume, ABDUCTION sort son premier album cinq ans après sa première démo « Heights' Shivers ». Deux questions s'imposent : pourquoi tout ce temps ? Et comment le groupe a-t-il évolué ?
Pourquoi tout ce temps... déjà on a rencontré beaucoup de problèmes techniques qui ont retardé l'enregistrement de l'album, ensuite on a fait des changements de choix de production en cours de route, et enfin on a changé de chanteur, François Blanc remplaçant Guillaume Roquette en 2011. Tout cela mis bout à bout, surtout les soucis techniques et d'emploi du temps, a fait qu'on a mis plus de temps que prévu puisque la structure de l'album était quand même prête depuis 2011.

Vous avez pu mettre à profit ce délai involontaire pour modifier certaines choses ?
Disons que le côté positif dans le fait d'avoir perdu du temps est qu'on a pu travailler les arrangements en profondeur, probablement plus que si on avait sorti l'album en temps voulu. On a vraiment pu prendre beaucoup plus de recul sur les structures et travailler les couches de guitares, et quant au chant lui-même... je ne pense pas que ça aurait repoussé à ce point là la sortie de l'album, mais le travail du chant demande du temps, on doit faire au moins trois à quatre jets par morceaux avant d'avoir le bon, mais de manière générale on va dire que le côté positif à tout ça est qu'on a pu enrichir au maximum les compositions.

On sait que le monde du black metal aime ne pas faire les choses comme les autres, tu ne vas pas essayer de me faire croire que ce retard de cinq ans est une coquetterie de black metalleux ?
Non ! (rires) Non, nous sommes plutôt du genre à être très frustrés que les choses n'avancent pas, puisque pour le coup notre second album est déjà très avancé. Structurellement il est déjà terminé. Ce décalage est frustrant parce que finalement quand « Une Ombre Régit Les Ombres » sort, nous sommes déjà projetés sur autre chose. On adore cet album, il sonne exactement comme on le voulait, et on n'y changerait rien, mais on a l'impression que ça fait déjà un moment qu'on est dessus, et on a envie de travailler du neuf. Le sortir était devenu une sorte de mission. On a traversé tellement de soucis techniques qu'il aurait été facile à un moment ou un autre de se dire qu'on n'y arriverait pas et de jeter l'éponge, et on s'est vraiment dit « ça sortira, même s'il faudra dix ans ! ». Ce n'est clairement pas une coquetterie dans le sens où si ça ne tenait qu'à nous, on sortirait facilement un album tous les deux ans. On compose quasiment en permanence, on a énormément d'idées de côté.
 

"Le travail sur le chant a été long et difficile." - Guillaume Fleury



Qui compose dans le groupe ?
En fait, c'est moi qui compose les structures des morceaux, et ensuite je les envoie à notre batteur qui a carte blanche pour poser ses parties. Et selon ce qu'il fait à la batterie, ça peut avoir une influence sur les arrangements, et même nous amener à restructurer le morceau.

C'est donc un échange.
Voilà, c'est un échange. J'ai le dernier mot sur tout, mais tout le monde participe. Le batteur écrit ses lignes, le bassiste écrit la plupart de ses lignes et il écrit les textes aussi. Mais c'est vrai que la vision globale est la mienne.

Et pour le chant ? Puisque François est venu se greffer sur le projet en cours de route...
Oui, alors pour le chant, les textes sont écrits par Mathieu Taverne (basse) et moi-même, mais surtout Mathieu, après de longues discussions entre nous. Mais comme c'est lui qui a le talent littéraire, il se charge de porter tout ça sur le papier. On travaille à deux pour accorder tout ça en un ensemble cohérent et ensuite le coller sur les lignes vocales que j'écris moi-même. En revanche, quand François vient enregistrer son chant, il peut faire des suggestions et il y a eu quelques modifications. Il y a notamment une ligne de chant de style liturgique sur "Sainte Chimère", et c'est François qui l'a écrite ainsi. C'est la première ligne de chant clair de ce titre, et elle vient de François.

Il n'y avait pas de chant clair prévu sur ce titre à l'origine ?
Non, il y avait un texte écrit mais pas de lignes de chant, et j'ai laissé carte blanche à François pour écrire ce qu'il voulait en lui laissant tout le morceau à la base. J'ai gardé cette ligne de chant clair qu'il a écrite. En revanche, pour le reste j'ai finalement gardé tout ce que j'avais écrit. Mais sur cette ligne-là, sa version était la meilleure.

