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LABELS ET LES BETES • "Le coté obscur de la force métallique - épisode 14"

par Clément
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Sep
21
2018


Restant de cotillons machouillés remisés au chaud pour la fin d'année, cadavres de bière d'une provenance douteuse (enfin) triées, carcasses de volailles suçottées jusqu'à l'os, le moins que l'on puisse dire c'est que la fête du premier anniversaire de la rubrique a laissé des traces au sein de la rédaction ! Burps. A peine le temps de digérer tout cette masse de calories tiédasse qu'il est déjà l'heure de remettre les esgourdes entre de grosses mimines velues, les bêtes ayant horreur d'attendre : manquerait plus que ça ! Alors une fois de plus vos trois ambassadeurs du côté obscur ont embarqué pour un allr simple au coeur des ténèbres pour vous ramener le meilleur, tout du moins le plus vil du metal qui sent fort. Merci qui ?


CONVULSING : « Grievous » (Autoproduction)

Digne héritier de ses camarades néo-zélandais d’ULCERATE et compatriotes de PORTAL, quoiqu’un brin moins barjot que ces derniers (est-ce seulement possible de faire pire ?) le one-man band CONVULSING est d’une efficacité redoutable.
S’il chérit lui aussi les ambiances opaques, impénétrables ainsi que les envolées rythmiques compactes et gluantes propres à ses collègues, il opte cependant pour une relecture plus aérée, moins dissonante qui fait parler la poudre à bon escient ("Beaten" ou "Inert" colleront leur dose d’adrénaline aux plus intrépides d’entre vous).

Une vision sauvage donc, empreinte d’ambiances doomesques et de plans atmosphériques envoûtants et, plus surprenant, de parties de batterie programmées ressemblant à s’y méprendre à la frappe lourde d’un bûcheron en manque de sève.

Rien à redire sur le fond : Brendan Sloan est une véritable machine de guerre. Et sur la forme, le bougre n’a rien trouvé de mieux que de gérer les mix et mastering comme un grand pour faire de ce deuxième album un missile dont la destination, vos oreilles ou ce qu’il en reste, n’a qu’à bien se tenir pour encaisser ce tour de force disponible en « Name your Price » sur Bandcamp. Vous n’avez aucune excuse.
(Clem)



HEGEMONE : « We Disappear » (Debemur Morti)

Comme il serait si simple de ranger soigneusement « We Disappear » aux côtés d'un CULT OF LUNA première époque, d'un YEAR OF NO LIGHT cuvée "Aussenwelt" ou toute autre joyeuserie contrariée digne de ce nom à l’écoute de "Mara", qui introduit ce disque tout en finesse.

Oui…mais non. Au-delà de cette filiation à priori évidente, notre quatuor polonais s’affranchit sans prévenir de ces références sur un "Fracture" aux accents black bien plus marqués. Avant de repartir tête dans le guidon dans les ambiances cérébrales et contrastées sur « Raising Barrows », petite bombe qui précède un triptyque final aux ambiances en apparence presque paisibles comparées aux précédentes déflagrations.
Comme pour mieux assommer l’auditeur dès que les vocalises déchirées viennent reprendre leurs droits, aidées par une section rythmique habile dans tous les registres passant du sludge bien poisseux aux plans atmosphériques introspectifs et chiadés.

Nous voici donc en présence d’un album qui jongle avec malice entre parties ténébreuses et embardées sauvages, les guitares hurlant en filigrane leur détresse à qui veut bien l'entendre .Ô Rage, Ô désespoir !
(Clem)



EXOCRINE : « Molten Giants » (Unique Leader)

Je ne dirai qu’un mot : "Hayato". Quand un groupe est capable de sortir une tuerie pareille, le hit single qui vous met à genou dans la position de Balthazar devant le petit Jésus un 25 décembre, il mérite sa place au panthéon du death metal pour l’éternité !

Le troisième album des français EXOCRINE emprunte une nouvelle fois la voie tortueuse du death ultra-sophistiqué qui est le leur depuis leurs débuts en 2015 avec « Unreal Existence ». Un style violent, technique et alambiqué entre un ARCHSPIRE et un BEYOND CREATION (excepté au niveau de la basse bien sûr, tant la maîtrise de Dominic "Forest" Lapointe fut en tout point exceptionnelle !) qui par nature se perd volontairement en circonvolutions plutôt que d’aller directement à l’essentiel.

