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ALUNAH @ Paris (Le Divan du Monde)

par Naiko J. Franklin
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Oct
03
2014


​Ok, la vraie tête d’affiche, c’était LONELY KAMEL et franchement, c’était pas mal du tout – même si sur leur nom, les Norvégiens ont manqué de remplir le Divan, et de beaucoup. Ok en lever de rideau, THE ORDER OF ISRAFEL a bien assuré aussi, pour sa première tournée et donc forcément sa toute première date parisienne.


Mais pour être franc et pour adopter un style résolument gonzo, je ne me serais pas déplacé ce soir-là si ça n’avait pas été pour ALUNAH : le quartet Briton est l’une de mes plus récentes découvertes et certainement parmi les plus marquante de 2014, au moment où l’année se tire. Ayant pu écouter leur troisième album « Awakening the Forest » avant sa sortie (chronique ici) et m’étant progressivement laissé subjuguer par ce doom tellurien et gracieux, je tenais à voir ALUNAH sur scène – et, si possible, à échanger quelques mots avec Sophie Day, chanteuse et guitariste. En effet, si la présence d’une voix féminine éthérée est singulière en soi, pour un groupe de ce genre, il convenait de vérifier sur pièces si l’équilibre précieux et ambitieux maintenu tout au long de « Awakening the Forest » passait l’épreuve du live.

« The Heavy Bough », le premier single tiré du nouvel album, ouvre le set. Sans conteste, une d’ambiance particulière s’installe : dans le public, ni slam ni même headbang à proprement parler, mais un petit océan de têtes qui remuent lentement mais amplement, en cadence, au rythme des riffs lourds et gras comme un humus forestier après la pluie automnale, délivrés par ALUNAH. La voix de Sophie est juste et précise. « Brick Wood Coven » suit et c’est un chemin encore plus sombre dans lequel on s’enfonce, sous un ciel en colère qui semble déchaîner l’orage, à mi morceau. Apparemment réceptifs à ces nouveautés, en osmose, bien des spectateurs, les yeux clos, sont partis en voyage dans leur tête. Le morceau suivant est peut-être le plus paradoxal de « Awakening the Forest » : « Scourge and the Kiss » semble se chercher un bon moment avant de se dévoiler dans une orgie de riffs puis un solo, véritable pinacle débouchant sur l’abîme. Un fléau, le baiser, puis la mort ?

« White Hoarhound », tiré de l’album du même nom (2012), vient alors témoigner de l’évolution d’ALUNAH vers une forme de progressivité alourdie, mais surtout ravir les fans parisiens du groupe qui n’auraient loupé cette date pour rien au monde : soudain en territoire connu, une partie du Divan s’emballe franchement, même si la musique des Anglais de Birmingham est certainement trop onirique pour engendrer une réelle folie. « Awakening the Forest », le morceau, clôt un set de quarante minutes, très légèrement frustrant, comme un avant-goût d’une date espérée d’ALUNAH, en tête d’affiche cette fois, avec un son peut-être mieux travaillé, qui permettra aux musiciens de pousser leurs potards à fond sans perdre en définition (la seule critique qu’il soit possible d’émettre, sur la soirée).

Quelques instants plus tard, LONELY KAMEL prend possession de la scène avec son pur rock n’roll stoner, direct, infiniment efficace, mais sans grande originalité. Sophie et moi partageons une bière pendant que les slammers s’en donnent enfin à cœur-joie sur des titres souvent lascifs, comme l’emblématique « Damn you’re hot ». C’est promis, Sophie reviendra à Paris avec son mari Dave (guitare), Dan (basse) et Jake (batterie) : c’est sa ville préférée, celle où sont enterrés Jim Morrison et Oscar Wilde, pas très loin l’un de l’autre, au Père-Lachaise.

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