Et donc tout le monde est impliqué, ou plutôt est "resté" impliqué dans le projet bien qu'il ait tardé à voir le jour ?
Oui. Pour avoir pas mal de camarades musiciens, qui me font souvent part de leur frustrations parce qu'il y a toujours quelqu'un dans leur groupe qui traîne les pieds, sur le coup on n'a vraiment pas à se plaindre. On est quatre, motivés à 100 %. On est trois dont c'est le seul et unique projet musical. On y consacre 100 % de notre temps, c'est vraiment le projet de notre vie. Même si François a ANGELLORE à côté, ABDUCTION lui tient énormément à cœur, il n'a pas compté son temps, le travail sur le chant a été long et difficile, il a vraiment dû repousser ses limites.

Je crois savoir qu'il s'est donné à fond, jusqu'à l'épuisement, non ?
Oui, si tu connais ANGELLORE, tu vois que ce n'est pas le même type de chant, il monte plus haut dans les aiguës, il y a une sorte de mix clair/hurlé qu'il ne maîtrisait pas encore au départ, et il a fourni beaucoup beaucoup d'efforts là-dessus, au point de presque tomber dans les pommes lors de l'enregistrement de "Naphtalia", pour laquelle il y a eu deux prises.

Il n'a pas pu en avoir une troisième du fait de son état ?
Voilà, j'ai ouvert la cabine et je l'ai trouvé en nage, à genoux, il avait tout donné. François essaye de comprendre et de vivre les textes, vraiment, il pose beaucoup de questions, il cherche à saisir ce qu'on a voulu dire et quand il se met à chanter, il vit ses textes. Il se met dans la peau des personnages, c'est un vrai passionné.

Je serais curieux de le voir dans cette situation, car ce que tu me décris est à l'inverse de ce qu'il dégage. François Blanc est quelqu'un de particulièrement souriant et jovial !
Oui, oui c'est vrai ! (rires)

Le fait de l'entendre chanter des textes plutôt mélancoliques...
Et c'est dans tous ses projets hein ! Il n'a aucun projet joyeux, de heavy metal où il chanterait l'amour de la vie... C'est ça qui est drôle. Il a une facette mélancolique indéniable.
 

"Pour moi, le black metal doit être un subtil mélange de tempête et de mélancolie." - Guillaume Fleury



Tu n'échapperas pas à la question basique : pourquoi ABDUCTION ?
Le sens le plus connu de ce mot est l'enlèvement par des extraterrestres, ou alors un terme de médecine qui je crois désigne l'écartement de deux membres, ou un truc comme ça... Mais pour le coup, ce qui m'avait plu en est un sens beaucoup plus rare, peu utilisé, mais qui existe en langue française et qui signifie l'enlèvement de l'âme par des forces spirituelles, inconnues et étranges. Et donc si on essaye de créer un univers qui invite au voyage, de faire basculer l'auditeur vers un autre monde, de lui faire voir des images fortes, le mot colle bien. Mais c'est sûr que les gens ont plus tendance à penser au terme d'ufologie. Mais il n'y pas vraiment de lien, même si évidemment j'en étais conscient en trouvant le mot.

Tu étais conscient de quel sens ? De celui lié aux OVNI ?
Oui tout à fait. Je savais que c'était ce qui viendrait à l'esprit. Après voilà, ABDUCTION, dans le sens litteral du terme, même en anglais, ça peut être un enlèvement, comme « l'enlèvement de Proserpine » (« The abduction of Proserpine / Persephone »). Ce n'est pas forcément lié à l'ufologie, le mot existait bien avant.

Et quand tu l'as trouvé dans le dictionnaire, tu étais descendu trop bas et tu avais trouvé ABLUTION mais ça ne l'aurait pas fait ? (rires)
(rires) Mais je ne l'ai même pas trouvé dans le dictionnaire parce que justement le truc le plus ironique c'est que je l'ai trouvé au dos d'un bouquin d'ufologie ! Aussi loin que je me souvienne, la toute première fois où je l'ai lu, c'était dans un bouquin en page 4 de couv', et je me suis dit que c'était un mot qui sonnait bien. En me renseignant après sur ses sens, j'ai découvert qu'il y a avait une définition assez rare et peu usitée de l'enlèvement de l'âme.

Tu as aussi vérifié si d'autres groupes ne portaient pas ce nom ? Parce qu'il fonctionne aussi en anglais...
Quand j'ai créé ABDUCTION en 2006 il n'y en avait pas. Mais je crois qu'il y a eu un groupe suédois en 2008, puis un groupe de thrash d'Amérique du sud... mais ce sont des groupes qui musicalement n'ont rien à voir avec nous. Ca ne me pose pas de problème.