Dans ce dédale de riffs et de déchaînements de brutalité, les rares moments mélodiques se distillent au compte-gouttes, principalement sur les parties solo. Les nappes de synthétiseur restent une denrée rare chez EXOCRINE : quasiment absentes sur « Unreal Existence », présentes mais discrètes sur « Ascension », elles redeviennent anecdotiques sur « Molten Giants »... sauf sur "Hayato" qu’elles transcendent littéralement vers une autre dimension. Un pur moment de grâce !
(Crapulax)



​COMMANDER : « Fatalis » (The Unbroken Circle)

Après dix années de pause, la formation germanique revient en mode War Machine sur le devant de la scène avec un troisième album qui ressemble en tout point à un lanceur de missiles balistiques intercontinentaux armé et prêt à allumer tous les pays du monde à la fois.

Le pilonnage en règle commence dès le titre éponyme, sans doute le plus incisif et le plus génial d’une liste qui compte autant d’ogives à haute vélocité ("Locust Infestation" ou "Superbia" inspiré par le riff de "Sin" de NUCLEAR ASSAULT) que de pruneaux excessivement lourds (le massif "Insidious Greed") qui feraient passer les bombardements de Verdun pour le feu d’artifice fauché du 14 Juillet 2009 de Vitry-Le-Bouyassou.

Seule ombre au tableau : un cheveu dans la soupe avec cette petite touche de flamenco sur l’intro de "And Death Swings The Scythe" assez éloignée de ce qu’on trouve habituellement dans le death metal. En tout cas, si demain la mode dans la fosse est aux claquettes et aux robes andalouses, moi je me casse pour aller pogoter dans les concerts de reggae !!! Sans être bouleversant, COMMANDER montre néanmoins de belles dispositions à semer le chaos.
(Crapulax)



VIOLENCE MORTUAIRE : « Quidam » (Autoproduction)

VIOLENCE MORTUAIRE est un tout nouveau duo nantais qui se veut aussi expérimental que glacial.
En mêlant divers styles de musique éclectiques tels que le metal, le jazz et des sonorités world sur lesquels se transposent des poèmes récités, le groupe fait preuve d'une réelle originalité.

Ce premier album « Quidam » regroupe neuf titres au subtil mélange de mélancolie et de violence sournoise saisissante. Comment résister à l'appel des sirènes à l'écoute de textes de Rimbaud ou Hugo mis en valeur par une approche musicale singulière mais tellement poétique ?
Et comment ne pas succomber à l'appel du headbang sur les moments plus bruts de black metal ou de thrash massif ? Car il est clair qu'écouter « Quidam » est un peu comme vivre les montagnes russes des émotions : au sein du même morceau, le panel musical et vocalique se trouve extrêmement élargi.Mais il est fort stimulant d'avoir son âme torturée de la sorte !

VIOLENCE MORTUAIRE nous pousse à l'introspection profonde au gré d'une atmosphère funèbre pour nous montrer le sens de la mort et de son pendant, la vie...ou l'inverse.
(Aude)



BEORN'S HALL : « Estuary » (Naturmacht Productions)

Deux ans d'existence et déjà deux albums au compteur des américains BEORN'S HALL. Le duo évolue dans un pagan black metal épique au son brut que l'on pourrait aisément comparer à FALKENBACH .

« Estuary » est un album varié et mélodique avec des nombreux passages acoustiques, et des voix parlées ou chuchotées. Mais c'est aussi de belles envolées black metal avec des voix hurlées ou growlées et des guitares saturées à la SUMMONING.
Le tout agrémenté d'effets sonores évocateurs d'une nature chère au combo et une production sans fioritures, qui donne une espèce de chaleur et de sincérité aux morceaux.

De l' "Introduction" à "Roads Go On Forever", les neuf titres nous baladent le long des côtes du New Hampshire, sous la pluie, dans les forêts avec frénésie ou suavité, avec force ou douceur.

Mention spéciale à ce dernier titre qui commence par le poème de Robert Frost : "The Road Not Taken" nous renvoyant à nos propres choix de vie avant de nous emmener sur la route d'un pagan metal puissant et envoûtant.
(Aude)


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