Quelle est ta définition du black metal ?
Ah... (silence)... ma définition du black metal... Pour moi, le black metal doit être un subtil mélange de tempête et de mélancolie. De la violence désespérée. C'est ça que je recherche dans le black. C'est un mélange constant entre la lumière et l'obscurité. C'est pour ça que j'ai définitivement basculé dans ce style avec « Storm Of The Light's Bane » de DISSECTION puisque c'est exactement ce que fait ce groupe, il mélange la rage et le désespoir d'une manière absolument inégalée, et puis l'obscurité bien sûr, l'obscurité c'est indéniable dans le black metal, des paysages de tempête, des paysages désolés, des paysages d'automne... voilà ce que doit m'évoquer cette musique quand je l'écoute. C'est ce que je recherche, ainsi qu'un certain sens de la mélodie tout de même, et mine de rien un certain sens de la mélancolie. Quelque chose qui fait voyager.

Avec une confrontation systématique entre deux opposés ?
Oui, c'est ce que j'aime. De manière générale je n'aime pas trop les musiques linéaires ou très binaires, qui ne se reposent que sur une seule émotion. Dans les groupes que je cite pour lesquels j'ai de l'affection, il y a DISSECTION qui mélange comme personne la mélodie et l’agressivité, les parties clean et acoustiques avant des riffs tempétueux extraordinaires, il y a OPETH qui mélange des passages très calmes et désolés avec des passages de violence... Après, j'aime DARKTHRONE, j'aime MAYHEM,... mais il faut qu'il y ait une atmosphère. L'agression pure et dure sans atmosphère, sans qu'elle n'évoque d'images ou de paysages, ça me parlera moins.
 

"En répétition on arrive à passer des morceaux de plus de dix minutes. C'est un peu éprouvant par moments..." - Guillaume Fleury


Comme sur « Une Ombre Régit Les Ombres », faut-il absolument que le passage d'un moment calme à un moment énervé soit abrupt ?
Oui ! Oui, oui ! Il faut que ça serve l'histoire, que ça serve les textes. Il y a des moments où les enchaînement extrêmes et clairs sont fluides, et d'autres... Pour moi, il faut plusieurs écoutes pour apprivoiser l'album. Mais tout est clair, logique et cohérent. Après plusieurs écoutes, il n'y aura plus rien qui choque. Mais je suis conscient qu'à la première écoute il peut y avoir des passages qui paraissent brutaux. Mais pour le coup, c'est mûrement réfléchi. La plupart du temps, ça sert à la fois le texte et le voyage que j'ai envie de proposer, j'ai envie que parfois ça te fasse un peu sursauter. C'est comme dans une aventure. Il y a des choses inattendues, des coups de théâtre, des rebondissements.

Ces changements de rythmes sont plutôt des changements d'atmosphères. C'est le calme avant ou après la tempête ? Qu'est-ce-qui doit prédominer pour toi ?
Oh non, rien ne prédomine, il y a vraiment les deux sur tout l'album. Le meilleur exemple c'est « Sainte Chimère ». Pour faire très simple, ce texte est une allégorie, c'est l'histoire d'une gargouille attachée à son église depuis des siècles qui veut s'en détacher, s'envoler pour voir autre chose, même si elle sait qu'elle prend le risque de s'écraser du fait de sa nature, du fait qu'elle est en pierre. Du coup, il y a tout un cheminement dans le texte, si tu le prends en détail, où tu la vois s'énerver et tenter de se détacher, donc il y a le calme avant quand elle réfléchit, qu'elle rêve, qu'elle se dit que ce serait tellement génial d'arriver à se détacher, et au moment où elle commence à s'énerver elle arrive à se détacher, il y a le moment où elle plane et là c'est l'extase absolue, c'est ce qu'elle a toujours voulu, et puis il y a le moment, donc la deuxième partie du morceau, très énervée et tempétueuse, où elle s'écrase au sol. Et il y a le final.. donc c'était le calme avant la tempête quand elle rêve, qu'elle plane, et le calme après la tempête quand elle est écrasée au sol mais qu'elle n'a absolument aucun regret alors qu'elle est en train d'agoniser.

Tous ces changements d'atmosphères, cette volonté de voyages, impliquent-ils d'écrire des morceaux longs ?
Oui,... mais après, pour le coup, je me rends compte quand j'écris des morceaux que leur durée n'est dictée que par le feeling quand je prends mes guitares. Je me rends compte que j'ai un format standard qui est de près de douze minutes, mais il m'arrive de faire 7:30 ou 8:00 minutes, ou dépasser jusqu'à 13:00 minutes. Je pense que c'est inconscient. Comme je veux raconter une histoire, c'est très difficile de condenser ça en cinq minutes. J'aime les longues évolutions, les quêtes épiques, et les aventures parsemées de plein de paysages différents, et forcément ça m’amène à dépasser les dix minutes.

Ca sera facile à assumer sur scène ?
Oh oui... je pense. En répétition on arrive à passer des morceaux de plus de dix minutes. C'est un peu éprouvant par moments, sur un morceau comme "Naphtalia" qui a un long long passage extrême, le poignet est mis à rude épreuve pendant trois minutes. Mais ce n'est pas insurmontable avec du travail.

Compte tenu de ses thèmes torturés, romantiques,... le black metal ne trouve-t-il pas dans la langue française sa meilleure expression ?
Je ne peux pas être plus d'accord avec ça. C'est exactement la façon dont on voit les choses nous aussi. Je sais que depuis le début qu'on donne des interviews, beaucoup de gens nous disent « C'est un pari le français ? », ou « C'est bien d'avoir pris le risque ! », mais on ne voit pas du tout les choses comme ça. C'est naturel pour nous. Le français est notre langue maternelle, on l'aime énormément, c'est une langue riche, expressive, avec un vocabulaire infini. C'est évidemment plus facile de chanter dans sa langue maternelle, mais on est aussi fiers d'y avoir recours et de lui rendre hommage, et puis les sonorités... le problème souvent quand on chante en français, c'est que le gens pense parfois que c'est ringard, mais pour moi le français est ringard quand on veut le faire sonner comme de l'anglais, quand on essaye d'écrire un texte comme le ferait METALLICA et qu'on se dit qu'on va faire la même chose en français. Évidemment ça ne passe pas. Il y a peut-être un effort supplémentaire à faire en français, aller chercher plus loin... Si tu as trop facilement recours au sujet je, tu, il, ça sonne tout de suite très bizarre. C'est pour ça qu'on n'utilise quasiment que des métaphores. Je m'égare, mais tout ça pour dire que pour nous c'était une évidence. La plupart des groupes de black metal adorent très souvent chanter leur patrimoine, leur histoire, la nature,.. Le choix de la langue s'impose comme une évidence, et je constate qu'il y a de plus en plus de groupes de black metal qui chantent en français.
 

"Toutes les illustrations sont des dessins originaux, à l'exception de la pochette qui est inspirée de Van Gogh" - Guillaume Fleury



« Une Ombre Régit Les Ombres » s'ouvre sur un instrumental très calme, "L'Horloge", qui m'évoque le son que produisait la pendule qu'il y avait au mur chez ma grand-mère. Derrière les arpèges, il y a cette note plus grave qui rappelle le balancier qui marquait les secondes...
C'est évidemment voulu. Nous voulions reproduire le battement de l'horloge. Le titre est un hommage à peine dissimulé à Baudelaire, qui a peut-être écrit son plus beau poème sur le sujet, car le concept d'ABDUCTION, s'il devait y en avoir un, ce serait la fuite du temps, l'obsession du temps qui passe, en le reliant à la mortalité, l'existence humaine, mais aussi à l'Histoire et aux choses immuables qui font partie de notre patrimoine,.. Sur ce titre, "L'Horloge", tu peux entendre des « clac clac clac » qui sont produits par des vrillettes, un insecte qui vit dans le bois très ancien et ne fait du bruit que la nuit. C'est un bruit très marquant car cet insecte frappe son abdomen dans le bois creux et produit un bruit qui résonne. Les vrillettes étaient appelées les horloges de la mort au moyen-âge. Il y avait alors une superstition selon laquelle le bruit des vrillettes le soir annonçait le passage de « la mort ». On a trouvé du coup ce son très adapté au morceau.

Et il faut créer la légende, donc en fait la présence de ce bruit est dû au fait que vous avez enregistré la nuit dans une vieille église...
(rires) Pas loin... ! On a souvent enregistré la nuit, mais pas dans une église !

Comment Déhà est-il arrivé pour assurer la production de l'album ?
On avait notre prod' maison et on n'en était pas satisfaits. On sentait qu'on n'allait nulle part et on était frustrés après autant d'années de travail. On a un ami très cher au groupe qui nous donne beaucoup de conseils et nous a orientés vers Déhà, excellent producteur de black metal, très réputé. On a donc tenté le coup, on est entrés en contact avec lui. Il nous a demandé des morceaux, alors on lui a envoyé l'album et il a accroché. Il a vraiment eu l'air d'entrer dans notre truc, d'adorer ce qu'on faisait, et il avait déjà plein de suggestions. Vraiment très enthousiaste. Du coup, on est partis avec lui et on ne le regrette absolument pas parce qu'il a apporté la vision qui nous manquait probablement.

Pourquoi avoir signé avec Finisterian Dead End plutôt qu'avec un label orienté black metal ?
Quand on a terminé l'album, on a fait une liste de labels à démarcher, et FDE se trouvait dans le top de cette liste. Avec François Blanc, on suit ce label depuis un moment, on se rend compte qu'il travaille très très bien, on aime beaucoup la cohérence de ses signatures. Laurent (le manager du label – ndr) est un passionné qui suit vraiment ses émotions musicales. Il fonctionne au coup de cœur. On a eu à prendre position sur plusieurs propositions très intéressantes de plusieurs labels, et celle de Laurent était celle qui nous convenait le mieux. C'est le seul qui nous a proposé une rencontre de visu, et j'ai pu parler longuement avec lui de tout ce qu'on voulait faire. On a donc stoppé très rapidement nos autres démarches car sa proposition nous a plu, et en plus il a répondu à notre demande peut-être particulière qui était de sortir absolument l'album à l'automne. Ca nous tenait à cœur.



 

Tu as attaché un soin particulier à l'aspect visuel de cet album. Tout est fait à la main, c'est ça ?
Oui, à l'exception du code-barre ! On y tenait et on a vraiment travaillé dur dessus. C'est éreintant mais on est très très fiers du résultat. Tous les textes sont manuscrits, toutes les illustrations sont des dessins originaux, à l'exception de la pochette qui est inspirée de Van Gogh bien sûr.

Et il y a les costumes aussi, et probablement la scène ensuite pour laquelle vous allez développer l'aspect visuel ?
On aimerait beaucoup utiliser sur scène les masques que nous portons sur les photographies se trouvant dans l'album, car on a toujours cette envie de faire voyager dans des atmosphères différentes. J'aime les groupes qui utilisent les visuels, les costumes,... je sais qu'il y en a beaucoup et que ça commence à peut-être être un peu galvaudé, mais moi j'aime voir GHOST sur scène avec tout le décorum, je trouve que c'est une excellente idée et ça ne m'étonne pas du tout que ça ait marché car ils ont allié une bonne musique à un très bon visuel. C'est vrai que ça nous tiendrait assez à cœur de créer et de servir l'ambiance de la musique par nos costumes. On a juste un doute sur la possibilité de garder les masques plus de quarante minutes durant, je ne sais pas si c'est possible, il faudra qu'on fasse des essais...

Surtout si votre chanteur s'évanouit au bout du premier titre.
(rires) Oui, voilà ! Mais François a un masque ouvert. On a fait faire les masques sur mesure par un professionnel, et il nous a fait un masque dont le bas est ouvert en arc de cercle pour François afin qu'il puisse chanter sur scène avec. Techniquement on est point pour la scène ! D'ailleurs, si tu regardes sur les photos promo, tu peux reconnaître François parmi les quatre parce que c'est le seul dont on voit les yeux à travers les petites vitres. C'est le seul qui a le masque ouvert et qui donc n'a pas plein de buée dans son masque (rires). Ce qui nous tient à cœur aussi, c'est de jouer notre musique sur scène. C'est notre objectif principal après la composition. On est persuadés que notre musique peut prendre une autre ampleur sur scène, surtout qu'elle ouvre des portes pour une improvisation ou quelques modifications, pour ne pas jouer les morceaux exactement comme sur disque, mais le truc c'est que nous ne sommes pas du tout dans l'optique de partir en tournée pendant trois semaines, de donner des tonnes et des tonnes de concerts pour se faire connaître ou pour en vivre,.. Notre but premier c'est d'écrire la musique qu'on aime, de la rendre disponible, et ensuite de donner des concerts les plus aboutis et travaillés possible, et si possible notre rêve ultime – et je sais que c'est difficile – ce serait de jouer dans des lieux un peu atypiques, dans un château en ruine, etc... comme certains groupes ont pu le faire, comme EMPYRIUM dans des église, comme le Prophecy Fest le fait en Allemagne dans une grotte, ce sont des choses qui nous plaisent beaucoup. Ou en tout cas avoir des éléments de décor qui font suggérer autre chose qu'une simple scène... Tu vois ce que je veux dire.

Aller au bout du concept ?
Oui, voilà. C'est quelque chose de très intéressant à faire et je ne pense pas que ce soit réellement irréalisable. En France en tout cas. On va essayer de se donner les moyens de bien faire les choses. On ne va bien sûr pas commencer à faire la fine bouche et refuser de jouer dans les lieux où il n'y aura pas de ruines ! (rires)


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